ACTE I, SCÈNE M
li a peur, dira-t-on, et revient sur ses pas.
EDOUARD
On ne pourra le croire.
MORTINS.
On le rendra croyable,
EDOUARD
Misérable Godwin !
MORTINS.
Soit; mais ce misérable A des armes, dit-il, contre ion père et toi,
EDOUARD , mettant la lettre dans la main de Mortins.
Raison de plus : moi, craindre un ennemi sans foi î
MORTINS.
C'est vrai.
EDOUARD
Sans nom.
MORTIINS.
D'accord.
EDOUARD
Sans talent.
MORTIIVS.
Qui le nie ?
Mais pour calomnier faut-il donc du génie ?
Tiens, la presse, Morlins, est le plus beau des droits
Qu'on puisse en honnête homme exercer sous les lois;
Des franchises de tous protectrice vivante,
Du faible elle est l'espoir, du puissant l'épouvante;
Honneur à l'écrivain qui dit la vérité
Au pouvoir menaçant comme au peuple irrité.
Les juge en souverain sans faveur et sans crainte.
Car sa magistrature est périlleuse et sainte.
Mais je ne connais pas de moyen plus fatal
Que l'abus d'un tel bien pour consommer le mal ,
Et je méprise moins le voleur dont l'adresse,
Dans l'ombre se cachant, à ma bourse s'adresse;