EDOUARD, LORD DERBY
Par le vol qu'elle a pris la jeunesse m'étonne; Et sa gloire, c'est vous.
EDOUARD
Parlons d'une personne Qui m'occupait, milord, bien plus que mes succès: Vous avez deviné celle à qui je pensais. Quand la reverrons-nous? bientôt? vous l'écrit-elle?
LORD DERBY
Toujours, cher Edouard, aussi tendre que belle, Parlant toujours de vous, mais ne me disant rien De ce prochain retour, votre espoir et le mien !
Vous savez de quel œil je vois cette alliance?
EDOUARD
Quels droits n'avez-vous pas à ma reconnaissance î
LORD DERBY
Tout , près d'un bien si cher, m'est presque indifférent ; Cependant en ami, je puis dire en parent, Je viens vous rappeler qu'on me veut pour lord-maire. On me veut, c'est le mot; dois-je me laisser faire? Certe il n'est point de voix dont je fasse mépris ; Une seule à mes yeux est pourtant d'un grand prix , La vôtre : cher neveu, tirez-moi de mes doutes; Je consens, pour l'avoir, à les accepter toutes.
EDOUARD
Puis-je savoir, avant de débattre ce point, Si le serment, milord, ne vous arrête point?
LORD DERBY, plus froidement.
Sur le serment, monsieur, chacun a sa doctrine; La conscience alors est ce qui détermine. En refusant le sien , mon père agit, je crois.