I.a question est grave ; et toi qui la décides
Dois-tu lui refuser une arme et des subsides?
Le Prétendant triomphe ; il marche ; ses progrès Peuvent à bien des cœurs préparer des regrets. ÉDOLARD.
Erreur!
SIR CILBERT.
Tu crois?
Morlins, l’honneur de noire presse, D’Harrington sur ce point a démasqué l'adresse : On veut nous effrayer de ce coup hasardeux.
Qui, loin de l'ébranler, raffermit Georges deux. SIR CILBERT.
Lord Derbv rit pourtant de la crise où nous sommes. ÉDOUARD.
Mais sous cape, je crois, \ a qu’il est de ces hommes A mettre tout en feu pour rentrer dans leurs droits, N'était la peur qu'ils ont de se brûler les doigts.
* SIR GILBERT
Son père, en chevalier, refusa sous Guillaume ta serinent qu’ont prété les ordres du royaume. Exclus des nobles bancs, il s'en vanta partout;
Puis moins, puis moins encore ; et le fils pas du tout ; Car lorsqu’il était franc, je veux dire au collège,
Je le vis quelquefois pleurer son privilège.
ÉDOUARD
Ce marquis plébéien, aldermun comme moi,
Espère à la Cité donner bientôt la loi, v Et, convoitant l'honneur d’un pouvoir éphémère. Vise au trône vacant par la mort du lord-maire. SIR GILBERT.
Il dérogerait donc jusqu’à prêter serment!
Et lu le nommerais!
ÉDOUARD
Non. •
C’est sûr ?
ÉDOUARD
Non, vTaimeut ;
Mais h Cité pour lui peut n’êlre point ingrate. fi*!1 pense eo jacobile, il parle en démocrate ;
Ou liberté sans boi np,<mpouvoir absolu;
Il ne «»rl pas la. Le peuple a prévalu ;
GloHl&u peuple! il est peuple^ il défend l'industrie; Au progrès, des deux mains, il pousse la patrie, ht, sans sc compromettre, il Tombait la pousser Tant et si fort qu'enfTn il pût tout renverser.
SIR GILBERT
C’est son portrait vivant. J’augure^ ce langage. Que riionnètSlSelbroun obtiendra lato suffrage.
ÉDOUARD. >il '
Nelbroun pour le ministre a volé quelquefois.
SIR GILBERT
Connut» je fis jadis, pour inT contre, à mon choix ; J’écoutais les raisons sans penser aux personnes. Et votais pour les lois, quand je les trouvais bonues. ÉDOUARD.
Et c’était le devoir d'un loyal citoyen.
SIR GILBERT. • [bien,
D’un digne Anglais, morbleu! qui veut, qui fait k*
ACTH I,
Sans système exclusif ; et tu feras dé même ;
Tu nommeras Nelbroun, non parce que je Palme, Mais parce que Nelbroun est loyal comme moi,
Et qu’il a mérité U'étre nommé par loi.
ÉDOUARD
Quel feul
Lui?
sir Gilbert. [larme.
C’est qu’entre nous le vieux marquis rn’a- , Édouard.
SIR GILBERT
Quelqu’un qui t’écrit.
Édouard.
Sa nièce.
SIR GILBERT
6ous le charme
N’es-lu pas retombé ?
ÉDOUARD
J’aime lady Slrafford.
SIR GILBERT
Ta JuiiaP
ÉDOUARD
Je l’aime, et le temps rend plus fort Un attrait qui pour moi commença dès l'enfance, Et coutre elle, à vingt ans, me trouva sans défense. N’avex-vous pas vous-même approuvé cet amour?
SIR GILBERT
11 ne fut pas heureux.
ÉDOUARD
Il le fut jusqu'au jour
Où, rejoignant les Stuarts sur la terre étrangère, Elle épousa l’ami, le sauveur de son père.
SIR GILBERT
Tu trouvais bien des loris à cet objet chéri. ÉDOUARD.
Torts quelle a réparés.
SIR GILBERT
En perdant son mari.
ÉDOUARD
Elle est libre...
SIR GILBERT
Et déjà votre correspondance.
Traversant le détroit, a comblé la distance.
Édouard.
Mais ce plaisir amer, ce bonheur dévorant.
Qui nous fait regretter ce qu'en rêve il nous rend, J’en suis, depuis un mois, privé par son silence.
\'eux-tu de tes chagrins tromper la violence.
Viens me les confier ; avec moi viens t’asseoir Sur ces gazons si frais , où , du matin au soir, Plantant pour tes vieux jours , je vis en solitaire , Après avoir payé ma dette à l’Angleterre.
Dans ce bien qu’en mourant ta mère l'a laissé , Viens ; nous parlerons d’elle et du bonheur passé. D’y fêter entre nous le jour de ta naissance,
Je m’étais, pour demain , promis la jouissance.
Je voulais l’avoir seul; mais, à mon grand regret ,