SCÈNE V
LES Mêmes, «ccptü THOMAS GOFF.
ÉDOUARD, à Mortins.
Mais quel remède?
MORTINS.
En chassant Harrington,
Sois ministre.
ÉDOUARD
Tu veux...
CAVERLY, qui se lève avec vivarilé.
Ils ont tous deux raison ;
i Soyez ministre.
MORTINS.
Eh quoi 1 vous plaidez notre cause!
CAVERLY.
La mienne.
ÉDOUARD
Quand le peuple à vos amis m’oppose.
Quand l’ordre , selon vous , n’a qu’eux seuls pour CAVERLY , s'exaltant par degrés, [appui J Hs étaient l’ordre hier, vous l’êtes aujourd'hui. Jamais je ne trahis un ami politique.
Mais ce n’est plus le cas d’être systématique : Formez un cabinet ; cherchez, prenez partout.
Qui vous voudrez, pas moi, je u'y tiens pas du tout ! Et sur le bill, ce soir, pour Dieu 1 faites main-basse. Rejeté ! rejeté ! point de salut s’il passe !
Je vous promets les voix dont je puis disposer. Mais c’est ce cabinet qu’il faudrait composer ; Cherchez donc, et trouvez, pour calmer la tempête. Une combinaison qu’on leur jette à la tête.
MORTINS.
Comrfie vous prenez feu !
• CAVERLY.
Je prends feu ! je prends feu !
J’ai parbleu bien raison ; ceci n’est plus un jeu : Discorde au parlement, révolte à la frontière, Emeute dans la rue ! On a, je crois, matière D’appréhender l’instinct purement animal De cette multitude avec qui je suis mal.
C’est par pressentiment que je vous parlais d’elle. Comment donc ! mais sa rage est presque personnelle :
Je ne sais pas pourquoi cet homme m’eu veut tant ; Le fait est qu’il m’en veut. Profitez de l’instant : De grâce, un ministère! cil lui j’ai confiance;
Je ne le connais pas, je le soutiens d’avance ;
Par le trône et la Chambre il esl d’avance admis : Je me rends à Saint-Jame et cours chez mes omis ; Je pars; ils me croiront : le danger rend docile. Moi-même, à remuer je ne suis pas facile \
Eh bien ! en voyanl tout perdu, désespéré,
Par modération je suis... immodéré ; [prendre, El quand ce sont nos biens, nos jours qu’on veut nous l T n homme indifférent me semble un homme à
[pendre !