I.rur volonté par ma voix vous confère
Le droit d'agir pour eux# et le pouvoir de faire Tout ce qu’ordonnera l'urgence du moment.
Comme premier ministre à leur avènement.
ÉDOUARD
Moi!...
LADY STRAFFORD, lu» présentant un papier.
Cet acte en fait foi.
ÉDOUARD
Je ne le veux pas lire.
LADY STRAFFORD
Quand leur rnaiu l'a signé !
ÉDOUARD
* La mienne le déchire.
Ma conduite est tracée.
LADY STRAFFORD
Où courez-vous ?
ÉDOUARD
Jedoi
Marcher contre le peuple et voter pour la loi.
LADY STRlFFOnn.
La liberté de tous par elle est suspendue.
ÉDOUARD
Daus l'intérêt de tous.
Allez 1... je suis perdue.
ÉDOUARD
Vous !
LADY STRAFFORD
Perdue, Édouard.
ÉDOUARD
Je vous protégerai ;
Ma demeure est pour vous un refuge assuré.
LADY STIUKFORI).
Ou m’y viendra chercher.
ÉDOUARD
Ne craignez pas qu’on 1 ’osc ■' LADY STRAFFORD.
On Posera,
ÉDOUARD
Jamais !
LADY STRAFFORD
Je suis lady Montrosc.
ÉDOUARD
Dieu !
LADY STRAFFORD
Ce nom vous indigne ; il m’honore h mes yeux : Porté par un martyr , il fut victorieux ;
Je l’ai ressuscité ; moi , femme , à sa mémoire J’ai d’un parti déchu rattaché la victoire ; [moi , Et qui donc m’y poussa? mes rois seuls? ah! crois- Je l’avoue à ma honte , Édouard , ce fut toi ; L'amour a triomphé de ma faible nature.
Je révais dans la leur ta puissance future ;
Je t’imaginais grand de toute leur grandeur ;
Ah ! que dis-je ! ta gloire éclipsait leur splendeur. Ta gloire est mon idole , et je suis fanatique :
Je m’y sacrifiai par un acte héroïque.
Est-ce folie ? hélas ! je le sais d'aujourd’hui :
J'étais folle en effet ; car j’ai bravé pour lui La mort , et c’est par lui que je cesse de vivre ; Plus que la mort, la honte ; etc’est lui qui m'y livre ! • Édouard.
Vous ne le craignez pas 1 votre amant , votre époux N’a rien, hormis l’honneur, déplus sacré que vous.
LADY STRAFFORD
Tout a changé pour moi ; mourir est mon envie : Je ne suis plus aimée , et n’aime plus la vie.
ÉDOUARD
i Tu l'es encor ; ta vie , ah I c’est la mienne.
LADY STRAFFORD, avec exaliaüon.
Eh bien !
Défends-la donc pour toi ; défends, sauve ton bien. Mon cœur souffre à t’en faire une loi tyrannique ; Mais ta victoire enfin est mon refuge unique,
Et quelque châtiment qui doive me frapper,
! C’est par elle , Édouard , que j’y veux échapper.
Je n'ajouterai rien , non rien pour t’y résoudre ; j Sois mon juge et prononce. Adieu I tu peux m’absoudre;
Tu peux me perdre ; 5 toi jusqu’au dernier moment , Ou je vis pour t’aimer ou je meurs en t’aimant ; J’attends mon sort. Adieu 1
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