SCÈNE III
LES Mêmes, CAVERLY, sortant de l'appartement de lady Strafford.
CAVERLY , qui s’arrête au fond, en regardant les fenêtres.
Comme chez moi !
(A Édouard.)
Leur rage a tout cassé; Mais, du moins, si quelqu’un veut nier mes services , Je puis de mon hôtel montrer les cicatrices.
Ce sont près d’Harrington nos titres aujourd’hui. ÉDOUARD.
Faites-les valoir seul ; je n’attends rien de lui. CAYERLY , à Édouard.
Mon cher, il faut au vol saisir un ministère.
S’il est votre obligé ; demain il est par terre : Adieu vos droits alors,! Vous l’avez raffermi,
Et certe il ne doit pas vous aimer h demi :
Mais ce qu’il aurait fait, il ne peut plus le faire.
ÉDOUA&D.
Mon nom dans le conseil serait impopulaire, N’est-cc pas ?
CAYERLY.
C’est absurde, et c’est vrai cependant.
Aussi, quand, de nos jours, on est indépendant, On a l’air, mon ami, d’insulter tout le monde. J'ai pour ('indépendance une estime profonde ;
Il en faut dons quelqu’un, et vous l’avez prouvé :
Je ne sais pas, sans vous, quel homme eût tout sauvé ! Mais vous n’en recueillez que malheur, qu’amertu-
[mc ;
i On vous pique, on vous mord, de la poudre on exhu- Je ne sais quel écrit... * [me
ÉDOUARD
Que mon père dément.
CAVERLY.
Avant lui je l’ai fait ; car je trouve alarmant. Immoral, que la presse à la rigueur nous juge Sur des torts arriérés qui datent du déluge.
De nos erreurs du jour nous avons bien assez.
Ce Godwin a fouillé dans vos actes passés ;
On l’approuve, il triomphe, à toutil peut prétendre. La popularité, qui ne sait où se prendre, S’accroche à lui.
ÉDOUARD
Ce choix est aussi trop honteux !
SIR GILBERT
Cela prouve, Édouard, qu’il en existe deux :
La bonne et la mauvaise.
CAYEnLY , à Édouard. .
Oui, ce n’esl pas la vôtre ; Mais moi, je n’ai voulu de Fane ni de l’autre, Pour ne pas les confondre, et c’est le vrai moyen.
SIR G1LDERT.
Vous êtes homme aimable, U est homme de bien.
ÉDOUARD , voulant sortir, à Caverly.
Pardonnez ; on m’attend.
CAVERLY.
Qui ? votre prisonnière ?
J’aurais voulu pour elle obtenir grâce entière ;
On m’a tenu rigueur, et j’ai dû l’avertir Qu’il fallait sur-le-champ se résoudre à partir,
Ou, ce que j’aurais, moi, compté pour peu de chose , Prendre l’engagement d’abandonner sa cause ;
Elle est partie.
ÉDOUARD
Eh ! quoi 1 sans frie voir !
CAVERLY.
Ses adieux
Ont été quelques pleurs qui roulaient dans ses yeux . ÉDOUARD.
Je cours...
► SIR GILBERT
Reste, et commande au transport qui t’agite.
WILLIAM , annonçant.
Monsieur Mortins !
Chez moi!
CAVERLY.
Mon Dieu! c’est la visite Dont vos chers électeurs vous menaçaient tout haut, Et que j’aurais bien dû vous annoncer plus tôt.
SIR GILBERT. [prendre.
Dans quel but viennent-ils? Veuillez donc nous l’ap-
CAVERLY.
Ils viennent... Mais, tenei ; vous allez les entendre.
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