ÉMIGRATION ET IM3IIGRATI0N
fait au dehors, pourvu qu'il s'agisse de donner cours aux passions en germe.
Ainsi s'expliquent les effets si différents produits sur les Français, à des époques successives, par le contact avec des étrangers.
Au xv^ siècle, des privilèges furent accordés aux ouvriers flamands, espagnols ou allemands, connus pour leur habileté dans l'exploitation des mines, afin de les encourager à venir, en France, mettre leurs talents au service des entrepreneurs ^ . Par les mêmes moyens, Louis XI attira aussi des artisans italiens, grecs, etc., pour tisser des étoffes de luxe- ; Henri IV ^, Louis XIV ^ concédèrent des brevets à des non-régnicoles, pour apporter du dehors certains secrets industriels; il y eut aussi des promesses de naturalisation '^, que l'on étendit à ceux qui viendraient dessécher les marais ^ ou remettre en état des terres incultes '^.
Sauf ces mesures spéciales, il n'entrait pas dans l'esprit de notre ancien droit de faciliter l'accession des étrangers au rang de sujets français; la naturalisation était regardée comme une faveur.
Au lendemain de la Révolution, les idées changè-
\. Lettres patentes des 21 mai 14ooet septembre 1451.