‹ La populationChapitre 58 sur 127 · Les erreurs de Voltaire, 2« édit · texte numérisé non relu

Les erreurs de Voltaire, 2« édit

4. Recherches et considérations sur la population (1778), t. II. p. 101 et 102.

fices qu'entraîne la fécondité, il y aurait, cependant, un regrettable malentendu, dans le fait de mettre en conflit « la piété » et le désir « égoïste du bien-être ^ ». En effet, l'aspiration au bien-être, c'est-à-dire à la satisfaction des besoins légitimes, se trouve comprise dans l'attrait instinctif du bonheur, qui n'exclut pas la tendance vers la piété; ce qu'on peut dire, pour flxer les idées, c'est que la recherche du bien-être ne constitue pas le but dominant de la vie et ne rend pas licite le mépris des devoirs individuels. A toute époque, évidemment, l'homme s'est ingénié, avec les moyens dont il disposait, à améliorer sa condition matérielle ; Texpérience ne démontre pas que ses efforts n'aient jamais été couronnés de succès, sans amener, comme conséquence inéluctable, un recul de la fécondité ; aux xiii^ et XIV*' siècles, un élan considérable fut imprimé à l'agriculture, au commerce, à l'industrie, et le grand nombre d'églises construites ou agrandies, pendant cette période bi-séculaire, atteste que la population essaimait rapidement.

A dater du xvi® siècle, l'aspect des choses changea; mais il ne faut pas voir là un effet corrélatif à l'énergique impulsion que reçut la culture des lettres ou des arts, puisqu'une fécondité remarquable existait encore, à l'époque où se manifesta de toutes parts le goût de la perfection dans le beau.

A une époque récente, la statistique annonce, en Belgique, en Italie, comme en France, une propension fâcheuse à laisser impunis les infanticides; cet état d'esprit contraste avec celui qui règne au centre de l'Europe :

Belgique (1881-1885) 44% d'acquittements

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