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Considérations sur les mœurs

J.-J. Rousseau, que d'Alembert appelait « de tous les philosophes le plus concupiscent » ^ , disait d'eux : « Ils arrachent du fond des cœurs le remords des crimes, Fespoir de la vertu, et se vantent encore d'être les bienfaiteurs de l'humanité »^.

Dans quelle mesure la diffusion des écrits empreints de matérialisme réagit-elle sur la fécondité des mariages? Il y a deux modes à employer, pour sen rendre compte.

D'abord, une coïncidence remarquable existe, entre l'époque où commença le succès des doctrines dissolvantes et celle où des alarmes se répandirent, au sujet de la population, qui semblait décroître^ parce qu'on voyait les unions régulières produire moins de naissances ^ ; puis, une chose non moins digne d'attention, c'est que, comme les partisans d'une large fécondité la tenaient pour l'accomplissement d'un devoir religieux et, en tout cas. social, les sectateurs qui avaient embrassé le matérialisme firent campagne en sens inverse; avec le tour d'esprit que comporte la plaisanterie teutone, un auteur écrivait : « Dans la Frise orientale, il naît plus de veaux que d'enfants, et les gens s'en trouvent bien! ^ » Un autre réclama l'infibulation, dès l'âge de quatorze ans ^.

En France, comme en Allemagne, la fécondité, nous l'avons vu^, ne cessait de baisser; ce mouvement est, en particulier, saisissant à Paris, centre de la propagande philosophique, où l'on compta :

De 1721 à 1740 46 enfants pour 10 mariages.

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