Études et relevés, etc
Dans une lecture aussi aride que celle de notre étude, c'est bien le moins qu'on saisisse une occasion de dérider, tout en montrant la valeur de certains écrits que de savants spécialistes ont fait passer pour sérieux et instructifs.
M. Paul BoiTEAU a publié un livre ayant pour titre : Étal de la France en 4789; il affirme que : 1" « de 1785 à 1791, l'année moyenne donne, comparativement aux périodes antérieures », 495 naissances, 2.176 mariages, en plus, et 2.413 morts en moins; l'auteur ajoute, avec une superbe assurance : « J'administrerai la jyreuve de tous ces calculs, que les apologistes de la Révolution n'oublieront pas » ; 2° pen-
qu'en 1800 la proportion n'était plus que de 20 pour 1 ; elle demeurait de 54 pour 1, dans les communes du département de la Seine, tandis qu'elle n'atteignait que 55 pour 10, à Paris ^ ; en estimant à 1/4 la part de l'ensemble des naissances naturelles afférentes aux villes, le calcul établit qu'au sein des agglomérations urbaines, le rapport moyen des deux catégories de naissances égalait environ 65 pour 10, les campagnes conservant l'ancienne proportion de 50 pour 1, et cette énorme différence, qui ne doit point paraître invraisemblable, quand on rapproche les données respectives fournies, de nos jours, par la statistique, explique la moyenne générale de 20 enfants légitimes pour un naturel, en 1800^.
De telle sorte que la prime d'immoralité promise, par les lois révolutionnaires, ne tourna qu'au bénénéfice de la population urbaine et eut pour unique conséquence d'augmenter la masse des parias, des gens livrés à eux-mêmes, sans patrimoine, sans appui, dans
dant la période précitée, le nombre des enfants trouvés descendit annuellement de 1778.
Or, dans une lettre du 8 août 1792, au ministre de l'intérieur, de la Michodière, directeur de la statistique, au Contrôle général des finances, dès la création de ce service, déclare que, depuis 1785, les Intendants n'envoyèrent plus tous des relevés périodiques sur le mouvement de la population : comment, dés lors, M. Paul Boiteau aurait-il pu prouve!' l'exactitude, à une unité près, de ses chiffres conjecturaux, qu'il prétend imposer, sans débats, sans justification?
Quant à la restriction progressive du contingent des enfants trouvés, le nombre cité est le millésime de l'année où Necker prescrivit une enquête sur la population des hospices dépositaires. M. Paul Boiteau a donc, comme le singe de la fable, pris le Pirée pour un homme.
On doit ajouter que tous les inventaires imprimés d'archives hospitalières accusent une augmentation d'enlants, de 1785 à 1789, et que, de 1789 à 1791, il n'y a pas eu de chiflfres fournis ailleurs que dans des monographies en désaccord avec les dires de M. Paul Boiteau.
1. Compte rendu des administrateurs du département de la Seine, pour leur gestion pendant l'an VI.
2. La proportion assignée aux enfants légitimes, dans l'ensemble des naissances, ne semblera pas invraisemblable, en voyant plus loin les chiffres afférents à la Serbie et à la Grèce.
les plus mauvaises conditions, pour trouver alliance, fonder une famille et pourvoir aux besoins d'un ménage.
Avec les facilités croissantes de transport, avec l'influence progressive des villes sur les campagnes, il n'y a plus, aujourd'hui, que 1972 naissances légitimes pour 100 illégitimes, dans les localités comptant moins de 2.000 âmes; dans les agglomérations qualifiées villes (2.000 habitants et au-dessus), on ne trouve que 818 naissances dues au mariage, pour 100 qui proviennent de liens irréguliers.
Faut-il voir, dans ce déclin, un simple effet du ralentissement qu'a éprouvé la fécondité normale? La négative est aisée à démontrer. Le rapport des naissances légitimes aux mariages était de 4,24, dans les premières années du xix^ siècle; il est, actuellement de 2,79; ces deux chiffres sont, entre eux, comme 157 à 100, tandis que, aux deux époques considérées, les nombres respectifs qui expriment la quantité d'enfants légitimes, pour 100 bâtards, sont, entre eux, comme 185 à 100. Encore convient-il d'ajouter qu'on ne saurait admettre, dans les « unions libres », un essor ou même une permanence de fécondité, en contraste avec l'amoindrissement survenu dans la procréation régulière : toutes les circonstances qui ont influé sur la vertu prolifique des époux devaient agir, avec autant d'énergie, à l'égard du pouvoir de génération des individus cohabitant, d'une façon précaire , sans aucune des garanties attachées à la vie conjugale.
Il y a lieu, maintenant, d'examiner la situation des principales contrées de l'Europe, au point de vue de l'importance relative des naissances hors mariage; comme il s'agit de la comparer avec celle de notre
pays, deux catégories doivent être faites : l'une comprenant les pays où le coefficient, qui sert dindice au respect des mœurs, est supérieur, l'autre où il est inférieur au chiffre constaté en France.
NOMBRE DE NAISS.AN'CES LÉC
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