‹ La populationChapitre 85 sur 127 · Voir ch. V · texte numérisé non relu

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plus libres et plus désirables ; chacun souhaite volontiers le nombre d'enfants qu'il peut nourrir, quand il ne craint pas que son patrimoine puisse lui être ravi et lorsqu'il sait que ces enfants naissent libres et non esclaves et qu'ils peuvent s'élever par les services rendus ^ . »

J.-J. Rousseau, admirateur de Machiavel ^, renchérissait encore sur le langage du publiciste florentin :

« Toutes choses égales... le gouvernement sous lequel, sans moyens étrangers, sans naturalisations, sans colonies, les citoyens peuplent et multiplient davantage^ est, INFAILLIBLEMENT, le meilleur; celui sous lequel un peuple diminue et dépérit est le pire ^. »

Adam Smith déclarait, de son côté, que « la marque laplus décisive de la/?ros/?erzYed'un pays estl'augmentation du nombre de ses habitants ^ » ; mais la pensée du grand économiste, exprimée isolément, laisserait planer un doute, si elle n'était éclairée immédiatement par l'exemple fourni : celui de la fécondité dans les colonies anglaises, qui exclut riiypothèse d'un accroissement par la seule immigration.

D'Holbach, énumérant les causes de dépopulation d'un pays, mettait, au premier rang, le despotisme, qui a « étouffé » souvent, chez les peuples, « le vœu de la nature qui les invite à se multiplier ». Il ajoute qu' « un mauvais gouvernement anéantit et la population et la nature et la salubrité des États ^ ».

Tous les écrivains français, au xviii^ siècle, gémissant d'un déclin imaginaire dans le nombre des

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