‹ La populationChapitre 95 sur 127 · CHAPITRE YIl · texte numérisé non relu

CHAPITRE YIl

STATURE. VIGUEUR, MASCULINITE

La fécondité ne consiste pas seulement à augmenter le nombre des sujets d'une race; il importe que chaque génération égale, à peu près, celle qui la précède, comme stature et force, sans quoi la vertu prolifique diminue et les êtres mis au monde sont exposés à plus d'épreuves, au cours de la vie.

« Au contraire de ce qui a lieu pour les animaux domestiques, les variations de race sont, chez l'homme, renfermées dans des limites beaucoup plus étroites que les variations individuelles.

« La taille des femmes est moins variable que celle des hommes.

« Les variations de taille des races s'expliquent, mais en partie seulement, par l'influence du climat, du régime diététique et du genre de vie.

« Il est extrêmement probable que la taille du genre humain, malgré quelques variations locales, n'a pas sensiblement diminué... ' ».

On s'est efl:brcé de prouver que la misère ou l'aisance influe sur la taille; celle-ci deviendrait « plus haute, toutes choses égales, quand le pays est plus riche et V aisance plus générale, les logements, les

\. Isidore Geoffroy Saint-Hil.ure, Mémoire à l'Académie des sciences sur les variations générales de la taille, dans le règne animal.

vêtements et la nourriture sont meilleurs; quand les peines, les fatigues, les privations éprouvées, dans l'enfance et la jeunesse, sont moins grandes^ ».

« Or, si l'on compare la force des anciens chevaliers français à celle des héritiers de leur nom ; si l'on pèse les armures qu'ils portaient, dans les combats, et que leurs descendants pourraient à peine soulever, on est tenté de croire que l'espèce humaine a dégénéré, en France, et cette présomption ne sera pas sans être quelque peu vraisemblable, si l'on considère qu'une suite de générations d'hommes amollis par l'oisiveté doit donner des hommes moins forts que n'étaient leurs aïeux... ^. »

Des documents ofTiciels prouvent, en effet, que la taille des hommes^ en France, a diminué, au fur et à mesure qu'on signalait les progrès de la corruption, dans la masse des habitants.

Lorsqu'au commencement du xviii^ siècle on organisa de nouveau la milice, dans notre pays, la hauteur exigée des conscrits était de 5 pieds (l'°,624) ; en 1733, cette dimension paraissait encore « très médiocre ^ » ; au contraire, depuis 1774, il fallut réduire la taille minimum à 4 pieds 11 pouces (1™,597).

Sous la Restauration, la moindre stature requise fut de 1-^,57; après 1830, de 1°^,56; en 1868, de 1"^,55; en 1872, de 1°^,54.

A la vérité, on peut soutenir que ces abaissements

Page 1