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chaque jour depuis un demi-litre jusqu’à un litre entier ; mais quand il est cher ou quand la fabrique est en souffrance, on en consomme moins. — J’ai vu chez plusieurs chefs d’atelier des dîners comme celui dont je viens de donner le détail. Chez l’un d’eux qui m'était signalé comme très pauvre, le dîner consistait seulement en un reste de légumes et un peu de fromage, mangés, il est vrai, avec un pain excellent.
Je n’ai jamais assisté à un souper, mais je sais que de la viande rôtie, ordinairement reste du diner, et une salade, le composent très souvent.
Ainsi, les ouvriers tisseurs de la fabrique de Lyon sont ordinairement bien mieux nourris que la plupart des autres ouvriers en France. Combien peu, en effet, ont régulièrement du pain blanc, du vin et de la viande avec des légumes !
Il n’est pas possible de croire à la misère d’ouvriers qui se nourrissent habituellement aussi bien. Et d’ailleurs, la vue de leurs ménages, leur ameublement et leurs habits de travail, étaient loin, sans être brillants, de rendre vraisemblable la misère dont ils se plaignaient. Mais dans le fort ou à la fin de la crise de 1837, il n’en devait plus être de même.
Je n’insiste pas ici sur l’opinion générale qui règne à Lyon, que les compagnons économes, rangés, intelligents, deviennent facilement chefs d’atelier, que le sort de ces derniers est presque toujours assez bon ; je dirai seulement que les uns et les autres n’ont d’autres ressources pour vivre que leurs salaires, aux-
quels les chefs d’atelier ajoutent leurs profits sur les *
compagnons.