LA MORTALITÉ DE 1870/1880 À
A partir de 1870/1880, les taux bruts de mortalité . continuent à baisser nettement et vont devenir, en général, inférieurs à ceux de la France entière :
Taux bruts de mortalité
Périodes Rhône France entière LOT LSTS EE LES 240 250 1876-1880 . . .... 239 226 1881-1885. . 226 223 1886-1890 . ==. ... 216 221 1091189502 213 223 15696-19002. 0 206 206 ROIS: 0 200 196 1906-1910 . . .... 192 191 JAMIE “ne 177 215 LOTO, 195 221
Il faut principalement attribuer cette baisse de la mortalité aux progrès de la médecine et de l'hygiène.
Au cours du xix° siècle, « le mode de vie des hommes modernes a reçu l'empreinte de l'hygiène et=
de la médecine et des principes résultant des découvertes de Pasteur. La promulgation des doctrines pastoriennes a été pour l’humanité entière un événement d’une haute importance. Grâce à ces doctrines, les maladies infectieuses, qui ravageaient périodiquement les pays civilisés, ont été supprimées. La nécessité de la propreté a été démontrée. Il en est résulté une grande diminution dans la mortalité des enfants. La durée moyenne de la vie a augmenté de façon étonnante. Elle atteint aujourd’hui 59 ans aux Etats-Unis et 65 ans en Nouvelle-Zélande. Les gens ne vivent pas plus vieux, mais plus de gens deviennent vieux. L’hygiène a donc accru beaucoup la quantité des êtres humains. En même temps la médecine, par une meilleure conception de la nature des maladies et par l’application judicieuse de la technique chirurgicale, a étendu sa bienfaisante influence sur les faibles, les incomplets, les prédisposés aux maladies microbiennes, sur ceux qui jadis n'étaient pas capables de supporter les conditions d’une existence plus rude. C’est un gain énorme en capital humain que la civilisation a réalisé par elle. Et chaque individu lui est redevable aussi d’une sécurité plus grande devant la maladie et la douleur » (1).
L'amélioration de l’hygiène et des conditions de vie est due aussi pour une bonne part au développement de la législation ouvrière : loi du 18 mai 1874, assu-
(1) Dr Alexis Carrel. L’homme cet inconnu, p. 16 et 17, Paris,
rant aux enfants employés dans l’industrie une protection efficace, et organisant un corps de contrôle, l'inspection du travail ; lois des 2 novembre 1892 et 30 mars 1900 sur le travail des femmes et des enfants ; lois du 12 juin 1893 et 11 juillet 1903, concernant l'hygiène et la sécurité des travailleurs dans les établissements industriels et commerciaux ; lois du 13 juillet 1906 sur le repos hebdomadaire ; loi du 22 décembre 1911 sur le repos de nuit des femmes et des enfants employés dans l’industrie ; loi du 10 juillet 1915 sur le salaire des ouvrières à domicile dans l’industrie du vêtement.
Quoique les taux bruts de mortalité aient baissé très sensiblement dans le Rhône et y soient devenus inférieurs à partir des années 1880 aux taux bruts de la France entière, la mortalité comparée y est cependant plus grande en réalité, comme le montre lexamen des taux comparatifs, pour les trois années 1910, 1911, 1912 (sur la base de la population type communément adoptée).
Taux bruts de mortalité Taux comparatifs RHONE Es 178 178 France entière . 190 165
Possédant une composition par âge semblable à celle de la population type, le Rhône a des taux de mortalité bruts et rectifiés identiques ; la France au contraire ayant une composition par âge plus défavorable a un taux brut supérieur, mais sa mortalité réelle étant en fait moins grande, le taux rectifié est inférieur à celui du Département du Rhône. <
La guerre de 1914-1918 ne se traduit pas dans le Rhône par une recrudescence de mortalité, le Département étant éloigné du théâtre des hostilités ; l’année 1918 est marquée par plus de 22.000 décès en raison de l’épidémie de grippe espagnole.