‹ La population du département du Rhône: Son évolution depuis le début du XIXe siècleChapitre 51 sur 71 · MORTALITÉ SUIVANT LES CANTONS · texte numérisé non relu

MORTALITÉ SUIVANT LES CANTONS

Il nous a paru intéressant d'établir des taux de mortalité par canton et nous l’avons fait pour les périodes 1930-1932 et 1935-1937 qui encadrent les recensements de 1931 et 1933.

En réalité, cette statistique, pour être interprétée, demanderait la connaissance de la composition par âge des divers cantons, renseignements que les statistiques officielles ne sont pas à même de fournir. Il est certain que ce facteur, de même que la répartition suivant les cantons des hôpitaux et asiles de vieillards, influe sur le pourcentage des décès beaucoup plus encore que l’hygiène et le genre de vie des populations. On peut tenir comme certain que les cantons de l’agglomération lyonnaise ont une composition par âge beaucoup plus favorable que les cantons ruraux, ce qui explique la diversité des taux selon les cantons. On remarquera que les cantons où la mortalité est la plus grande sont les cantons agricoles (Saint-Symphorien-sur-Coise, Condrieu, Mornant, Saint-Laurent-de-Chamousset, cantons de larrondissement de Villefranche). On note cependant aussi une mortalité des plus élevées dans le canton de Saint-Genis-Laval et dans celui de Neuville-sur- Saône (ce dernier il est vrai est influé par les décès de l'asile de vieillards d’Albigny).

COMMUNES A SURMORTALITÉ.

La loi du 15 février 1902 prescrit que le Conseil Départemental d'Hygiène soit saisi chaque année par le Préfet de la liste des communes ayant présenté

pendant les trois années précédentes, une mortalité supérieure à celle de la France. C’est, dans le Rhône, l’Inspecteur d'Hygiène qui rédige ce rapport depuis 1931. Le rapport de 1937 sur les deux périodes triennales 1933/1935, 1934/1936, nous fournit d'’intéressantes observations. On relève 26 communes à surmortalité pour la période 1933/1935 et 24 pour la période 1934/1936 (sur ce nombre 15 étaient déjà relevées en 1933/1935). Ce sont, d’une part, des communes rurales peu importantes et dont le chiffre de population ne cesse de baïsser du fait de l’exode vers la ville ; même, dans certaines communes à natalité élevée, le départ des adolescents cause des vides dans les classes jeunes et la population, défavorablement composée d’après les âges, semble atteinte d’une surmortalité qui n’est qu’apparente. A ces communes en voie de dépeuplement s'opposent quelques communes, notamment dans l’arrondissement de Lyon, où le chiffre de la population, malgré la surmortalité, augmente chaque année. Il s’agit alors de communes où les retraités des villes et les petits rentiers établissent leur résidence en fin de carrière et dont la mortalité grève le taux de la commune.

Après avoir remarqué que la mortalité par maladie contagieuse, dans ces communes, n’est pas particulièrement élevée, le rapporteur conclut en attribuant la surmortalité de ces communes à des causes sociales (exode rural, etc..), bien plus qu’à des causes sanitaires. «

On peut dire, en résumé, que la mortalité du Rhône, quoique l’une des plus élevées encore parmi

celles des départements français, est très faible comparativement à ce qu’elle était autrefois. La moyenne de la vie humaine dans le Département a doublé en cent ans. Ces résultats peuvent être encore améliorés, dans une certaine mesure, notamment par la lutte contre la tuberculose et en faveur de la protection du premier âge. C’est à cette lutte que s’emploient avec dévouement et succès de nombreuses œuvres tant officielles que privées.

ARMINJON 9

Page 1