LA CHUTE DE LA NATALITE
1. — L'abaissement du taux de la natalité depuis le début du XIX° siècle
Au recensement de 1821 (le premier dont les résultats offrent des garanties réelles d’exactitude), le Département du Rhône comptait 391.000 habitants. Il enregistrait la même année (qui n’était nullement exceptionnelle sous ce rapport), 13.988 naissances. Cent quinze ans après, en 1936, la population atteint le chiffre de 1.028.000 habitants ; le nombre de naissances enregistrées dans la même année (qui n’est pas non plus malheureusement une année exceptionnelle) est de 12.799. Le chiffre de la population a augmenté de 167 %, le chiffre annuel des naïissances a diminué de 8,5 %. Le taux brut de natalité est descendu de 358 à 127 pour 10.000 habitants.
Le tableau indiquant les taux moyens de natalité pour chaque période quinquennale, depuis 1801, le graphique permettent de suivre le déclin progressif de la natalité à partir du deuxième tiers du xix° siècle.
Pendant tout le premier tiers de ce siècle, le nombre annuel des naissances est très élevé par rapport à la population et croît d’une année à l’autre à peu prés au même rythme que la population ellemême. Les taux moyens calculés par périodes quinquennales se maintiennent très élevés : 360 naissances annuelles en moyenne pour la période 1821- 1825 ; 364 pour la période 1826-1831. Ces taux sont nettement supérieurs à ceux de la France entière pour les mêmes périodes.
Nombre annuel de naissances pour 10.000 habitants
Périodes Rhône France 1806-1810 . . .... 340 317 1811-1825 . . .... 344 317 1816-1820 347 329 1821-1825". ste 360 314 1826-1830 . . .... 364 305
La période 1831-1836 marque une première baisse du taux moyen de natalité qui s’établit à 322. Dorénavant chaque période quinquennale sera marquée par un taux moyen inférieur à celui de la période précédente (à part une très légère reprise pour le taux de 1856-1860, qui s'établit à 278 contre 275 pour 1851-1855).
La population continue à augmenter, d’après le rythme que nous avons analysé au cours de la première partie de cette étude. Le nombre annuel moyen des naissances, qui était de 11.500 environ au début* du siècle et qui, pour la période 1826-1830, s’établis- .
sait à 15.500, continuera à croître pour atteindre le maximum de 17.927 pendant la période 1856-1860 (année maximum 1856—18.552 naissances) ; mais cet accroissement est beaucoup moins rapide que celui de la population ; à partir de l’époque du Second Empire, non seulement les taux de natalité continueront à diminuer, mais encore le nombre annuel des naissances ne pourra même plus se maintenir malgré l'accroissement incessant de la population. Signalons seulement quelques étapes dans l’histoire monotone de cette décadence démographique :
nee os de ne
Parsodes ei de naiss. natalité natalité à 1831-1835 . . .... 458 15.836 332 296 LSCIEIS69 €... 070 12771 265 267 1091-1695 10082 15.568 189 226 1911-1913 (3 ans) 920 14.161 154 190
Remarquons que, à partir de 1861-1865, les taux moyens de natalité pour le Rhône seront toujours inférieurs à ceux de la France entière.
Les années de guerre sont marquées par une chute anormale du nombre annuel de naissances qui s’établit aux environs de 9.000 de 1915 à 1919.
En 1920, une reprise notable de la natalité se remarquait par rapport aux années de guerre et même à la période qui précéda immédiatement la guerre. Pour les périodes 1920-1925 et 1926-1930, on enregistre des nombres annuels moyens de naissances de 15.634 et de 16.324, correspondant à un taux de nata-
lité de 160 naissances pour 10.000 habitants. Cette légère amélioration relative ne devait pas être de longue durée. A partir de 1931, le nombre annuel des naissances va diminuer rapidement : de 16.000 il passe à 15.173 en 1932, 14.105 en 1934, 12.799 en 1936, 12.896 en 1937. Il faut remonter au delà de 100 années en arrière pour trouver des chiffres aussi bas dans l’histoire démographique du Département, alors que ce dernier ne comptait pas encore 400.000 habitants. Les chiffres des deux dernières années correspondent à des taux de natalité de 125 pour 10.000. En cent ans, le taux de natalité du Département a baissé de près des deux tiers. Il est nettement inférieur maintenant à celui de la France entière (150 en 1936, 147 en 1937).