‹ La porte des humbles, 1915-1917Chapitre 11 sur 146 · Journée passable. Lecture de VEcclcislique · texte numérisé non relu

Journée passable. Lecture de VEcclcislique

Le soir, lettre de Philippe Raoux qui parle i surnaturel à ses canonniers.

23. — Un inconnu, qui ne signe pas et qui dit un vieil ami inquiet de me savoir malade, 'envoie 30 francs.

24. — A de la Laurencie en lui envoyant la idicace de Au seuil de l'Apocalypse.

Cher ami, De tout mon cœur, vous le savez, je udrais qu'il nie fût donné de vous offrir, à l'occain de ce second et douloureux anniversaire, un orne de consolation. Mais je sais trop l'insufTisance la misère de tout ce qui n'est pas divin. J'ai voulu pérer, cependant, que cette dédicace d'un livre que mplit la douleur chrétienne serait douce à votre

âme. C'est l'hommage très simple d'un pauvre artiste qui vous aime et qui ne sait pas mieux que de pleurer avec ses compagnons de captivité.

26. — Lettre vraiment extraordinaire d'un jeune prêtre italien : Tebaldo Pellizzari, de Florence, qui m'a connu par l'Ame de Napoléon dans un cabinet de lecture.

Bouleversé par cette lecture, il s'est jeté à mes autres livres qui l'ont émerveillé. Il a été poussé « irrésistiblement » à m'écrire et il me | demande un de mes livres avec dédicace.

Réponse de la Laurencie extrêmement touché de mon envoi. Il me dit que, précisément, il pensait beaucoup à moi au moment où il a reçu ma lettre et que même il songeait à « réchauffer un peu ma veillée de Noël ».

A l'occasion de sa réponse, nous avons beaucoup parlé de la défunte que je n'ai pu mentionner dans mon livre qu'avec une grande réserve. Gela ne suffit pas à Jeanne qui écrit une page très touchante que j'ajouterai.

'27. — - A Tebaldo Pellizzari :

Chor monsieur, Je suis extrêmement bouché de votre lettre et je m'empresse do vous envoyer ce que vous me demandez. De loin eu loin, je reçois | de tels suffrages. Mrs âmes, qui ne savaient même pas

ion existence, me découvrent tout à coup avec tonnement et comprennent que c'est pour elles que 'ai écrit et que j'ai souffert. Alors, comme vous, lies me disent noblement leur reconnaissance, et 'ai un tressaillement de joie.

Vous nommez Hello qui fut autrefois mon ami. /roici une de ses paroles : « Celui qui aime la granleur et qui aime l'abandonné, quand il passera à ôté de l'abandonné, reconnaîtra la grandeur, si la randeur est là. » Je ne suis peut-être pas grand, nais je suis l'abandonné. Dès mon premier livre, n put et on voulut m'appliquer la sentence du .jvre Saint : Férus homo, etc. On sentit en moi 'homme de l'Absolu qui ne pouvait être le camarade le personne et, tout de suite, commença l'univerelle conspiration du silence dont je meurs depuis rente ans. Mes pires ennemis ont été les catholiques t surtout les ecclésiastiques dont j'ai si souvent ondamné la lâcheté et l'effrayante bêtise.

Torturé toute ma vie par la misère, j'arrive aujourl'hui à ma 70e année, toujours incertain de ma ubsistance. Tel a été, jusqu'à présent, mon unique alaire humain. Mais Dieu ne m'a pas refusé sa Joie. Sans parler des chères créatures qu'il a placées près le moi, j'ai eu la consolation infinie de donner des mes à l'Église. Je ne suis donc pas à plaindre et rous pouvez comprendre mon allégresse lorsque n'arrive, par surcroît, le don d'un cœur tel que le ôtre. Soyez donc béni, mon cher abbé, et quand rous serez à l'autel, souvenez-vous du vieil écrivain bandonné.

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