Lecture d'épreuves avec Jeanne
Après-midi, visite de Souberbielle non vu depuis le 6 mai. Je lui donne les Méditations qu'il connaît déjà. Il paraît avoir été impressionné par cette lecture et s'anime en m'en parlant. Sa famille vient d'être affligée par la perte d'un jeune parent très aimé, tué sur la. Somme.
Mme Pouthier et Tania viennent aussi en même temps que Muls apportant sa bonne figure et les estampes d'Elisabeth, malheureusement absente.
Puis voici Olivarès qu'on attendait. Je lui donne mon livre.
Enfin, Pierre arrive le dernier. Mais je suis moins que jamais capable de jouir de tous ces amis. Je suis extrêmement souffrant, dans l'impuissance de parler pu d'agir,
Valentine, que j'allais oublier, apparaît au moment où je perdais une malheureuse partie d'échecs. Elle a apporté les « Silhouettes » d'André et nous en lit quelques-unes, celle surtout, fort curieuse, qui me concerne et qui sera en tête de l'article sur moi devant paraître dimanche dans VŒuvre. Mais, bientôt, ma fatigue extrême, plus forte que tout intérêt littéraire, me force à prier Valentine d'interrompre sa lecture.
Pierre, Valentine et Olivarès dînent avec nous. Bisson, absent une grande partie de la journée, n'arrive qu'après le repas.
A la dernière heure, deux lettres, l'une de Muls, déjà parti. Il a voulu me dire son admiration pour mon livre et sa lettre, qui m'honore et me réconforte infiniment, est des plus remarquables que j'ai reçues.
Il me transcrit des lignes de son frère qui m'a lu sur le pont d'un navire qui le transportait en Norvège « par une nuit lumineuse ». Songeant à la mort qui pouvait survenir tout à coup, il fut très vivement impressionné par certains chapitres qui lui donnèrent du courage et les deux frères ont tenu à me dire leur reconnaissance.
L'autre lettre est de Dolorès. Elle est très
simple, très noble, chargée de reconnaissance, elle aussi.