J'accomplis ma 71e année
Messe à 8 heures, tous ensemble.
Après-midi 3 heures, arrivée d'Edouard Sou-
berbielle. Causerie sous les marronniers. Nous parlons littérature, particulièrement des classiques grecs et latins, et nous sommes ravis, Jeanne et moi, du bon sens, du discernement de ce jeune homme, évidemment supérieur à la plupart des jeunes gens de son âge.
Pierre vient vers 5 heures.
Échecs, pendant que Madeleine et Edouard déchiffrent ensemble une sonate.
Après dîner, dominos avec Pierre, Jeanne et Madeleine, jusqu'à 10 heures.
13. — Délicieuse lettre de Boutet, me parlant de mon livre qu'il ne cesse de lire. C'est une des plus agréables que j'ai reçues.
Continué le travail commencé mardi. Grande fatigue, résultat médiocre.
15. Dimanche. — Achevé avant midi le chapitre commencé mardi. Ce sera, si Dieu veut, le premier d'un nouveau livre.
Après-midi, arrivée d'Edouard et de Barthélémy. Causerie au jardin, puis musique. Lefebvre, qu'on n'attendait pas, arrive alors à son tour.
Cette afïluence ne me déplaît pas. Elle me distrait de ma peine habituelle.
Barthélémy a été intéressant comme toujours. Il m'a parlé, naturellement, du livre qu'il prépare sur l'époque néronienne, occasion pour moi de constater son manque absolu de foi vivante. Comment pourrait-il comprendre saint Paul?
Arrivée de Lefebvre. Il dîne ici avec Souberbielle, et sa présence nous est 1res bonne. Il nous parle avec une émotion véritable de la revue qu'il a vue hier et il me donne le regret de n'avoir pu jouir de ce spectacle. Ce n'est plus, parait-il, l'anniversaire bête et hideux d'autrefois. Les troupes qui défilèrent étaient de véritables soldats de la grande guerre, venus tout exprès du front et devant y retourner demain. Lefebvre dit que c'était irrésistible et il a exprimé cela d'une manière forte que je ne lui connaissais pas.