Mardi. Saint Léon le Grand
Messe à 8 heures avec Jeanne, Véronique et Madeleine.
Cartes et lettres à l'occasion de ma fête. Mais je dois dire l'accueil si touchant que j'ai trouvé en revenant de la messe. La table couverte de fleurs et les baisers de toutes les chères miennes.
Avant 10 heures, arrivée de Cornuau apportant le rituel en double pour l'abjuration. Il a été hier au Mercure pour acheter quelques-uns de mes livres destinés à une dame de Toulon que cette lecture console et fortifie dans la foi. Là, il a appris qu'on croit au succès d'Au seuil de l'Apocalypse. On a reçu déjà beaucoup de commandes. Serait-ce enfin mon premier succès? \près 11 heures, arrivent successivement Pierre, Jacques, Auric, Valentine; tous devant déjeuner. 3n est dix à table où nous ne pouvons parler
que de la guerre. Les dernières nouvelles sont inquiétantes. Malgré une résistance héroïque, notre armée reculerait peu à peu. Mais on sait avec certitude si peu de choses et il y a de telles contradictions.
Après ma sieste ordinaire, je vois enfin Ghentrier qui, s'étant annoncé le matin, arrive en habit militaire. Il est infirmier. Nos autres hôtes nous ont laissé seuls une demi-heure. Je suis très content de lui. Il est tout autre et beaucoup mieux que je ne supposais d'après ses lettres. C'est une âme sacerdotale sur laquelle je peux compter. Ayant rappelé tout mon monde, la conversation est devenue générale cl fort intéressante.
Chentrier part vers 5 heures. Alors, Madeleine et Auric jouent avec virtuosité la sonate de Lekeu, pendant laquelle arrive Boutet.
Tout le monde étant parti, Vines attendu longtemps arrive vers 7 heures et dîne avec nous. Mais cette journée si remplie m'a accablé et je suis brisé de fatigue.
Après le départ de Vines, je n'ai plus que la force de me coucher.
12. — Pas d'église ce matin. Je suis encore si démoli par la journée d'hier que je n'ose
Drtir. Après-midi, longue et belle lettre de eanne Boussac. Elle m'annonce son prochain oyage à Rennes avec ses sœurs Marguerite, ieneviève et son petit Christophe. Elles passemt trois ou quatre jours à Paris et viendront îe voir un des jours de Quasimodo. Mon filleul îe sera amené.
Lettre d'André Baron pour ma fête. Il me it que son frère est à Boulogne-sur-Seine avec a femme. On voudrait me voir si je le permets.