‹ La porte des humbles, 1915-1917Chapitre 63 sur 146 · Messe à 8 heures avec Jeanne et les nfants · texte numérisé non relu

Messe à 8 heures avec Jeanne et les nfants

Occupation unique de ce jour : Une seconde léditation (la Haine) qui m'a rudement occupé usqu'au soir. Elle est un peu plus longue que la première, mais je ne sais ce qu'elle vaut.

9. — Lecture de ma seconde méditation à eanne et à Madeleine. Je suis sûr maintenant l'avoir réussi,

Dédicace pour Boutet :

Mendiant ingrat. — Celui qui n'a jamais mendié ik' peut rien comprendre à l'histoire de Napoléon...» (L'Ame de Napoléon, p. 100J. Quand j'ai voulu écrire sur Napoléon, j'ai pensé qu'il fallait, autant que possible, me mettre à la place de cet homme extraordinaire, et j'ai trouvé cela au fond de mon âme que je supposais audacieusement la sienne.

L'ingratitude est une fioriture ajoutée par des amateurs qui se connaissaient eux-mêmes.

On attendait à déjeuner Elisabeth de Groux et Tania Pouthier. Celle-ci arrive la première, mais pour s'en aller, tout à coup, après déjeuner, une dépêche très pressante de sa mère ayant couru après elle.

Heureusement, Elisabeth, venue à midi et demi, nous reste, et je garderai un souvenir très agréable de cette journée. Ma filleule est charmante de toute façon. Évidente générosité de cœur et intelligence rare. Elle peut tout entendre et tout comprendre. J'en profite pour lui faire quelques lectures : ma seconde méditation et mon Beethoven, etc., lui recommandant la lecture de mes livres qu'elle ignore et qu'elle veut connaître. Je lui dorme la Jeanne d'Arc et l 'Ame de Napoléon en bonnes feuilles, cadeaux qu'elle reçoit avec une vraie joie.

J'ai pu lui parler de son père et de l'inex- Dlicable aventure de 1900 qui l'étonné autant }ue moi. Elle dîne avec nous et s'en va vers H heures, nous laissant charmés.

10. — Après-midi, lettre de René Levesque, excellente. C'est un bon chrétien révolté et épouvante de l'infâme indifférence des industriels qu'il voit autour de lui, uniquement occupés de faire fortune en profitant de la merre. Il est bien placé à Cherbourg pour voir ;ela et la lecture de mon livre, que je me reproche le ne lui avoir pas envoyé, a été consolante pour lui.

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