‹ La porte des humbles, 1915-1917Chapitre 90 sur 146 · Je ne sors pas ce matin · texte numérisé non relu

Je ne sors pas ce matin

A la distance de deux jours je ne sais plus exactement de quelle manière j'ai employé cette journée qui a dû être à peu près nulle.

Le soir, vers 6 heures, visite imprévue, comme toujours, de Lefebvre, apportant deux lapins.

C'est une suite du miracle d'hier. Il nous restait si peu d'argent que Jeanne ne savait comment faire déjeuner les amis qui peuvent venir demain après l'abjuration de Jean et précisément on aurait voulu une petite fête. Les lapins de Lefebvre nous sont envoyés de Dieu.

Mais, parce qu'il faut toujours payer, je reçois presque aussitôt une attaque de paralysie. Pendant plusieurs heures je me vois privé de la parole et de l'usage de mon bras droit, et cela se prolonge dans la nuit. Jeanne m'a dit plus tard avoir trouvé que tout ce qui regardait l'abjuration allait trop bien, s'étonnant qu'il n'y eût rien à payer. Revenue d'une course elle m'a trouvé dans ce misérable état.

Page 1