‹ La porte des humbles, 1915-1917Chapitre 96 sur 146 · Très mauvaise nuit · texte numérisé non relu

Très mauvaise nuit

Petite lettre d'Héloïse Baron angoissée au sujet de son mari qui est dans les Vosges.

Elle est transportée d'amour pour nous.

18. Dimanche. — Nuit beaucoup meilleure. Fin de mon terrible rhume. Bienheureux effet du dégel.

Messe à 8 heures avec Jeanne.

Lettre de Georges Joubert m'envoyant 50 frs. Il est à Orléans dans le service des automobiles et rongé de tristesse.

Après-midi, visite des Martineau. De Groux

vient avant leur départ et peut ainsi leur être présenté. Il apporte deux bouteilles de Ghambertin dont nous nous sommes régalés ce soir. Vifies, invisible depuis si longtemps, apparaît enfin. La soirée avec lui et de Groux est très douce.

Mandat télégraphique envoyé par Héloïse Baron. Nous dévorons les pauvres.

19. — Encore une mauvaise nuit. Pas de messe. Aucune chose remarquable aujourd'hui, sinon mon ennui qui est vraiment extraordinaire. Achevé pourtant Muntaner et Schlumberger (les Almogavares) que j'ai lu presque simultanément.

21. — A 7 heures, je vais recevoir les cendres avec Jeanne, Madeleine et Elisabeth. La communion est donnée à 7 heures et demie, mais la force et le courage me manquent pour attendre la messe de 8 heures.

Délicieuse petite lettre d'André Baron, affligé de savoir que j'ai de la peine et désolé de m'être si peu utile. « Vous êtes », me dit-il, « le Mendiant de la Souffrance », et cette vérité me confond.

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