LA NOCE, OUVRIERS
(Les ouvriers occupent une grande partie de la scène et ne laissent que te côté droit d'un peu libre.)
BLONDEL, aux ouvriers. — Mes amis , courage au travail. Faites disparaître cet amas de pierres «jui tombent minées par le temps et bientôt nous aurons à leur place, j’ose l'espérer, une œuvre forte et durable.
(Il sort un instant.) le comte, à part. — Peut-être!
(Los gens do la noce paraissent et veulent passer h travers les ouvriers pour gagner la maison de la mère Taupier.)
le chef compagnon. — Arrière. camaradi?s, on ne passe pas !
Michel. — Comment, on ne passe pas... nous rentrons chez nous, là, à cette maison...
le chef compagnon. — Remontez à la porte Saint-Martin et prenez les rues.
miciiel. — Faire un si grand détour quand on louche sa porte du doigt... Quelle plaisanterie! le chef compagnon. — Voub no passerez pas!
Michel et ses amis. — Nous passerons !
LA MÈRE TAl'PIER» — Mon DlCIl ! ÜS Vftllt SC
bal Ire. (Elle prend sa fille par la main et l’amène sur le devant de la scène, oii se Irouvc le comte de Hhiuiberg.) Reste là, ma chérie, et ne te inèle pas à celte dispute... Oh ! Michel! quelle tète!...
Madeleine. — N'aycz aucune crainte, mère, je ne suis point en danger.
(I a mère Taupier s’est approchée de la foule pour écouter les explications.)
le comte. — Surtout auprès de moi, belle enfant !
madeleine. — Encore vous... monsieur.
le comte. — Encore!... Voilà un mot de reproche... Je ne vous veux que du bien.
madeleine. — Laisscz-moi rejoindre ma mère.
le comte. — Je veux vous dire que je vous aime. Acceptez, et vous serez riche et comtesse.
madeleine, avec fierté. — Assez, monsieur!..
Vous savez bien que je méprise vos offres.
le comte. — Et moi je l’aime et tu seras à moi.
Madeleine. — Jamais > le comte. — Si ce n’est de gré, ce sera de force.
(Il la pr<;nd dans ses bras et cherche à l'entraîner.) . Madeleine, sc débattant et criant. — Ausecours! ina mère!... ma mère!...
(Elle s'arrache des bras du comte.) la mère taupier, près de la foule. — Grand Dieu ! la voix de ma fille ! (Elle accuurt.) Madeleine, qu’as tu donc?
(Michel, ainsi que la foule, approche.) Madeleine, de laquelle le comte s'est éloigné. —
Il voulait m'entraîner.
la mère taupier. — Me la prendre !... Qui donc aurail osé?...
madeleine. — Lui! toujours lui!
le comte. — Cet homme!
(Il désigne Blondel, qui vient de rentrer et se trouve entre lui et Madeleine.)
Blondel. — Qui? moi!...
LA mère taupier, s’élançant vers lîlondel, serrant Madeleine dans ses bras. — Ah I tu voulais me prendre ma tille!...
Michel, avec indignation. — Monsieur Blondel !... la mère tai pier, aux gens de U noce. — Enfants», c’est le chef de ces ouvriers.
michbl. — Un guet-apens alors... À moi, les amis !
tous. — Oui I oui !
(La lutte s'engage.)
blondel, au comte. — Vous êtes un calomniateur... Êtes-vous un lâche?...
(U tiro son épée.)
le comte, tirant la sienne. — Vous allez le voir!
(Les ouvriers, vainqueurs, sortent en poursuivant les gens de la noce qui fuient par la droite.)