ET DEUX EXEMPTS
i..\ mère tacpier, barrant le passage au comte. — Partir!... lui!... le ravisseur (ie ma fille!... Madeleine m’est rendue sainte et pure... mais toutes mes angoisses... toutes mes tortures... qui inc les payera?... Je demande justice!
.miciiel, — Les complices de cet homme m’ont mis en danger de mort... Pour le sauver ils me tuaient... Je demande justice I ;.e prévôt. — lit qui rue fera justice, à inoi?... Louise est morte!
Michel. — Morte !
la MÈRE TAi piEn.— Louise!... mon enfant!.., (La mère Taupier cl Madeleine vont s'agenouiller près de Louise.)
le prévôt. — Oui. priez 1... priez!... Elfe est bien morte, allez!... et ma parole m’enchaîne?... Et pour son honneur, même aux dépens du mien, il faut que cet homme soit libre.
GUILLAUME , arrivant avec deux exempts et Dlondel qui reste a i'écart. — Libre!... Oh! non... pardon, monsieur le prévôt, nous ne l'entendons pas ainsi !
le comte, au prévôt. — Ah 1 faites cesser ces criailleries, monsieur; et sur la foi de votre signature, qu’on me laisse sortir !
Guillaume. — Sortir!... comme ça? Vous ne le voudriez pas !
le comte , lui faisant voir son sauf-conduit.
Obéissez à cet ordre du premier magistrat de votre ville.
Guillaume, exhibant un papier. — Et vous, à cet ordre du roi. '
le comte. — Signé avant-hier... Il est valable pour trois jours.
Guillaume. — Signé ce soir... Il est exécutoire ;i 1 instant même. Aujourd'hui est plus fort qu’hier, Jÿ le roi est plus fort que M. le prévôt. (Aux exempts, avec une importance exagérée.; Messieurs, faites votre devoir. A lui-même.) Ma parole d'honneur, on m’a changé en nourrice... Je ne suis plus moi.
u; comte. — J'ai perdu la partie ; il faut payer ! Aux exempts.) Allons, messieurs...
(Il sort avec les exempts. Guillaume s'approche de la mère Taupier; uu regard de cdtc-ei lui apprend tout. Il regnrJc ia merle avec douleur.)
oi.qxdel, s'avançant. — Monsieur le prévôt... le prévôt. — Lui!
rlondel. — Je vous ai gravement offensé, monsieur... Je suis à vos ordres.
le prévôt, indiquant la morte. — A son honneur, je sacrifiais le mien... à sa mémoire je sacrifierai ma vengeance... Ma vengeance!... Oh ! je la tiens !... (A la mère Taupier.) Mariette!... {Elle se love et s’approche.) Mariette!... ce pauvre orphelin que Louise vous avait confié... eu souvenir d’une amie... morte bien malheureuse...
i v mère taupier. — Il m’avait etc enlevé aussi... mais maintenant M. Blondel...
le' prévôt. — M. Blondel vous le rendra... Je
LA PORTE SAINT-DENIS
1’arinple... Cel enfant n’a point de père; ''Mouvement de Blondel.) je serai le sien... C'est moi seul qu’il connaîtra... moi seul qu’il aimera... (Basé Blondel.) C'est Tunique réparation que je puisse exiger de vous, monsieur.
blond fi.. — Vous êtes cruel, monsieur...
.Mais c’est justice !... c'est justice I le prévôt, regardant Louise. — Tu es devant ton souverain juge, pauvre femme!... Qu’il le pardonne comme je l'ai pardonné !
FIN Ül CINQ' IÈME ET DERNIER ACTE
63t>. — Paris. — Imprimerie Pocpart-Datyl et C% rue du Bar, 30-