CHAPITRE 1 Origine du Sanctuaire de la Portioncule
W FRS l’an 353, quatre piéux ermites quittaient Jérusalem pour aller vénérer le tombeau des saints Apôtres à Rome. Le Saint-Siège était alors occupé par le Pape Libère. Après avoir satisfait leur dévotion, les pieux visiteurs, sur le conseil du Souverain Pontife, se retirèrent dans la vallée de Spolète, en Ombrie, à une demilieue de la ville d’Assise, où ils construisirent leur ermitage, avec une modeste chapelle.
Ayant aporté avec eux une parcelle du tombeau de la sainte Vierge qu'ils avaient reçue du Patriarche saint Cyrile, ils Ja déposèrent dans cette chapelle, qu’ils dé-
ER Te dièrent sous le nom de Sainte-Marie-de- Josaphat, en mémoire de la célèbre vallée où les restes mortels de la divine Mère avaient reposé pendant trois jours. Ils ornèrent l’autel d’un tableau représentant l’Assomption de Marie entourée d’Anges, d'où le titre qui fut donné plus commurnément par les fidèles à la chapelle : Sainte-Maïie-aux-Anges, ou Sainte-Marie-des- Anges.
Les fidèles des alentours ne tardèrent pas à ressentir la protection de la Reine du Ciel ; de nombreuses faveurs attirèrent bien vite les foules vers l’humble sanctuaire. D’autre part, les -ermites ne contribuèrent pas peu à inspirer la dévotion par la sainteté de leur vie ; bientôt ils virent accourir à eux de nombreux disciples désireux de partager l’austérité de leur pénitence et de faire une garde d’honneur à la Reine des Anges.
. Pendant plus d’un siècle, la chapelle fut desservie par les disciples de ces premiers
solitaires. Puis le temps vint où elle fut complètement abandonnée; l’histoire ne nous a conservé ni l’époque précise ni le motif de cet abandon. Quoi qu’il en soit, Dieu.aveit ses vues sur ce modeste sanctuaire et veillait ave: un soin jaloux sur cet autel, le premier peut-être consacré en Occident à célébrer l’Assomption de Marie au ciel en corps et en âme.
En: 516, saint Benoît, passant près d'Assise, fut peiné de voir l’état de délabrement de cette chapelle ; l’ayant demandée et obtenue des magistrats de la ville, il la fit reconstruire. C’est la même chapelle, avec sa forme et ses parties essentielles, que le pèlerin peut visiter à Assise après bientôt quatorze siècles.
Le Saint dut avoir un pressentiment prophétique de la gloire qui était réservée à son œuvre. Ildut voir dans le lointain des âges ces multitudes extraordinaires accourant des quatre coins de l’Europe pour visiter cette petite chapelle ; en un
seule jour elle devait recevoir jusqu’à deux cent milie visiteurs. Il n’y a que cet esprit prophétique, confirmé par la tradition, qui puisse expliquer le plan suivi dans cette restauration.
La chapelle n’a que 6m80 - 22 pieds 8 pouces anglais — de longueur, l’autel non compris, et 4m 10—- 13 pieds 8 pouces anglais — de largeur à l’intérieur.
Or, la porte du fond n’a pas moins de 2m3u—7 pieds 8 pouces anglais — de large; de plus, à un mètre — 3 pieds 4 pouces —en avant de l'autel, du coté de l’épitre, il y a une ouverture de même dimension que celle du fond. Au point de vue archéologique pur et simple, c'était un non sens.
! La chapelle ayant été reconstruite avec une habitation convenable, saint Benoît en confia la charge à quelques-uns de ses religieux. La propriété attachée à la chapelle était ivsuffisante pour l'entretien d’un monastère régulier, et les religieux
lombaire
id
qui la desservait dépendaient de l’abbaye du Mont-Soubase, bâtie à une lieue et demie de là. C’est cette exiguïté de la propriété qui lui a valu, ainsi qu’à la chapelle elle-même dans la suite, le nom de Porlioncule, ou petite portion, du latin por {iuncula,
Durant cette Possession par les Bénédictins, c’est-à-dire jusqu’en 1075, l’humsanctuaire continua d’être le théâtre des manifestations du ciel. Les Anges y apparaissaient fréquemment et y faisaient enteridre pendant la nuit de célestes concerts. Des moïnes y virent une échelle mystérieuse allant du sanctuaires au ciel et les Anges montant et descendant avec les louanges de Dieu et de Marie sur les lèvres. Il n’en fallait pas davantage pour confirmer la vénération des fidèles et conserver au sanctuaire son titre de Sainte-Marie-des-Anges.
Cependant, en 1075, l'habitation et la chapelle étaient tellement délabrées qu’el-
les étaient inhabitabl:s. Les Bénédictins se retirèrent dans leur abbaye du Mont- Soubase, sans que toutefois la piété des fidèies abandonuât ces précieus:s ruines.
Les manifestations célestes ne cessèrent pas non plus de répondre à cette confiance.
mn. rtgin dt aber tanes à 26
tt