OT TATTTTITTTTTTIITITIITITILI CHAPITRE IV
Dernières années et mort de saint François à la Portioncule
dant neuf ans de la faveur insigne qu’il avait obtenue du Ciel. Son attachement pour sa chère Portioncule allait toujours grandissant. Nous avons vu les motifs qui le portaient à cet attachement. Dans ses dernières années surtout, il répétait souvent à ses Frères: ‘‘ Gardez-vous bien, mes enfants, d’abandonner jamais ce lieu. Si l’on vous en chasse par une porte, rentrez-y par l’autre, car ce lieu est vraiment saint, C’est la demeure de Dieu ! C’est ici que le Très- Haut nous a augmentés, lorsque nous n’étions qu'un petit nombre. C’est ici qu’il a illuminé le cœur de ses pauvres avec la lumière de sa sagesse, C’est ici
ù & Séraphique Père put jouir pen-
qu'il a embrasé notre volonté du feu de sn amour. Ici, quiconque priera avec piété obtiendra ce qu'il demandera. Mais quiconque y péchera sera puni plus sévèrement. C'est pourqnoi, mes enfants, ayez une profonde vénération pour ce lieu qui est si digne d’être l’habitation de Dieu; chantez-y toujours les gloires du Très- Haut: vocæ exsullationis et confessionis, avec allégresse et humilité. ?”
Cependant les événements se précipitaient, le temps approchait où cette âme séraphique allait enfin sortir de la prison de son corps pour jouir de son Bien- Aimé. Pendant les deux dernières années surtout, le Saint fut soumis à de cruelles infirmités qui, jointes aux douleurs que lui causaient ses stigmates, l’empêchaient de s’adonner au ministère apostolique.
On était arrivé à l'automne 1226 ; le Saint, pour se conformer aux désirs de ses Frères, avait essayé toutes les ressources de l’art en différentes villes,
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sans autre résultat qu’une augmentation de douleurs. Sa sœur la Mort, comme il l’appelait, approchait à grands pas. Contentons-nous de citer mot à mot les premicrs biographes, témoins occulaires, pour la plupart, des tristesses que nous avons à rclater,
‘‘Françuis demanda à être conduit à
Assise, Son retour causa une joie immen-
se aux habitants de la ville, qui craignaient d’être privés de sa précieuse dépuuille s'il mourait ailleurs. On alla en foule au-devant de lui, et’ 1’ Evêque le fit porter dans som ‘palais. Mais les soins qu'on lwi prodiguait n'entravaient pas les progrès de la maladie, Le médecin l’avertit enfin que la mort approchait, Son visage alors devint radieux ; il fit approcher ses Frères et bénit chacun d'eux, comme le patriarche Jacob, donmant une bénédiction spéciale à son vicaire.
‘* Puis, son cœur l’attrant vers son
sanctuaire de prédilection, il demanda à être transporté à Sainte-Marie-des-Anges, qui, après avoir été le berceau de son Ordre, devait être aussi le lieu de sa mort.
‘ Quand le cortège fut arrivé dans la plaine, à l'endroit même où se trouvait l'hôpital des lépreux, il ft tourner vers ‘Ja ville le brancard sur lequel il était porté par ses Frères. Se soulevant sur sa couc : de douleur et fondant en larmes, il pria pour Assise, sa ville natale, et la bénit une dernière fois par ces paroles prophétiques : ‘‘ Sois bénie du Seigneur,
__ ‘ ville fidèle à Dieu, parce que beaucoup
‘ d'Âmes seront sauvées en toi. Les ser- ‘‘ viteurs du Très-Haut habiteront en ‘ grand nombre dans ton enceinte, et ‘ beaucoup de tes enfants seront choisis ‘ pour la vie éternelle. ”
‘‘ Parvenu à Notre-Dame-des-Anges, le saint Patriarche ne se fit pas conduire dans la cellule qu’il occupait habituellement ; il choisit la cellule de l’infirme-
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rie qui touchait presque à la chapelle, Là il fit avec une douce sérénité ses d-rniers préparatifs au suprême voyage.
Avant de quitter Assise, il avait écrit à sainte Claire et à ses filles pour leur faire ses adieux.
‘© Les souffrances du serviteur de Dieu augmentaient sans cesse, mais sa patience était toujours supérieure à ses tourments.
Une nuit, il fut tourmenté plus que de coutume par les douleurs et les ennuis de ses infirmités ; il commença à avoir compassion de lui-même dans l'intimité de son cœur. Mais, ne voulant pas que l'esprit se soumît même un instant à la chair, il adressa aussitôt une prière au Christ et tint haut le bouclier de la patience.
* Pendant qu’il priait au millieu de ce combat, il obtint de Dieu la promesse de la vie éternelle. par la parabole suivante : ‘‘ Si tout le globe terrestre et ‘! tous les astres du firmament étaient :
ne ‘ en:or pur, : et si pour'iprix des peines ‘© que tu endures’ont’offrait un trésor «+, d’une :si grande richesse que tout cet « orne 'fft rien.en comparaison et ne méritât: même: pas d’être mentionné, ‘‘ ne supporterais-tu pas vec joie et avec ‘ courage ce que tu as à souffrir ?
«__ Certainement, je le ferais, plein de joie ”” , répondit le Saint. ee,
‘__ Réjouistoi donc, reprit le Sei- ‘ gneur, parce que ta maladie est le ‘« gage de mon royaume. et pour prix ‘de ta pénitenee attends avec confiance ‘et certitude l'héritage du royaume ‘céleste. ”” : : |
‘ Le Saint sentait ses forces défaillir.
I1 jugea le moment venu de manifester à ses Frères et de leur laisser par écrit ses dernières volontés. C’était son testament qu’il avait composé dans une maladie précédente. C'est la dernière effusion de sou amour, les deruières volontés de son:
cœur paternel qui recommande sur son
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lit de mort à tous ses enfants lés sublimes : vertus qu’il avait’ pratiquées Par l’exemiple et la parole dürant/s4 vie.‘ ? :
‘* Après que le Saït homitne eut dicté ses suprêtnes recommandations, il sé dépouilla de ses vêtements et s’étendit sur - la terre nue de la pauvre cellule, afin de montrer qu’il n’avait plus rien de commun avec le monde. Ainsi couché à ‘terre, François éleva les yeux vers lé ciel selon sa coutume et couvrit de sa main gauche la plaie qu’il avait au côté droit, afin que pere ne la vît. ‘‘ J'ai fait ce que
‘* j'avais à faire, dit-il alors; je prie ‘ Jésus-Christ de vous — cè …… ‘* vous devez faire. ’’
‘* Les Frères, le voyanit dans cet d'état, fondirent en larmes et poussèrent de profonds soupirs. Le Gardien, conhaissant vraisemblablement par inspiration divine ce que le bien-aimé Père souhaitait, étouffa ses sanglots et se hâÂta de chercher une tunique, une corde et un capuce, et
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les lui offrant, il lui dit : ‘* Au nom de la « gainte- obéissance, acceptez cette tuni- ‘« que je vous prête; et comme vous ‘“ avez aucun droit à ces vêtements «d'emprunt, je vous enlève toute facul- «té de:les donner à qui que ce soit. FL
‘« Le Père fut ravi de se voir jusqu'au dernier moment fidèle à sa chère dame Pauvreté. Il leva ensuite les mains vers le ciel et rendit grâces au Christ: de ce que, dégagé de tout, il était prêt enfin à aller à lui. Pour se montrer en toutes choses parfait imitateur de son divin Maître, il témoigna à ses enfants jusqu’à la fin cette charité qu’il leur avait témoignée dès le commencement. .
f1 fit approcher tous les Frères qui étaient au couvent, et, après leur avoir dit des paroles de consolation, il les exhorta à l’amonr de Dieu avec une tendresse paternelle, Puis il les entretint sur la patience et l’observance de la pauvreté, plaçant toujours le saint Évangile
avant toute autre pratique.
‘« Étendant la main -droite sur les
Frères qui étaient autour de lui, il la posa sur la tête de chacin d’eux, commençant par son vicaire, et bénit en ceux qui étaient présents tous ceux qui entreraient dans l'Ordre jusqu'à la fin des siècles.
‘ Adieu, mes enfants, ajouta-t-il, fortifiez-vous dans la crainte du Seigneur et soyez-y persévérants. La tentation ‘“ et la tribulation approchent ; heureux ‘! ceux qui demeureront fièles dans leur sainte vocation. Pour moi, je m’en vais à Dieu et vous confirme en sa ‘ grâce. *’ Pendant ce temps, les Frères fondaient en larmes et se montraient inconsolables, . ä
‘* Le bienheureux Père se fit alors apporter du pain, le bénit, le rompit, et en donna à chacun. Il se rappellait la sainte Cène que Jésus-Christ célébra avec ses diciples et voulut ainsi imiter
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son divin Modèle et montrer en mênmie temps la grande affection qu'il portait à ses Frères. :
‘*, Il tardait à François de quiteris terre ; il se tourna vers le médéciïr. et lui ‘ dit: Eh bien ! mou frère médecin, dites- “moi donc quand viendra la mort pour | ‘! m’ouvrir la porte de la vie? ” Puis, s’adressant aux Frères, il leur dit:
‘ Lorsque vous me verrez réduit à ‘+ l'extrémité, dépouillez-moi de ma tu- | ‘* nique et couchez-moi suür le sol comme | ‘vous m'avez vu il y a trois jours; vous :“{ me: laisserez dans cette position après ‘* ma mort, durant le temps nécessaire ‘* nour parcourir la distance d’un mille, ”?
“ Le.jour prédit arriva enfin ; la divine Providence allait récompenser:l'héroiïsme de son fidèle serviteur. Un des Frères auquel le Saint portait une siigulière affection, voyant que l'heure de la séparation était proche, lui dit en sanglotant :
‘* Ah! bon: ère, voici q'e vos enfants