CHAPITRE HI
Indulgence de la Portioncule
(L: divine Providence, qui avait veillé avec un soin jaloux sur le modeste sanctuaire peudant près de neuf siècles, devait ie rendre à jamais célèbre ‘dans le monde. Le moment était venu de mettre ses desseins à exécution en. accordant l’incomparable Indulgence connue. au-
jourd’hui dans toute l'Église sous le nom
d'Indulgence de la Portioncule ou grand Pardon d'Assise, C'était en l’année 1216.
Nous empruntons ce récit à peu près dans toute son intégrité à la lettre de Conrad Évêque d'Assise, adressée à tous les chrétièns du monde en 1335. Avec sa touchante simplicité, elle résume tous les écrits faits jusqu’à cette époque au sujet de ce fait iiuportant.
« Lorsque le bienheureux Fncocis eut réparé l’église. de Sainte-Marie-des-Anges
ESS ve A RS ee — il y établit sa demeure, à cause de la grande dévotion qu’il avait pour la Reine des Anges. Il passait son tape dans une continuelle oraison.
« Une nuit, tandis qu’il priait avec la plus grande ferveur, il lui fut révélé que Notre Seigneur et sa Mère la Vierge Mariel'attendaient dans l'antique chapelle avec une multitude d'Anges. Le Saint se leva aussitôt et, rempli de joie, entra dans l'église avec une grande dévotion et daus lé plus profond respect. A la vue de Notre-Seigneur Jésus-Christ entouré d’une multitude d'Anges, il se prosterna à térre devant le Christ et sa: __ Mère.
‘* Le Seigneur dit alors à son serviteur :
‘* François, demande ce qui te plaira
‘ pour le salut des hommes, parce que ‘‘ tu as été donné comme uu flambeau ‘au monde et un soutien à l’Église ‘terrestre: ,, « François se tenait dréstéené la face
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contre terre et comme ravi hors de luimême. Ayant enfin repris courage, il dit: ‘‘ Très saint Père et souverain ‘! Seigneur, moi, pauvre et misérable ‘{ pécheur, je vous supplie de daigner ‘* concéder au genre humain la grâce ‘‘ suivante : Accordez à quiconque vien- ‘‘ dre en ce lieu et entrera dans cette ** église le pardon et l’indulgence de tous ‘‘ les péchés qu’il aura confessés à un ‘* prêtre et pour. lesquels il aura reçu la ‘‘ pénitence. Je supplie la bienheureuse ‘* Marie, votre Mère et l’avocate du ‘‘ genre humain, de daigner appuyer ‘‘ ma requête et d’intercéder pour moi ‘‘ auprès de votre très clén.ente Majesté."
‘* Alors la Reine des Anges, accédant humblement à la prière dn bienheureux François, se mit à supplier son Fils, en lui disant: ,, Dieu très haut et tout- ‘‘ puissant, je supplie votre divinité et je ‘’ demande humblement que votre Ma- ‘ jesté daigne exaucer la prière du Frère ‘© François, votre serviteur. ?”
« La divine Majesté répondit aussitôt :
Ce que tu demandes, Frère François, est bien grand, mais tu es digne de ‘ faveurs plus grandes encore. J'exauce donc ton humble supplique ; cependant
il faut que tu ailles trouver mon Vicaire;, * Je Souverain Pontife Honorius III, à
Pérouse, et que tu lui demandes de ma + part la dite Indulgence. ,,
Le bieheureux François, se ut de bonne heure le lendemain, appela Frère Massé de Marignan et se présenta avec lui au Pape. ‘‘ Saint-Père, lui dit-il, ‘“ il y a quelque temps j'ai réparé une ‘* église en l’honneur de la Vierge, la ‘{ :Mère du Christ. Je supplie Votre Säin- ‘‘ teté d’attacher à cette église une In- ‘‘ dulgence sans offrande, le jour anni- ‘{ versaire de sa consécration. ”?
‘ Le Pape répondit qu’il ne convenait pas d'accorder cette faveur, parce que celui qui veut une Indulgence : doit. la mériter par une œuvre. ,, ‘Et -comtien
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d anuées d’indulgence voulez vous que ‘ j'y attache? Sera-ce un an ? ou voulez- ‘© vous trois ans ? ”’ ‘ Le bienheureux François n'était pas sata et dit: ‘* O Seigneur Pape, ‘ qu'est-ce que cela? ”
‘Le Pape lui dit alors : ‘ Que voulez- * vous donc que je fasse pour vous?
‘"— Saint-Père, répondit François, qu'il plaise à votre Sainteté de me donner non pas des années, mais des âmes.
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— De. quelle manière voulez-vous des âmes ? ‘’ répliqua le Pape.
‘" Le Saint répondit : ‘‘ À cause des ‘* faveurs que Dieu a accordées à ce lieu, ‘{ je veux, qu’il plaise à Votre Sainteté ‘ que quiconque viendra dans cette égli- ‘se avec le cœur contrit, après s'être ‘* confessé et avoir reçu l’absolution d’un ‘* prêtre, selnn qu’il sera nécessaire, soit ‘* absous dans : ciel'et sur la terre dé la ‘ peine ét de la coulpe de tous les péchés
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‘ qu'il a commis, depuis le jour de son ‘ baptême jusqu'au jour et à l'heure de ‘ son entrée dans cette église. Je désire ‘: de plus qu'il n'ait pas d’autres condi- ‘tions à remplir. ”
‘ Le Pape lui répondit : François vou»
‘« né demandez quelque chose de bien ‘ graud et ce n’est pas la coutume de la « Curie romaine d'accorder une telle ‘* Indulgence. d
‘‘__ Sainteté, reprit François, ce que je vous demande, je ne vous le demande pas en mon nom, mais au nom de Jésus- Christ, qui m'envoie à vous. ””
“ Le Pape répondit : Et moi, je con- ‘ gens qu’il en soit ainsi. Je veux que ‘ vous l’ayez ; je veux que vou“ l'ayez ; :
‘ je veux que vous l’ayez.
‘« Que cela soit fait au nom du Sei- :
‘ gneur. ”” in AUEEE 4
‘ Dès.que les Cardinaux eurent entendu ces paroles, ils prièrent le Pape de révoquer cette Indulgence, alléguant qu’elle.
' serait préjudiciable à la l'erre-Sainte.
‘* Le Pape répondit : Je ne révoquerai ‘! pas ce que j’ai promis.
‘" -+ Considérez, Sainteté, répliquèrentils qu’en accordant une pareille faveur, vous ruinez l’Indulgence pour laquelle on va en Terre-Sainte et l’on n’estime-
ra plus celle de Saint-Pierre et Saint- ** Paul.
‘ Nous la lui avons donnée et concédée, répondit le Souverain Pontife ; et Nous ne pouvons ni Nous ne devons défaire ce qui est fait, ”’
‘* Les Cardinaux insistèrent / ‘‘ Restreignez-la au :noins autant que vous pouvez. ’’
‘‘ À quoi le Pape répondit : ‘ Nous
la modifierons de manière qu'elle ne s’étende qu’à un jour natur ’’
“Il fit ensuite venir François et lui dit : Nous vous accordons que quicon-
que entrera dans cette église, après
une bonne confession et le cœur con-
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‘ trit, soit absous de la peine et de la *‘ coulpe, et nous voulons que cette con:
“ cession vaille À perpétuité, mais seu- ‘ Jement pour un jour naturel, chaque ‘* année, à partir des premières Vêpres, ‘ y compris la nuit. jusqu'aux secondes ‘ vêpres du lendemain ”
‘“ Après cette réponse, François fit sa révérence et sortit du palais. Le Pape, le voyant partir, le rappela et lui dit :
‘ O homme simple, où allez-vous? Quelle ‘‘ attestation emportez-vous de cette con- ‘* cession ?
‘4 __ Saint-Père, répondit François, vo- ‘ tre parole me suffit. Si c'est l’œuvre ‘ de Dieu, ilaura soin de la manifester.
‘4 Je ne veux point d’autre document que ‘‘ la bienheureuse Vierge Marie, comme ‘ charte de concession, Jésus-Christ no- ‘4 taire, et les Anges témoins. “
Les choses en restèrent là pendant près d’un an. L’Indulgence accordée n'avait pas été fixée. François attendait ps: m.
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ment que le Sauveur, qui la lui avait accordée, en déterminât lui-même le jour.
Or, une nuit que le serviteur de Dieu priait dans sa cellule, près de la Portioncule, le tentateur essaya de le dissuader de se livrer à d'aussi dures pénitences.
‘* François, lui dit-il, pourquoi veux-tu mourir avant le temps ? Ignores-tu que le sommeil est absolument nécessaire corps ? À quoi bon faire tout cela ? N’« ce pas un crime d’être homicide de to:
même ? Tu es jeune encore et tu auras tout le temps de faire pénitence pour tes péchés. Pourqoi donc te tuer par les veilles et les prières ?
Aussitôt François reconnait l’antique menteur ; il se dépouille de ses vêtements, pénètre dans un fourré voisin de là et se roule dans les ronces et les épines en s’é- . Criant : ‘‘ Il vaut infiniment mieux pour
moi de partager la Passion de Notre-Seiguneur que de suivre les flatteries de l’ennemi. ‘‘
Quand son corps est tout ensanglanté, il se voit entouré d’une lumière éclatante et autour de lui il aperçoit des roses blanches et rouges. Auprès de l’église apparaissait une multitude d’Anges qui l’invitent à y entrer, car le Sauveur et sa Mère l'y attendent.
… François se voit alors revêtu d’une robe blanche ; il se lève, cueille douze roses blanches et autant de rouges, et se dirige en toute hâte vers le sanctuaire. Il lui semble que son chemin est recouvert de draperies de soie. On était au mois de janvier 1217,
Laissons parler encore notre chroniquete:
* Il entra dans la chapelle avec un profond respect et déposa les roses sur l’autel. Il aperçoit alors Notre-Seigneur Jésus-Christ et sa Mère entourés d’esprits célestes. Le Sauveur adresse la parole au bienheureux François en ces termes :
‘ François, pourquoi ne donnes-tu pas à ‘
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‘‘ ma Mère les présents que tu dois lui ‘‘ faire ? ”
‘* Comprenant qn'il s’agit des Âmes qui devront être sauvées par l’Indulgence de cette église, le Saint répond : ‘‘ Très ‘* saint Père et Seigneur du ciel et de la ‘‘ terre, daignez par votre grande misé- “ ricorde fixer le jour auquel je pourrai “ Jui faire ces dons, et que la bienheu- ‘‘ reuse Vierge votre Mère et l’Avocate ‘* du genre humain intercède pour moi. ’?
‘* La divine Majesté déclara alors que quiconque visiterait la chapelle depuis les premières vêpres le premier août, jusqu'aux vêpres du jour suivant, avec le Cœur contrit et après avoir confessé les péchés qu’il se rapellerait, aurait la rémission de teus les péchés commis depuis le jour du baptême jusqu’au jour et à l'heure de son entrée dans l’église,
‘ Le bienheureux François dit alors :
‘© Très saint Père, que faut-il faire pour ‘* que les hommes en aient connaissance ‘* et y ajoutent foi ?
‘© __ François, répond le Sauveur, cela se fera par ma grâce ; cependant va à Rome, auprès de mon Vicaire, et priele de publier gr faveur comme il le jugera à propos. ?
‘ François reprend : ‘‘ Mais comment
votre Vicaire ajoutera-t-il foi à mes
paroles et croira-t-il à un pauvre pécheur comme moi? ”?
‘“ Le Seigneur dit au bienheureux ‘ François : Prends avec toi, comme
Éémoins, quelques-uns de tes compa- * gnons qui ont entendu mes paroles, et
apporte à mon Vicaire les roses blan-
ches et rouges que tu as cueillies en ce mois de janvier dans le bois. ”
‘“ Toute cette conversation fut entendue par plusieurs Frères qui se trouvaient dans leurs cellules près de la chapelle, Saint François prit trois roses blanches et trois rouges en l'honneur de la très sainte et indivisible Trinité. Les Anges entonnèrent ensuite le 72 Deum, et la
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vision disparut.
‘ Le lendemain, François partit pour Rome avec trois de ses compagnons, emportant avec lui ses roses miraculeuses.
Ils se dirigèrent vers l’église de Latran et y trouvèrent le Pape Honorius. Le Bienheureux s’:pprocha de lui avec ses Frères et lui fit connaître tout ce qui s'était passé, Ses paroles furent confirmées par le témoignage des trois Frères et des six roses.
‘* Le Pape dit ensuite : ‘ Votre récit ‘“ est vraiment merveilleux et montre ‘* plutôt l’œuvre de Dieu que celle des ‘” hommes. Nous reconnaissons la véra- .“ cité de votre témoignage. Cependant ‘nous en parlerons à nos frères les Car.
‘* dinaux et nous demanderons leur avis ‘‘ en conseil secret, pour délibérer sur ce ‘© qu’il y aura à faire. ”’
‘* I ordonna à saint François de revenir le lendemain.
-“* Le jour suivant, François se présen-
ET à ta de bonne heure devant le Pape et lui dit : ‘‘ Digne Vicaire du Christ, accomi- ‘‘ plissez dans cette affaire le volonté ‘“ du Roi du ciel et celle de sa Mère, ‘! à qui est dédiée l’église de Sainte- ‘! Marie-des-Anges.
‘* — Frère François. répondit le Saint- Père, parlez devant tous mes frères les Cardinaux et faites-leur connaître “ quelle est la volonté du Roi du ciel et de sa Mère, quoique vous et vos Frères vous l’ayez déjà dit une fois ”?
‘“ Le bienheureux François répondit :
Sa volonté est que, depuis les vêpres du premier jour du mois d’août, quiconque entrera dans l’église de Sainte- Marie-des-Anges ou de la Portioncule près d’Assise, obtienne la réraission de tous les péchés commis depuis son bap.
tême et qu’il aura confessés à un prêtre avec un cœur contrit et humilié, et pour lesquels il aura reçu la pénitence.”” .“ Le Pape répondit : Frère François,
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vous demandez une chose bien grande, mais puisque le Roi du ciel, Notre- Seigneur Jésus-Christ, a exaucé votre prière sur les instances de la bienheureuse Marie toujours Vierge, nous écrirons anx Évêques d'Assise, de Pérouse, de Todi, de Foligno, de Spolète, de Nocera et de Gubbio, afin qu'ils se réunissent auprès de Sainte-Marie-des- Anges le, premier jour d'août et pu-
‘ blient devant les fidèls l’Indulgence
que vous desirez. ?? ‘‘ Après avoir reçu les lettres ponti-
ficales, le bienheureux François et ses compagnons se rendirent chez les Éréques désignés et leur présentèrent les lettres du Souverain Pontife. François décida avec eux que tous se réuniraient
Notre-Dame-des-Anges lé premier des
calendes d'août.
‘© Il fit construire une estrade ou tri-
bune en bois, sur laquelle il monta avec les sept Évêques. Une grande multitu-
de de fidèles s'étaient réunis autour de la chaire. Le bierheureux Fraçois dit alors aux Évêques : ‘‘ Qui d’entre vous ‘ s’adressera au peuple pour précher et ‘‘ annoncer le pardon ? ”’
‘* Après s'être concertés entre eux,
ils dirent : ‘‘ Frère François, d’après la
teneur des Lettres pontificales, nous devons suivre votre volonté.
‘{— Quoique je n’en sois pas digne,
repartit François, je veux néanmoins
dire quelques paroles à ce peuple ; j'annoncerai, selon l’ordre du Roi du ciel, l’Indulgence obtenue par l’intercession de sa Mère; et vous, selon
l’ordre du Souverain Pontife, son Vi-
caire, vous me soutiendrez de votre
autorité et vous l’annoncerez avec moi. ’’
‘{ Saint François se leva et se mit à prêcher avec tant d’onction, qu’on croyait entendre plutôt un Ange du ciel, qu’un. homme dc la terre. Le sermon
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fini, il ancnça l’Indulgence en ces termes: ‘‘ Quiconque viendra à cette église ‘* de Sainte-Marie-des-Anges et y entrera ‘‘ à partir des vêpres du premier des ‘{ calendes d'août jusqu'aux vêpres du ‘{ lendemain, pendant la nuit comme ‘* pendant le jour, obtiendra, quant à ‘{ Ja peine et quant à la coulpe, la rémis- ‘* sion de tous les péchés, connus ou ‘“ oubliés, commis depuis son baptême ‘{ jusqu’à ce jour, s’il s’est confessé et ‘{ s'ila reçu la pénitence d’un prêtre. ’’ Il ajouta que cette Indulgence aurait lieu chaque année, à perpétuité,
‘* Les Évêques crurent que saint François n'avait reçu du Pape qn’une Indulgence de sept ou dix ans, selon la coutume de la Curie romaine. Ils s’émurent donc en entendant ces dernières paroles.
‘{ François, dirent-ils, bien que le Pape ‘© nous ait ordonné de suivre votre volon- ‘té, il ne désire pas cependant que nous ‘“ la suivions en ce qui n’est pas convena-
‘{ ble: pour cela, nous allons annoncer
cette Indulgence pour dix ans seulement, ’”’ ‘{ François leur répondit : ‘‘ Mes Pères et Messeigneurs, j'ai fait ce que je devais faire selon l’ordre du Roi du ciel;:quant à vous, que Jésus-Christ et sa Mère vous fassent connaître votre devoir.
‘“ Alors l’Évêque d'Assise s’avança pour déclarer que l’Indulgence était accordée pour dix ans. Mais il plut à Dieu qu’il dit non ce qu’il avait l'intention de dire, mais littéralement ce que saint François lui-même avait annoncé.
‘* Les autres Évêques en furent formalisés, croyant qu'il l'avait fait à dessein, par amour pour l’église de Sainte-Mariedes-Anges, située dans son diocèse, et qu’en conséquence il se séparait de leur sentiment. E
‘* L'Évêque de Pérouse s’avança donc pour reprendre François et! Evêque d’ As-
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sise, et annoncer l’indulgence pour dix «ns seulement. Mais, comme dit le Prophète, il n’y a ni science, ni puissance, ni conseil contre Dieu ; bien contrairement mais conformément à la volonté du Christ et de sa Mère, il ne blâma ni saint François ni l’Evêque d'Assise ; il les loua au contraire, ainsi que leurs paroles, et, bref, il dit et affirma de l'Indulgence ce que les deux premiers en avaient dit et affrmé, sans qu’il lui fut prentiie de faire autrement.
‘* L’Evêque de Hilireo, celui de Spolète et enfin les trois autres s’adressèrent successivement au peuple, tous bien résolus de corriger les assertions précédentes, mais disant toujours comme saint François. ??
Le Saint, en annonçant cette faveur, avait un papier à la main et disait ; ‘‘ Je veux vous envoyer tous en paradis ; je vous annonce une Indulgence que j’ai obtenue du Souverain Pontife, et vous
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tous qui êtes venus aujourd’hui et tous ceux qui viendront tous les ans en ce jour, avec un cœnr contrit, vous gagnerez une Indulgence de tous vos péchés.
Je l'aurais voulue pour huit jours, mais je n’ai pu l’obtenir que pour ‘in jour. ”’ Le lendemain, les sept Evêqüues consacrèrent solennellement la petite église.
PRET à CN PUr SR