PORTIONCULE A ASSISE
Depuis <e jour mémorable, tous les ans, le 2 août, le: ropulations se portent en foule à là Portionc ule, pour gagner la cciébre Indulgence.
Il faut voir, dit un Auteur (1) qui, comme nous, a visité tous les Lieux sanctifiés par les miracles de saint Françuis d'Assise, il faut
(1) E. Chavin de Malar.
voir ces troupes de quinze mille, de vingt mille pèlerins arrivant de toutes les parties du monde et campant dans la plaine deux ow trois jours avant l'heure sainte. La journée est ordinairement consacrée à visiter la Basiliqued'Assise, le Tombeau de sainte Claire, saint Damien, tous les sanctuaires vénérés de ce paradis de l’Apennin, mais les bandes pieuses en chantant des cantiques aiment surtout à aller prier un instant dans l’humble et très ancienne chapelle du Couvent Delle Carceri.
Pour arriver à cette solitude chérie de saint François, il faut suivre une petite route qui serpente sur le flanc du Mont Subazio. Le pauvre Couvent occupé par les Pères Réformés est en partie adossé à un énorme rocher qui fait un côté du cloître. Au milieu d’une nature si pittoresque, si grandiose, en face-de ce monument des saintes douleurs de la pénitence, l'homme qui aime Dieu verse des lar-
es bien douces et des prières bien ferventes.
Le soir, après que chacun a pris son repas en famille, car il y a des familles entières, ou: avec des compagnons de route, les uns se reposent de leur long voyage, les autres racontent : d'édifiantes histoires, quelques- -uns chantent en s’accompagnant des instruments de leur pays. Sous ce cicl d'Italie, pendant ces nuits d'été si sereines, si calmes, les anges descendent sur la terre et recueillent, pour les pré-
senter à Dieu, toutes ces joies confiantes et ces douleurs résignée s. Les portes de la Basilique restent toujours ouvertes, et des confesseurs nombreux, assis au Tribunal de la Pénitence, : : sont occupés à panser et à guérir les blessures de l'âme.
L'intérieur du Couvent présente l'aspect d'un grand caravansérail où se serait arrêtée une nombreuse caravane. Tous les bons paysans des environs, qui, plus d’une fois dans l'année, ont accueilli le Frère Quêéteur, descendent de leurs montagnes et viennent à leur tour demander une hospitalité qu’ils n’ont jamais refusée. D'ailleurs le Couvent est par excellence la maison du peuple. Il s’y établit comme chez lui ; dans la cour, il met son âne, son cheval, et il se couche tranquillement dans ‘es corridors, dans les cloîtres et sur les mar. ches des escaliers. Tout le long de la route de Pérouse à Spolète, à plusieurs milles, des marchands dressent leurs boutiques, on y vend des vivres, des étoffes et surtout des chapelets, des médailles et autres petits objets de dévotion ; chacun veut emporter un souvenir, un gage qui doit charmer les embrassements du retour.
$ 6. -— LA MULTITUDE DES PÈLERINS A TRAVERS LES SIÈCLES DEUX GRANDES VISIONS.
Ce pèlerinage qui nous paraît encore si nom-