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pa’vles : “ O très Saint Seigneur, Roi du ciel, Kédempteur du monde, doux amour ! et vous, Reine des Anges, par quel excès de bonté descendez-vous du haut des Cieux dans cette Chapelle si pauvre et.si petite ?” Tout disparut, et François s'écria.x “ Véritablement, r'est ici un Lieu saint, qui'devrait être habité par des Anges, plutôt qué'par des hommes. Non, tant qu il sera en mé pouvoir, je ne men séparerai pas; il sera, pour moi et pour les miens un monument. ‘éternel de la bonté divine.”
Le serviteur de Diet rendant grâces au Seigneur et à ses frèrès les Bénédictins, se transporta sur le champ avec ses compagnons danssa nouvelle demeure qui fut toujours considérée depuis comm'é Te Berceau de l'Ordre des Frères Mineurs. Chaque année, en signe de reconnaissance, le ‘saint homme envoyait aux Religieux du Mont Soubase un panier de petits poissons pris dans la petite rivière voisine, se proclamant par là leur débiteur et leur tributaire ; etles Enfants de saint Benoît, charmés de tant de simplicité, envoyaient aussi chaque année, en retour, à Sainte- Marie-des-Anges, une mesure de leur meilleure huile pour assaisonner les mets des Frères ! :
Il y avait déjà plusieurs années que sainte Claire était dans sa tranquille solitude de
saint Damien (1), lorsqu'il lui vint le désir de révoir l'église de Sainte-Marie-des Anges, où elle avait renoncé au monde. Et, admirable simplicité des âmes innocentes! elle avait aussi le désir de prendre un repas: dans le couvent, avec François, son père spirituel. A cette époque les règles de la clôture n’existant pas encore, le Saint.pouvait lui accorder cette pieuse satisfaction. Plusieurs fois elle en fit la demande, et François lui refusa constaminent la permission. Ses compagnons qui connaissaient le désir de la Sainte, lui dirent un jour: “ Père, il nous semble que la rigueur dont vous usez envers sœur Claire n’est pas inspirée par la divine charité. Cette vierge si sainte et si chère de Dicu souhaïte prendre un repas avec vous, et vous refusez de la sa-
‘tisfaire dans une those de si peu d'importance.
Vous oubliez donc que c’est à votre voix qu'elle a renoncé à toutes les richesses et à toutes les pompes du siècle? A vous dire:
vrai, vous demandât-elle quelque faveur bien plus grande, elle est votre fille spirituelle, et vous ne devriez par la désobliger.
Vous croyez donc, répondit le saint, que je dois me rendre à ses désirs ? — Oui, Père, reprirent les Frères, sœur Claire mérite que vous lui accordiez ce qu’elle vous demande.
(1) Voir la Vie de saint François.
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Eh bien! répliqua saint François, votre avis est le mien, je consens, et, pour procurer à notre Sœur une grande consolation, je veux qu'elle vienne prendre ce repas à Sainte- Marie-des-Anges. Depuis longtemps déja elle est renfermée à Saint-Damien, ce sera pour elle un bonheur de revoir ce couvent où elle a déposé les livrées du siècle pourse faire l'épouse de Jésus-Christ ; c'est là que rous mangerons ensemble au nom du Seigneur.” Au jour convenu pour ce repas, sainte Claire sortit de son monastère avec une de ses compagnes, et, conduite par quelques-uns des Frères, se rendit à Sainte-Marie-des-Anges.
Lorsqu'elle y fut arrivée, elle alla se prosterner au pied de l'autel devant lequel on lui avait coupé les cheveux et donné le voile, puis en attendant l’heure du repas, on la conduisit visiter le couvent. Pendant ce temps saint François faisait tout préparer ; et, suivant son usage, il voulut que les mets fussent posés à terre. Enfin, à l’heure indiquée, lui-même avec un de ses compagnons, et la Sainte avec sa compagne, se rangeérent autour des mets qu'on avait disposés et les autres Frères prirent “place. Au premier mets, le Saint se mit à parler de Dieu avec tant de suavité, de profondeur et d’éloquence, que l'abondance divine descendant bientôt sur ceux qui l’écoutaient, tous se sentirent ravis en extase, et ils se te-
maient les mains et les yeux levés vers le ciel. En ce moment les. habitants d'Assise, de Bettone et des environs virent l’église de Sainte- Marie-des-Anges, tout le couvent et les bois 4 * ‘tellement enflammés, que tout paraissait en à proie à un immense incendie. Dès qu'ils aper- | Ççurent les flammes, les habitants d'Assise s'empressèrent d’accourir pour les éteindre ; mais arrivés près du couvent et se voyant ù à ‘trompés, ils entrèrent et trouvèrent saint François, sainte Claire et tous ceux qui les accompagnaient ravis en Dieu par la contemplation <t assis autour de quelques pauvres mets. [ls comprirent alors que c'était un feu divin et non pas un feu matériel que Dieu avait fait apparaître miraculeusement, voulant signifier par là les flammes du divin amour dont \ £taient embrasécs ces saintes âmes. Ils se reti- 1 rèrent édifiées et le cœur rempli deconsolation. Après une longue extase, saint François, sainte Claire et tous les autres convives revinrent à eux et se sentirent tellement rassasiés de la nourriture spirituelle qu’ils venaient de recevoir qu'ils ne songèrent plus aux mets grossiers qu’on avait disposés. Ainsi se termina ce repas béni ; et sainte Claire, suivie de sa compagne, reprit le chemin de son monastère (1). |
{1) Ceci se passa en l’année 1221:
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