SI. — ORIGINE DE SAINTE-MARIE-DES-ANGES
Après avoir parlé de. P Indulgence de la Portioncule et du bien immense qu’elle a produit dans les âmes, à travers les siècles, que le pieux Lecteur nous permette de jeter maintenant un coup d'œil rapide sur l’humble Oratoire qui a été témoin de tant de merveilles et qui est devenu aujourd'hui si célèbre dans le monde éntier. Saint Cyrille, patriarche de Jérusalem, raconte dans une lettre à l’empereur Constance qu'en l’année 351, apparut dans les airs, une Croix lumineuse, plus resplendissante que le soleil. Cette Croix i immense, vue en plein jour, s'étendait depuis la montagne du Calvaire jusqu’au sommet du Mont des Oliviers.
Peu de temps après cette céleste apparition quatre pieux ermites quittèrent Jérusalem, pour aller à Rome, visiter le tombeau des saints Apôtres, et s’établirensuite en Occident. Le plus riche trésor qu'ils portaient avec eux était un fragment du Tombeau de la Saïnte
Wierge Marie que saint Cyrille leur avait don- “mé avant leur départ. Les quatre Pèlerins de Terre-Sainte reçurent du Pape, à Rome, le conseil de s'établir dans la vallée de Spolète : ‘ils'se rendirent à Assise, et bâtirent dans la “plaine, à deux milles de la ville, un petit ermi- ‘tage, avec une modeste chapelle. C'est là qu'ils “déposèrent la précieuse Relique du Tombeau “de la Vierge : l’humble sanctuaire fut dédié à Ha Mère de Dieu, sous le titre de Sainte-Marie «äle Josaphat, en mémoire de la célébre vallée «où repose k Tombeau vide de la Reine des “Cieux. ; Les pieux ermites ornèrent en même temps A’autel d’un tableau représentant l’Assomption ‘de Marie montant aux cieux au milieu d’une multitude d'Anges. De là le nom donné ensuite par les Fidèles de Sainte-Marie-aux-Anges “ou Sainte-Marie-des-Anges. Ce titre fut con- #firmé enfin par les fréquentes apparitions des Esprits Célestes. Ce pieux sanctuaire, délaissé . Ansensiblement, on ne sait trop pourquoi, par “ses premiers desservants, fut donné, en 516, au nouveau patriarche des Moines d'Occident saint Benoît. Les Religieux du Mont Cassin ‘%e desservirent pendant plusieurs siècles. Duant ce temps, les Anges y firent de fréquentes apparitions, et faisaient entendre la nuit des hymnes célestes. Les Moines y virent plusieurs tois unc échelle mystérieuse atteignant jus-
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qu'au ciel, et le long de laquelle les Anges: montaient et descendaient en chantant les louanges de Notre. Seigneur et de sa divine Mère. |
Les Moines du Mont Cassin furent remplacés par les Bénédictins de Cluny, qui, à leur tour, cédèrent la petite chapelle aux Cisterciens. En 1075, le petit couvent se trouvait. tellement délabré qu’il était devenu inhabitable pour une Communauté. Les religieux se retirèrent tous dans l’abbaye voisine du Mont: Soubase, et la petite Chapelle devint la prapriété de cette abbaye.
Entre temps les âmes pieuses continuaient à sc rendre.à la petite Chapelle pour implorer la Protection de la Reine des Anges. Parmi elles se trouva la Dame Pica qui obtint par l’intercession de la douce Reine des Cieux, la naissancedeson premierné François, apressept ans de mariage. Dans la suite, la pieuse mère se plaisait à continuer ses visites à l’humblesanctuaire; et elle avait soin de se faire accompagner du petit François, pour imprimer dans son jeune cœur un vif amour pour Dieu et la.
Reine des Anges.
“ François aima ce lieu, dit saint Bonaven+ ture, plus qu'aucun autre au monde : là, il commença son œuvre dans l'humilité : là, il la continua avec générosité: là, il la couronna heureusement. À la mort, il le recommanda à ses
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Frères, en déclarant qu'il était particulièrement cher à la Sainte Vierge Marie.
Saint François, on le sait, d'après un avertissement du ciel, restaura au commencement de sa conversion trois églises, ou oratoires, celle de saint Damien, celle de saint Pierre, et la troisième, cellé dont nous venons de parler, Sainte-Marie-des- Anges.
Cette dernière église, une file restaurée,
J’ho.ime de Dieu la choisit de préférence aux
deux autres : il y passait les jours et les nuits, dans de ferventes prières. Il conjurait avec larmes la charitable Mère de Jésus, de lui obtenir de son divin Fils de Jui montrer clairement les voies de la perfection évangélique.
Or, un jour qu'il assistait dans cette église à une messe qu'il. avait prié le vertueux prêtre
de saint Damien de lui dire en l'honneur des
saints Apôtres, il médita profondément ces paroles du Saint Evangile :
. Partout où vous irez, annoncez que le royaume de Dicu est proche. Rendez la santé aux malades, ressuscitez les morts, guérissez les lépreux, chassez les démons. Donnez gratuitement ce que vous + vez reçu gratuitement. N'ayez ni or, ni argent, ni aucune monnaie dans votre bourse, ni un sac pour le voyage, ni deux tuniques, ni souliers, ni bâton.” La
‘lumière était faite pour François; l'avenir
a’avait plus pour lui de nuage, Notre-Scigneur
lui-même lui traçait sa voie. “ Voilà ce que je cherche, s'écria-t-il, tressaillant d’allégresse, voilà ce que je désire de toute l’ardeur de mon âme.” À l'instant.même il quitte son bàton, jette sa bourse avec, horreur, Ôte ses souliers, et échange sa ceinture de cuir contre une grosse corde. Sa pauvre, tunique d'ermite lui paraît trop belle et trop'délicate: il l'échange contre une autre plus’ grossière ct plus rude. Enfin ne respirant plus.que pauvreté, humilité, abjection, il choisit le-vétement le plus simple, le plus vil, le plus propre à s’attirer les raille. ries et les humiliations,
De ce jour (1208) däte véritablement le commencement de la Famille Franciscaine, de cet Ordre des Frères-Mingeurs qui devait en quelques années soin jusqu'aux extrémités te la terre, fiers
% .' , / N 2. — SAINT FRANÇOIS QUITTE Rivo-ToRTO POUR SE RENDRE A SA CHÈRE PORTIONCULE UNE SÉRIE DE MERVEILLES
La cabane de Rivo-Torto était devenue trop étroite pour les nouveaux disciples déjà au nombre de douze (1): delà le Saint prit occasion de leur dire: “ Dieu, mes Frères, a daigné, dans sa bonté, me faire -connaître qu'il veut augmenter notre pauvre famille. Mais comment admettre les Novices, sans un endroit
(1) Voir la Ve de saint François.
pour vous placer tous. Nous avons besoin d’une demeure plus spacieuse, aussi bien. que d’une petite église pour entendre la Messe, pour dire l'Office et pour faire reposer.en paix ceux des nôtres qui vieñdront à mourir. Allons -donc trouver notre Seigneur l’'Evêque et les Chanoiïnes. Prions-les:instamment pour l’amour de Dieu de nôûs l’accorder ; et, s'ils ne le peuvent pas, nousirons demander la même grâce aux Religieux du Mont Soubase.”
L'Evêque d'Assise et les Chanoiïnes ne purent le satisfaire, parte qu’ils n'avaient aucune église en leur disposition. Mais l’abbé du Mont Soubase, avec le conseritement de sa communauté, lui accorda pour lui et pour ses frères, . la chapelle de Sainte-Marie-des-Anges, qu il avait restaurée : et lE pieux abbé y mit cette condition que si l'Ordre. de François venait à s'étendre, elle en serait toujours regardée comme l’origine, le Cheflieu, la Maison Mere.
François accepta l'offre et les conditions avec de grandes actions de grâces, et vint en faire part à ses Frères, leur témoignant sa joie d'avoir pour première église de son Ordre une. église de la Sainte Vierge, très petite et très pauvre, donnée par aumône, et dans laquelle il avait pris lui-même la forme de vie apostolique.
Le même jour, François, dans sa joie naïve empressée, reconnaissante, court à Ste-Marie-
n des-Anges, où der:eure un saint prêtre d’Ase .: ‘sise, nommé Pierre Mayancoli, à qui le soin 3, É de la petite Chapelle avait été confié, lors de K sarestauration. Jllui raconte tout ce qui vient s de se passer, lui insinuë dé trouver bon qu'il S y vienne demeurer averses Frères, le prie de - céder encore sa petit&’maison attenante à e l'église et la petite parcélié de terre qui l’avoie sine, et d’où est venu à’ee Lieu béni le nom de Portioncule.
- Pour toute réponse le vertueux prêtre eme brasse le Saint et l'assuré qu'un de ses plus it grands désirs, c'est de voir la Sainte Vierge 1- honorée et louée dans-ce saint Lieu qu’elle - aime, et où l’on entend des concerts angéliil ques. Et pour preuve du fait, il fait venir ime médiatement un laboureur du voisinage qui à cértifie que plusieurs fois, pendant la nuit, il a e entendu chanter dans cette église des canti- "À ques mélodieux et vu sortir des fenêtres une s très grande lumière.
n François allait être à son tour, et sans délai, e l’heureux témoin d'une autre merveille.
e. Etant en oraison, la nuit suivante, pour re- S commander son Ordre naissant à la très sainte e Vierge, il vit sur l’Autel, à la faveur d’une
)- 4 éclatante lumière, Notre- Seigneur Jésus-Christ, [fr sa très sainte Mère et une multitude d'Anges
qui le regardaient avec beaucoup de douceur.
> | Le Saint tomba en adoration et prononça ces