‹ La Postérité d'un bourgmestre, extravagance en 1 acteChapitre 1 sur 26 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

MADAME VAN BRUCK, DURAND (bourgmestre),

M. VAN BllUUK.

DURAND (bourgmestre), en ‘costume de bourgmestre, assis entre M. et madame Van Rru-k, qui se tiennent debout.

M. et madame Van Bruck, je vous donne cinq minutes, pas davantage... Avant d’êire bourgmestre, j’étais brigadierdiinâ les carabiniers de Flandre. C’est aujourd'hui l'anniversaire de la prise d'Anver>, et, comme ancien militaire, je suis convié pour la grande cérémonie... J’étais déjà re\êlu de mon uniforme, quand vous avez frappé à ma porte; j’ai dissimulé le guerrier sous la robe du magistrat; le soleil va paraître, je vous donne cinq minutes : parlez.

VAN BRUCK

Monsieur le bourgmestre, voici de quoi il s’agit...

DURAND (bourgmestre).

Allons vite... Que demandez-vous, monsieur Van Bruck?

VAN BRUCK

Je demande le divorce, monsieur le bourgmestre.

DURAND (bourgmestre).

El vous, madame Van Bruck?

MADAME VAN BRUCK

Moi aussi, monsieur le bourgmestre, je ne veux pas contrarier mon mari.

DURAND (bourgmestre) •

Et pour quelles raisons?... Est-ce que votre femme est méchante?

VAN BRUCK

Non, monsieur le bourgmestre.

DURAND (bourgmestre).

Aurait-elle commis des légèretés ?

VAN BRUCK

Oh ! jamais I

DURAND (bourgmestre).

Serait-elle dépensiè/e?

MADAME VAN BRUCK

C’est lui qui tient la bourse.

DURAND (bourgmestre).

Elle vous bat peut-être?

MADAME VAN BRUCK

Oh! je l’aime trop pour ça!

DURAND (bourgmestre). 1

Alors, si ce n’est pas trop indiscret de ma part, je demande pourquoi vous demandez le divorce.

VAN BRUCK

Pour compatibilité d’humeur, monsieur le bourgmestre.

DURAND (bourgmestre).

Pour incompatibilité d’humeur?... Très-bien.

VAN BRUCK

Non pas ; j’ai dit pour compatibilité d’humeur.

DURAND (bourgmestre).

Je voudrais saisir... je ne saisis pas.

VAN BRUCK

Voilà!... Quand jedésire une chose, ma femme désirejuste la même chose; quand je veux aller à droite, elle dit : « Allons à droite; > le> plats que j’aime, elle lesadore; je dis blanc, elle dit blanc... Celte similitude dans nos g nils, dans nos idées, dans tout entln, jette dans notre ménage une monotonie abrutissante... L’existence m'est devenue insupportable; j’ai besoin de variété, de tracas, et ma femme n’a jamais pu comprendre que c’est la pluie qui fait aimer le beau temps... Voilà pourquoi je demande le divorce.

DURAND (bourgmestre).

Qu’avez- vous à répondre, femme Van Bruck?

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