SCÈNE IX
Ratinois, puis Robert
Ratinois. — Une livrée ! . . . Nous n'avons que s Joséphine.
Robert (entrant). — Me voilà !
Ratinois. — L'oncle Robert !
Robert. — Je suis en avance, mais je t'apporte un appétit ! . . . 10
Ratinois (à part). — Ça tombe bien ... Il faudrait trouver un moyen de le désinviter en douceur.
Robert. — En passant, je suis entré chez Lesage, et j'ai acheté un pâté ... Je l'ai remis à Joséphine. 15
Ratinois. — Ah ! ce brave oncle Robert, qui a pensé à acheter . . .
Robert. — Veau et cœur de jambon.
Ratinois. — Ah ! mon Dieu ! mais j'y pense . . .
Robert. — Quoi ? . . . 20
Ratinois. — Répondez-moi franchement, je crois que je vous ai invité à dîner ?
Robert. — Certainement.
Ratinois. — Là ! j'en étais sûr.
Robert. — Eh bien ? . . . 25
Ratinois. — Eh bien, c'est impossible, nous dînons en ville. Ma femme viçnt de me le rappeler.
Robert. — Ah ! c'est ennuyeux.
Ratinois. — C'est chez les Blanchard. Pas moyen de refuser ... ils ont reçu du gibier.
Robert. — Je comprends ça.
5 Ratinois. — Ainsi, vous n'êtes pas fâché? . . .
Robert. — Allons donc, entre nous ... Et mon pâté? ...
Ratinois. — Nous le mangerons démain ; nous comptons sur vous . . .
lo Robert. — C'est convenu. Adieu ! amusez-vous bien.
Ratinois. — A demain.
Robert {revenant), — Une idée! . . . J'ai quelque chose à dire aux Blanchard ... il se peut que j'aille 15 prendre le café avec vous.
Ratinois (à part), — Ah diable !
Robert. — A ce soir. (// sort par le fond.)