‹ La poudre aux yeux (volume 2)Chapitre 25 sur 31 · SCÈNE XIL · texte numérisé non relu

SCÈNE XIL

Eatinois, Malingbae.

Eatinois (à part). Nous voilà seuls ... Ce n^est pas commode à attaquer cette a£^aire-là! .

ALINGEAB (a part). Comment diantre aborder la chose!. . .

RA.TINOIS {s'^ approchant). Mon cher Malingear, c'est bien aimable à vous d'avoir accepté notre petit dîner!

Malikgeab. Vous y avez mis une insistance si affectueuse!. ..

Eatinois. Oh! c'est que je vous aime, moi!

Malingear. Moi aussi, allez!

Ratinois (lui serrant la main). Ce bon Malingear I

Malingear {de mêine). Excellent Batinois!

RA.TINOIS {à part). Tout ça, c'est du sentiment. .. a nous éloigne! (Haut.) Tantôt, nous avons causé e la dot un peu^ superficiellement . . .(Ils s^ asseyent près de la table à gàUche.y"

Malingear (à part). Il y vient de lui-même! . . . (Haut. ) En effet, très superficiellement . . . Vous avez parlé de cent mille francs.

Ratinois. Oh! c'est un chiffre que j'ai jeté... comme ça, en l'air. . .mais ça ne vous lie pas.

Malingear. Je disais aussi ... un gros raffineur . . .

Ratinois. Et vous, un médecin illustre. . .qui reçoit quatre mille francs d'un coup!. . .

Malingear. Oh ! moi ? . . .

Ratinois. Je les ai comptés . . . Tenez, je suis disposé à faire un sacrifice. . .ie donnerai l'argenterie!

Malingear (étonne). Ah!

Ratinois. Et vous ? . . .

Malingear. Moi?. . .J'offre la garniture de cheminée du salon.

Ratinois (étonné). Ah! (À part.) Il feut lui mettre les points sur les i! (Haut.) Malingear, il faut nous dire une chose . .c'est que tout a augmenté.

Malikqeab. C^est vrai. Et tel qui était à son aise autrefois avec dix mille francs de rente, se trouve aujourd'hui fort gêné.

Katinois. Voilà! Et nous ne voulons pas que nos enfants soient gênés?

Malingeab. Certainement, nous ne le voulons pas.

RA.TIN0IS. Voyez-vous votre fille, votre fille chérie, obligée de regarder à s^acheter une robe ou un cachemire?

Malingeab. Et votre fils... votre fils unique, réduit à vivre d'expédients?

Ratinois. Oh! ne parlons pas de mon fils . . .un homme se tire toujours d'affaires ... Mais elle... la pauvre enfant!. . .qui est votre joie, votre amour... car vous l'aimez bien votre fille ?

Malingeab. Presque autant que vous aimez Frédéric.

Eatinois. Oui. . .Ne parlons pas de Frédéric. . . parlons d'Emmeline ... Il faut lui faire, à cette enfant, une existence de soie et d'or.

Malingeab (pénétré). Oh! merci pour elle!

Eatinois. D'où je conclus qu'il y a lieu d'augmenter la dot.

Malingeab. C'est tout à fait mon sentiment.

Ratinois. Eh bien . . . fixez vous-même . , . J'accepte d'avance.

Malingeab {à part). Ah! très bien!. . .Parlezmoi des commerçants. {Haut.} Je pense qu'en donnant cent cinquante mille francs . . .

RA.TIN0IS. Ah! Malingear.. ce n'est pas assez!

Malingeab. Alors, mettons deux cent mille.

Ratinois {se levant). C'est convenu! Moi je donne l'argenterie, et vous deux cent mille . . .

Malingeab (se levant). Comment!.. .C'est vous qui les donnez.

Ratinois. Moi? Par exemple!

Maliî^geab. Pourquoi moi et pas vous?. . .

Ratinois. Parce que, dans votre position. . .un homme qui a voiture, loge aux Italiens et un chas* seurl...

Malikgeab. Mais vous avez aussi une yoitnre^ ane loge aux Italiens^ et un nègre. . .ce qui est plus cher!

Ratikois. Moi^ moi I... Ce n^est pas la même chose I

Malingeab. Pourquoi ? ... A moins que vous n*affichiez un luxe au-dessus de votre position ? . . .

Ratinois. Du tout! Elle est superbe, ma position! . . .Elle est magnifique^ ma position!

Malikgear. En bien, il est de toute justice que nous donnions autant Tun que Tautre . . . Chacun deux cent mille francs. . .{A part.) J^ai vingt-deux mille livres de rente, il m'en restera douze.

Ratinois {à part). Saprelottel j'ai dix-sept mille livres de rente, il ne m'en restera que sept! C'est impossible!

Malin GBAR. Vous hésitez . . . pour une misérable question d'argent?

Ratinois. Je n'hésite pas! Cent mille francs de plus ou de moins . . . qu'est-ce que vous voulez que ça me fasse? J'offre trois cent mille francs! Voilà comme j'hésite!

Malingear (étonné). Hein ! . . . trois cents ? . . .

RA.TIN0I8 (à part). Je vais le pousser jusqu'à ce qu'il recule... et, alors, je romps!, .(^aw/.) Vous reculez?. . .

Malingeab. Du tout, je réfléchis . . .{A part. ) Trois cent mille francs, c'est impossible!. . .11 n'y a qu'un moyen; c'est d'élever la dot jusqu'à ce qu'il dise non . . . Alors, tout sera rompu . . . {Haut, ) Je propose quatre cent mille.

Katinois. Ce n'est pas assez . . . Cinq cent mille ! . . .

Malingear. Ce n'est pas assez . . . Six cent mille ! . . .

Batikois. Ce n'est pas assez . . .

Page 1