‹ La poudre aux yeux (volume 3)Chapitre 13 sur 89 · SCÈNE XII · texte numérisé non relu

SCÈNE XII

Malingear, Madame Malingear, Emmeline, Ratinois, Madame Ratinois

{Madame Ratinois est en grande toilette. M, Ratinois porte un habit ^ une cravate blanche et des gants blancs,)

25 Madame Ratinois. — Madame . . . Ratinois. — Docteur . . .

Madame Malingear (à madame Ratinois), — Quelle heureuse surprise ! Etes-vous enfin décidée à prendre Tappartement ?

Ratinois. — Non, nous ne venons pas positivement pour ça . . . {A part.) Dieu! que je suis ému! -5

Malingear {à Ratinois), — Votre indisposition se serait-elle aggravée ?

Ratinois. — Merci, ça ne va pas mal.

Madame Ratinois. — Nous venons pour autre chose ... 10

M. et Madame Malingear (feignant V étonnement) . — Pour autre chose ? . . .

Emmeline [à part). — Le père a une cravate blanche . . . c'est pour la demande . . . (0;z s^ assied ; Emmeline reste debout près du piano.) 15

Ratinois {très ému) . — Nous avons une communication à vous faire . . . une de ces communications . . . {A sa femme.) Parle, toi.

Madame Ratinois. — Intime et confidentielle . . .

Emmeline. — Maman, mon professeur de dessin est 20 là qui m'attend.

Madame Malingear. — Va, mon enfant.

Malingear {à part). — Est-elle intelligente !

Emmeline {saluant). — Madame . . . monsieur . . .

M. ET Madame Ratinois. — Mademoiselle ... 25 {Emmeline sort.)

Malingear. — Nous voilà seuls.

Madame Ratinois {bas, à son mari). — Parle . . . courage ! . . .

Ratinois {bas). — C'est inutile ... ils ne voudront 30 pas.

Madame Malingear. — Nous vous écoutons.

Ratinois (très ému) , — Monsieur et madame ... je suis père . . . j'ai un fils unique . . . Frédéric . . .

Malingear. — Nous le connaissons.

5 Madame Malingear. — Un charmant jeune homme . . . qui veut bien quelquefois honorer nos salons de sa visite . . .

Ratinois (bas ^ à sa femme). — Nos salons ! . . . Tu vois, ils ont plusieurs salons ... ils ne voudront 10 jamais.

Madame Ratinois (à son mari), — Mais va donc . . .

Ratinois. — Ce jeune homme, qui est avocat, n'a pu voir votre demoiselle . . . votre honorable demoiselle . . . sans songer à une alliance . . . qui 15 l'honorerait ... en nous honorant . . . s'il pouvait entrer dans votre honorable fam.ille . . . que tout le monde honore.

Madame Malingear (jouant Vétonnement.) — Comment ! . . .

20 Malingear (de même) . — Est-il possible ! . . .

Ratinois (bas^ à sa femme), — Là ! ... tu vois? . . . Allons-nous-en.

Malingear. — Monsieur, je vous avoue qu'une pareille demande . . . faite à l'improviste . . . nous 25 surprend un peu.

Ratinois (de même.) — Allons-nous-en.

Malingear. — Un mariage est une chose délicate . . . et nous vous demandons la permission de nous consulter ... de réfléchir.

30 Madame Ratinois. — Comment donc ! . . . c'est tout naturel.

Madame Malingear. — Dans quelques jours nous vous ferons connaître notre réponse. {On se lève.)

Ratinois (à part). — Ils ne refusent pas. (Haut.) Ah ! madame ! . . . Ah ! docteur ! . . . Ah ! ma femme ! . . . 5

Madame Malingear (bas, à son mari). — Eh bien, la poudre aux yeux ? . . .

Malingear {de même). — C'est admirable. Je suis converti. {Très haut , à sa femme.) Chère bonne . . . priez la femme de chambre de dire au domestique de 10 dire au cocher d'atteler Brillante et Mirza ... Je dîîie chez la duchesse.

M. ET Madame Ratinois {avec admiration). — Chez la duchesse ! . . .

Malingear {à part). — Vlan ! dans les yeux ! ... 15

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