SÉANCE DU 9 JANVIER
s’éteignait dès la fin de septembre ou le commencement d octobre. J ai relevé, sur une rangée prise au hasard dans le champ, le nombre de pieds sains, de pieds atteints au cœur par la maladie, mais végétant encore, et de pieds morts. J’ai considéré comme sains tous ceux dont le cœur n’avait pas été atteint. En voici le nombre : Betteraves saines, 177; atteintes au cœur mais végétant encore, 332; mortes, 32. Le nombre des pieds atteints au cœur ou morts est donc plus du double de celui des pieds sains.
On voit quelle perte énorme a causé la maladie de la pourriture du cœur dans le cas particulier que j’ai étudié. La connaissant mieux, on pourra, j’espère, à l’avenir en arrêter le développement. Puisque c’est sur les pétioles des feuilles que se forment les premiers foyers du mal, on devra, dès que l’on verra les feuilles des Betteraves s’abaisser fortement vers le sol et ne point se relever pendant la nuit, couper toutes celles qui présentent de grandes taches blanchâtres à la surface de leur pétiole. On évitera ainsi, je pense, si l’opération est faite à temps, que le mal ne gagne le corps même de la Betterave, et on empêchera la pourriture du cœur de se produire.
Depuis mon retour à Paris, j'ai examiné, avec le concours du chef des travaux de mon laboratoire, M. le D r Delacroix, de très nombreuses
feuilles de Betterave tuées par la maladie et que j’avais cueillies au moment de l’arrachage. Nous avons trouvé alors en abondance des périthèces d’un Sphærella qui nous a paru être une espèce nouvelle correspondant probablement au Pliyllosticta qui avait tué les feuilles au commencement du mois de septembre. Nous proposons de lui donner le nom de Sphærella tabifica.
M. Devaux fait à la Société la communication suivante :