LEURS
comparable, quoique plus faible et moins constante. A côté de ces grands médicaments spécifiques, on ne compte plus les produits (urotropine ou autres) dont l'emploi a pu amener des phénomènes comparables, quoique d’une manière très inconstante ; de même, on pourrait signaler des cas beaucoup plus rares où les arsénobenzols n'ont donné aucun effet thérapeutique.
Des constatations analogues, peut-être même plus concluantes, ont été faites avec les divers corps employés dans le traitement chimiothérapique des trypanosomiases.
Nous ne possédons aucun moyen pratique de voir le bacille de Koch disparaître des lésions tuberculeuses comme on peut voir le tréponème disparaître des plaques muqueuses ou le trypanosome, du sang circulant, cette disparition, d’ailleurs, ne prouverait rien, pouvant être momentanée, tréponème et trypanosome réapparaissant lors d’un traitement insuffisant.
La régression des lésions est plus évidente. Cependant, dans nombre de cas, une poussée, ou plutôt cet ensemble de phénomènes que nous avons désigné sous le terme de « poussée » thérapeutique, peut précéder la régression. Dans Ja syphilis traitée énergiquement, on peut envisager, au début, des réactions analogues (réaction d'Herxheimer) due, semble-t-il, à la mise en liberté des toxines contenues dans le germe, ce germe détruit, ses poisons agissent rapidement, Mais, ici, la réaction est quelquefois tardive : elle ne semble pas tant aggraver la maladie que chercher, par une essai de réaction locale, la disparition du foyer en tant que corps étranger plutôt qu'il n'y a pas exallation de virulence du microbe lui-même.
Ce mot de poussée semblerait s'appliquer aux phénomènes dûs à une plus grands agressivité du germe causal, Son emploi est certainement défectueux, mais le phénomène est si net en clinique, qu'aucune dénomination ne saurait mieux convenir.
IT
La conception de thérapeutique spécifique, si intéressante soil-elle, ne peut tout englober : nous manquons des données suffisantes pour bien expliquer l'action d’une chimiothérapie. S'il est beau de savoir guérir un malade en sachant ce que l'on fait, il est encore très utile de savoir le guérir empiriquement.
Dans le cas particulier du traitement par les Pélospanines sachons nous contenter des résultats pratiques obtenus, sans trop nous laisser influencer par les travaux expérimentaux
AAC
qui en ont constitué la base théorique, en notant que cette thérapeutique, efficace dans certains cas, est décevante dans d’autres. |
Il est permis de chercher à reconnaître les cas où le traitement pourra agir plus ou moins bien.
Nous avons déjà pu déceler certaines modalités purement cliniques où la thérapeutique semblait mieux réussir, et d'autres où nous déconseillions, provisoirement tout au moins, l'emploi de cette thérapeutique.
La conception de la chimiothérapie agissant par réaction de l'organisme, nous a amené à chercher si on ne pouvait déceler des modifications de l’état humoral traduisant cette réaction.
Ceci existe en syphiligraphie : nous avons eu recours d'abord à des réactions analogues.
Faisant faire systématiquement la réaction de Wassermann chez nos malades, pour éliminer toute syphilis, nous avons recherché assez souvent, avec des méthodes dites sensibles, s'il ne se produisait pas sous l'influence du traitement par les Pélospanines, une modification de cette réaction humorale, nous n'avons jamais rien constaté de ce genre.
Les réactions de fixation, vis-à-vis d’un antigène tuberculeux, se sont montrées trop inconstantes pour qu'on puisse encore en faire état.
La constatation d'une veine saignant anormalement chez certains malades (obs. 43, par ex.) à la suite de l'injection de Pélospanines, phénomène se répétant chez ces malades de facon constante nous a incité à chercher des modifications de la coagulation sanguine.
Nous résumons les constatations faites.
Sang des sujets normaux (MM. V., G., T.).
ARR rapide, rétraction du
Sang normal pur. ter
Coagulation un peu retardée mais se faisant en moins de 10 minu- Les,
Sang auquel on ajoute in vitro 1/2 c.c. de Pélospanines.
Sang pris ayec une seringue ayant corne de Ja Pélospanine €t | Absence de coagulation. Hémolyse ayant SEE MU 10Jeeton (traces Jégère (due au sang étranger). de Pélospanines et sang d’un malade traité).
PS AG S Sang des sujets traités (obs. 27, 43, 28, 4o). :
HASTOUr EE : À Coagulation rapide.
PER c TRE Rétraction du caillot,
rapide.
Hémolyse.
Pas de coagulation, sedimentation Après la piqüre. ) \
PS 2° jour PRES Coagulation en 5 minutes.
Avant la piqûre { Rétraction du caillot.
\ Hémolyse nette.
PI ER Sédimentation.
On ne peut retourner le tube
Sang recueilli à l'autre bras avec qu'environ 1 h. après, Le temps
une seringué neuve. le plus court de coagulation a été de 37 minutes.
Le temps de saignement au lobule de l'oreille (obs. 28, 40) s’est toujours montré normal.
Nous n'avons pu, faute de sujets s’y prêtant, chercher, dans tous les cas, ces réactions, ni les suivre au cours des diverses séries.
Aucune conclusion ferme n’est possible en dehors de la notation du fait que l'injection des sels de terres rares provoque un trouble de la coagulation sanguine.
Nous avions également commencé à rechercher si, à côté de ces troubles de la coagulation, il n'y avait pas auto-agglutination des hématies et quel était le rôle de l’hémolyse légère constatée à chaque fois, rôle qui nous paraissait essentiel.
Le temps nous à manqué pour ces recherches (1).
IT
Nous voyons, dans ces phénomènes, une réaction de l’organisme, mais cette réaction peut se faire selon divers types. Chez un malade non traité, la tendance extensive de l’adé-
(1) Dans cette idée, en nous plaçant au point de vue absence de spécificité, nous avons cherché (obs. 43) à amener ces mêmes modifications par l’autohémothérapie; nous n'avons pas retrouvé ces troubles de l’état du sang, pas plus que l’auto-hémothérapie n'a semblé agir. Peut-être y a-t:il lieu d'incriminer la voie d'injection intramusculaire et non intraveineuse ? En tout cas, toute théorie d'action basée sur l’hémolyse ne peut être que prématurée et même téméraire,
nopathie et de fonte du tissu tuberculisé peut bien traduire une de ces poussées évolutives qu'on conçoit actuellement dans la tuberculose.
Au début, les injections de Pélospanines nous paraissaient amener une réaction analogue ; il nous semblait que le traitement provoquait une poussée évolutive semblable à celle que l'on constate chez les malades non traités, poussée plus forte, plus rapide, menant à une cicatrisation plus précoce,
Actuellement, nous pensons plutôt que, s'il est des cas où de tels phénomènes peuvent se produire, ces cas sont très rares et ne concernent guère que les réactions du début.
En général, la grosse réaction que nous avons pu obtenir traduit une réaction de l'organisme du même ordre, mais avec des différences considérables, dont la principale et la plus précoce est la disparition de la périadénite. -
La poussée existe bien, mais elle re correspond pas à un réveil de la virulence du microbe, ni à une évolution nouvelle des lésions : l'organisme réagit de par les modifications amenées en son sein par les injections intraveineuses, et ces modifications, spécifiques ou non, conduisent dans un bref délai, à l’élimination du foyer pathologique.
D'autres modifications, tout aussi importantes que la présence ou l'absence de périadénite, peuvent accompagner la poussée réelle aussi bien que la poussée thérapeutique.
On peut observer, dans certains cas, un réchauffement apparent du pus de l’adénopathie tuberculeuse. On peut, d’autres fois, retirer par ponction, de l’intérieur du ganglion, un liquide sanglant.
Lorsque le pus semble se réchauffer, l’état local est très différent de ce que l’on voit habituellement : le ganglion devient douloureux, la peau est rouge ; les plans profonds sont empâtés ; puis, on peut constater de la fluctuation ; le pus s’est collecté, mais le malade ne peut dormir jusqu’à ce qu'une fistulisation amenant l'évacuation du pus le soulage.
La ponction, dans ces cas, est insuffisante ; l'incision, faite par erreur, peut amener le même soulagement.
Le pus est crèmeux, bien lié ; l'examen microscopique et les cultures n’y révèlent la présence d'aucun microbe,
De tels cas peuvent s'observer lors d'injections de Pélospanines ; plus fréquemment, on les constate dans les poussées évolutives spontanées.
Fréquemiment, nous avons. noté, dans le territoire cutané correspondant à ce ganglion, un foyer infectieux, de sorte que
a ra
+ tie
nous pouvons nous demander si, dans ces cas, une infection secondaire peu décelable n’est pas à la base de cette poussée ; là aussi, l'organisme pourrait réagir vis-à-vis des agents infectieux, amenant le même résultat final : la disparition de l'affection froide chronique.
Tout naturellement, la persistance et même l'augmentation de la périadénite, la présence d'infections secondaires surajoutées rendent cette « poussée » beaucoup moins désirable que celle obtenue par les Pélospanines.
Dans d’autres cas, on observe une réaction sanglante.
Chez un malade non traité, une ponction retire du pus {ypique ; on évacue aussi complètement que possible; vers la fin, on constate des stries rougeâtres dans le pus, ou même ça saigne. Le lendemain ou le surlendemain, on doit ponctionner de nouveau : le pus à une teinte rougeâtre, puis, ultérieurement, noirâtre ou chocolat.
Cette constatation nous a paru d'un très heureux pronostic et nous à fait présager la guérison locale dans quelques cas.
Nous expliquerions cette guérison, soit par une congestion réactionnelle plus intense à la périphérie des lésions, congestion dont l’hémorragie est le témoin, soit parce que ce sang épanché dans le ganglion ou dans le tissu interstitiel est résorbé par l'organisme provoquant une réaction dont la guérison locale est l’aboutissant (x). .
Avec le traitement par les Pélospanines, nous avons pu obtenir ce type réactionnel plus marqué, plus précoce qu'avec les ponetions seules : aussi, considérons-nous toujours celte modification locale comme un symptôme du meilleur augure.
La poussée thérapeutique est très différente de la poussée évolutive : ce mot même de poussée ne doit appeler aucune idée pathogénique, mais simplement évoquer une idée d’analogie elinique.
Ces poussées thérapeutiques nous ont donc paru d'ordre très variable, quoique, seul, le traitement par les sulfates de terres cériques amène des résultats souvent satisfaisants.
Nous étions donc amené à nous demander si, dans les cas
(x) Nous entrevoyons là une réaction de même ordre qu'avee les injeetions de Pélospanines, l'organisme réagissant dans un ças, au sang extravasé, . dans l’autre à l’hémolyse qui a lieu lors de l'injection du produit chimiothérapique.
ONUTI CNT TA
al suce db ils à MLCNÉ Se te sé Das
TRS DUT
“ss de Sd, x 2e VEÉ dir de did dis
| CL Ré
où il y à guérison sans poussée apparente on ne pouvait pas envisager une réaction passant inaperçue de nous, réaction thérapeutique analogue, mais non superposable à celle que nous voyons dans les cas bruyants où, à une poussée évolutive réelle, pathologique, lente dans sa durée, tenace dans ses effets, se substitue une nouvelle poussée qu'on peut croire l'exagération de la poussée pathologique, mais dont les résultats (rapidité d'évolution, terminaison favorable) montrent bien la nature thérapeutique et les effets heureux.
Allant même plus loin, nous pouvons considérer que, si dans la plupart des cas, la réaction d'ordre thérapeutique se substitue à la poussée pathologique, sans retour de celle-ci, il est des cas (obs. 4) où la réaction nouvelle ne peut se produire, la réaction pathologique restant seule en cause.
D'autres fois (obs. 12 et 35) les deux processus s'opposent l'un à l'autre; le traitement arrête toute poussée sans que puisse s'établir la réaction de substitution, base de la guérison. Pendant longtemps, le traitement ne semble donner aucun résultat.
{1) Si peu partisan que nous soyions de l'action spécifique des sels de terres rares, la comparaison de la fonte ganglionnaire, à la suite du traitement, avec le ‘phénomène de Koch (élimination en une escharre des bacilles tuberculeux par un organisme déjà immunisé) s’est imposée à nous.
Les cuti-réactions que nous avons tenfé ne nous ont rien donné pratiquement : de tels essais ne peuvent être faits utilement et suivis dans une consultation hospitalière,