CHAPITRE IV
Nature de la poussée thérapeutique:
Il est intéressant de se demander comment les injections de sels de terres rares peuvent amener la disparition des lésions tuberculeuses : quelques-uns des problèmes de la chimiothérapie vont se présenter à nous. |
L'action des agents médicamenteux chimiques introduits dans un organisme, peut être envisagée de deux façons
Ou bien, il y a destruction du germe én cause comme cette destruction se ferait in vitro : l'agent de la chimiothérapie agit comme un antiseptique, mais son action, ne s'appliquant qu'à un germe donné et spécial, est spécifique.
Ou bien, l’action porte uniquement sur les lésions : dans les affections chroniques on peut considérer qu'entre le germe causal et les lésions causées (réactions de l'organisme) existe un équilibre, Cet équilibre peut se rompre lorsque, le germe devenant plus virulent, l'affection s'accroît à la suite d'une poussée. Il peut également se rompre lorsque l'organisme devient capable de réagir, il ne tolère plus les lésions et essaie de les faire disparaître. )
L'agent de la chimiothérapie peut amener cette modification de l'organisme tendant à l'expulsion des germes et à la disparition des lésions, Son action n'est plus spécifique, puisqu'elle se borne à renforcer la résistance de l'organisme. Le processus ne serait plus chimique, mais protéinique ; ce n'est plus le corps injecté qui agit, ce sont les albumines, modifiées par cette action chimique, mises en liberté ou circulant dans le sang dont l’action, directe ou non, va se faire, très variable d'ailleurs, Toutes les modalités selon lesquelles cette action peut s'exercer sont loin d’être décelées ; à côté des phénomènes de floculation, de colloïdoclasie dont la traduction clinique est le choc protéinique aux effets actuellement bien connus, il peut en exister de nombreux autres.
D'autres phénomènes, qu'on les trouve ou non dans le choc
colloïdoclasique, peuvent être les témoins de ces diverses modalités : la non-coagulabilité du sang telle qu'on l’'observe avec les arsénobenzènes, Îles troubles de la coagulation et l'hémolyse que nous avons trouvés lors de l'injection des Pélospanines.
Combien d’autres effets, témoins de l’action des injections ne pourront-ils pas être décelés sans même qu'on puisse feur attribuer une action réelle, soit sur l'organisme, soit sur le parasite, ou les considérer comme les témoins d’autres phénomènes encore inconnus.
On a pensé, tout d’abord, en se basant sur les expériences de Frouin, à une action spécifique des sels de terres rares sur le bacille de Koch.
Nous n’estimons pas, pas plus que dans aucune autre nie dication, dite spécifique, qu'il puisse s'agir d'une thérapeutique à action strictement limitée au germe causal. L'action d'un corps, in vitro, doit certes faire chercher à employer ce corps dans l'organisme, mais on n'en doit pas conclure, si les résultats obtenus sont heureux, qu'il s'agisse d’une action identique.
Il ne s’agit pas non plus d'injecter n'importe quel médicament dans les veines pour tâcher d'obtenir la guérison, il s’agit de rechercher le produit
le moins toxique pour l'organisme,
le plus actif,
le plus constant dans son: action.
Pour bien déterminer ces divers points, l’expérimentation in vitro, peut jouer un rôle sans amener de conclusion ferme, les résultats pratiques étant toujours les plus intéressants.
Les Pélospanines ne sont pas toxiques, les nombreuses injections que nous avons faites ne laissent aucun doute à ce sujet. Elles ne donnent lieu à aucun choc : les phénomènes pénibles du choc, même légers, n'ont été constatés dans aucune de nos observations.
Si leur action est loin d’être constante, pas plus qu’elle n’est vraiment spécifique en tant qu'action sur le bacille de ‘Koch, dans les autres chimiothérapies, même celles qui paraissent mise au. point actuellement, on peut être ramené aux mêmes conclusions.
Ainsi, de nombreux corps sont capables d'agir sur les accidents syphilitiques ; les arsénobenzols, s'ils ne sont pas les moins toxiques ont une action à peu près constante ; d’autres produits, les sels de bismuth et de mercure ont une action