INTRODUCTION
Depuis que le traitement des diverses tuberculoses chroniques par les sulfates de terres cériques a été mis en pratique, le D' Sauvé l'a préconisé dans les tuberculoses dites chirurgicales et l’a fait appliquer dans son service. En mars 1922, à la consultation de chirurgie de Necker, il nous a chargé de suivre un certain nombre de cas ainsi traités.
Nous nous sommes rapidement aperçu que, si ce traitement, d'une manière générale, donnait des résultats intéressants dès le début, l'appréciation exacte des indications restait difficile, faute d’un nombre suffisant d'observations comparables, suivies assez longtemps.
Après deux ans d'expérience, nous commençons à entrevoir le mode d'emploi de cette thérapeutique : cependant, ce travail qui expose nos conceptions, n’est pas présenté comme une base intangible ; nous considérons qu'il s’agit là de quelques résultats acquis préparant de nouvelles recherches qui, elles, préciseront tout à fait les indications techniques.
- Ïl nous.paraît hors de doute que ce produit, bien manié, est extrèment utile, que ses résultats sont remarquables, si décevantes que puissent d’abord paraître ces réactions impressionnantes, mais, en définitive peu graves, que provoque la cure, [1 nous paraît aussi, qu'’actuellement, nul autre produit ne donne des résultats aussi tangibles.
Dès le début, nous avons été frappé par la poussée que subit, sous l'influence du traitement, le foyer tuberculeux. Aussi nous sommes-nous attaché à préciser les modalités de ces poussées si bien que nous avons fini par conclure
Tout se passe comme si ce foyer évoluait avec le maximum de rapidité mais les suites habituelles de la poussée qui, dans une tuberculose chirurgicale sont la guérison par évacuation et par sclérose, se trouvent ainsi amenées plus rapidement. La guérison, dans les cas heureux, se produit, grâce au raccourcissement marqué de l’évolution.
Cependant, il faut considérer que seul, guérit le foyer local en cause, la maladie générale reste : il pourra donc survenir de nouvelles poussées spontanées ou même, provoquées; ën apparence, par la thérapeutique:
FRAME 2 Il ne peut donc encore être parlé de guérison certaine, absolue et définitive. Aussi bien, en raison de notre conception de poussée provoquée ou accélérée, ne pouvons-nous, non plus établir de statistique sur les cas améliorés ou guéris, sans compter que, dans un certain nombre de cas où le malade abandonne le traitement en pleine poussée, on ne saura jamais si cette poussée continuera son évolution ou si tout restera en l'état actuel avec les ennuis que cause la poussée.
Parmi les tuberculoses externes que nous avons pu traiter, nous nous limitons ici uniquement aux tuberculoses ganglionnaires et nous ne retiendrons qu'elles dans nos observations ; seules, elles peuvent donner des résultats à peu près comparables et surtout, leur évolution étant superficielle, il est facile de se rendre compte de l’état réel des lésions et des réactions qui peuvent s'y produire.
Enfin, parmi ces observations de tuberculoses ganglionnaires traitées par les injections de sulfates de terres cériques, nous ne retiendrons, puisque nous nous refusons actuellement à faire un pourcentage illusoire, que les observations longuement suivies ou bien celles au cours desquelles nous ayons pu noter un fait intéressant, qu'il soit favorable ou non à la conception que nous présentons,
Au cours de l'établissement de ce mémoire, de nombreux problèmes se sont posés. Le plus souvent, nous n'avons pu que les effleurer (tels les rapports de l'infiltration et de ‘la congestion autour des lésions, le rôle des infections secondaires, etc.). Surtout il nous a paru dangereux de vouloir préjuger de Ja pathologie ganglionnaire à la pathologie pulmonaire. Si identique que nous ait souvent paru le processus, quelque rapprochement qui se soit imposé à notre esprit, conclure de l'un à l'autre nous à paru prématuré.
Restant sur le terrain pratique, nous pouvons affirmer l'intérêt des résultats déjà obtenus.
On peut espérer plus.
L'emploi de cette thérapeutique devra se généraliser : des cures nombreuses et surtout prolongées permettront d'observer les modifications de l'état général et de l'état local ; on pourra noter les circonstances qui peuvent influencer aussi bien l'un que l’autre de ces deux états.
Alors, cette thérapeutique sera mise au point.; on en obtiendra, à coup sûr, les résultats cherchés quel que soit le foyer tuberculeux en cause.
es en