‹ La prairie en fleurs, 1895-1902Chapitre 9 sur 55 · AL \ I · texte numérisé non relu

AL \ I

et l'ivresse de respirer fait sur nos lèvres

fleurir un bouquet de chansons.

Dans l'azur parfumé nous passons,

et la mer d'amour bat nos flancs comme une grève.

Ce hameau près d'un lac égrenant ses maisons et reflétant la paix de ses toits dans l'eau calme, ce hameau nous verra confiants, bons et chastes; et son grêle clocher qui barre l'horizon vers l'infini s'élève avec notre âme.

Mais qu'elles sont vraiment nous-mêmes les cités

dont les ruines se souviennent!

Leurs palais sont déserts et de la gloire ancienne,

hors le regret, en eux rien n'est resté.

Villes mortes, villes à notre image,

si semblables à nous que nous ne sommes plus

les passants de hasard conduits par le voyage

et qu'à notre logis nous sommes revenus,

car en les connaissant nous nous sommes connus.

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