SEPTIEME PARTIE
LA MOISSON
La moisson comprend l'ensemble des opérations que Ton exécute dans îa récolte des céréales. Elle est hicn dirigée et exécutée quand elle permet nue prompte rentrée des produits ; paillea et js^raina du blé, du seigle^ de Torge et de TaToine.
Ces opérations sont nombreuses. A côté de la coiipe des céréales, qoi varie suivant les instruments en usa^^c, se rangent naturellement le javelage^ le liage, la mise des gerbes en diaeiinx, en m o jette s ou en meules, selon que le temps est beau ou incertain,
La moisson est facile dans les contrées méridionales, où Tair est généralement sec et cliaud. Il n'en est pas de même dans la zone septentrionale. Dans cette partie de T Europe, les agriculteurs ont souvent à lutter contre des pluies continuelles parfois très abondantes, qui retardent sensible* ment les travaux, altèrent la qualité des grains et des pailles et augmentent le prix de revient des opérations.
Le battage des céréales constitue aussi une opération très importante. On Texécute en grange avec le fléau ou la machine k battre et en plein air à Taide du dépiquage , du
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rouleau en pierre , du fléau, ou de la machine à battre nettoyante, ou de la machine à battre ne vannant pas le gi'ain qu'elle a égrené.
Pour opérer la moisson vite et bien (fig. 38), !e cultivateur doit arrêter à l'avance les ouvriers dont il a besoin, faire préparer les liens qui lui sont nécessaires, faire couper tout d'abord les blés les plus mûrs et ceux qui sont versés, faire mettre chaque soir les gerbes en dizeaux ou en moyettes si le temps est à la pluie, enfin prendre toutes les mesures voulues pour que la rentrée des gerbes soit faite le plus tôt possible et dans les meilleures conditions.
Il est indispensable aussi qu'il ne s'éloigne pas de son exploitation pendant cette importante récolte, afin que son personnel, ses animaux d'attelage et ses véhicules soient sans cesse en activité. C'est à lui qu'incombe la tâche de consulter souvent le baromètre et d'indiquer les mesures qui doivent être prises, si le temps laisse prévoir un orage, dans le but de soustraire à l'action de la pluie les céréales mises en gerbes ou les meules qu'on a commencé à construire.
Une moisson est bien conduite quand on agit vite ; ainsi que l'expérience le prouve chaque année , le blé qui est en meule ou dans le grenier est bien le seul assuré !
La récolte du sarrasin ou hlé noir est exécutée à la faucille ; son égrenage a lieu au fléau ou à la machine à battre. La récolte du maïs exige des opérations spéciales (Voir Récoltes diverses).
CHAPITEE PREMIER
IXSTRtTAlENTS QVÏ &ERVE.\T A COUPEE LES CÉRÉALES,
On coupe les céréales avec la faucille, la sape, la faux et la luoisfioniieuse mécanique-
i. — Faacillem«
La iïmcille est le plus ancien instrumeut employé pour couper les céréales arrivées à matarité. La lame , eu fer aciéré et plus on moins courbée suivant les localités, est emmanchée par son bont inférieur. Cette lame est unie ou porte des dents très fines d'un seul côté.
Quand on fait usage de la lame dentée , on dit qn'on me h if céréales. De là le mot sciagn souTent adopté dans lesi-é^dons de l'Ouest, du Centre et du Midi. Lorsqu'on opère avec la lame tranchante , on fmtciUe ha céréales.
La lame dentée (fi g. 34) s'aiguise seulement sur le côté où il n'y a pas de rainures. La Jam& unis (fig. 35) se bat à froid et s'aiguise exactement comme la faux.
La faucille dont la lame unie a plus d'un demi-corcle^ est appelée volant Elle est en ugagc dans le Yivarais, le Rouergue, les Ce venues, le Yelay, la Basse- Bretagne, etc.
L emploi de la :^ïneilie ordinaire est accessible à tous^ surtout aux femmes, aux enfants et aux vieillards ^ mais elle oblige celui qui s'en sert, à avoir le corps penché ou courbé. Cet instrument est très en usage dans les localités où ies terres sont disposées en petits hillons.
Le fauciUmr ou SByeiir forme lui-même ses javelles
INSTRtTMBKTâ SERVANT A COUPER LES CEREALES, 127
Celles-ci Bout toujours bien faites, parce que les tî^eâ présentent un paralleliame parfait,
La moisson qu'on opère avec le volant s'appelle crèpéîng^
Fig. 34. — ramzUlË dëut^'Ë,
Flg. 36. - FftuetUe Brilé,
on mtelagê^ Tl faut être très exercé pour bien m'épêhr ou cfètehr,
La faucille et le volant, dont leB courbures varient suivant les localitéSj conviennent très bien ponv couper des céréales versées, bien que ces outils agissent toujours un peu plus haut que la faux.
^iipe>
La sap^ (fiï,^ 37) est mie petite faux qui se manceuîre d*une seule main. Cette fans spéciale est munie d^un manche court qui est presque perpendiculaire au plan de ïa lame, L'<îuvrier appuie son avant -bras droit sur la base du manche qui est clanrie, après avoir passé sa main dans tine courroie fixée au milieu du manche. Il tient dans la main gftuche un bâton muni d^im crochet (fig-. ;:i6), qui lui sert â
tM LA PRATIQUE DE L^AGBI CULTURE.
saisir et à pencher un peu sur ïe côté gauche les tiges qa'il veut couper. Ce b fi, ton est ap]>elé jngiœL De là le nom de piqwur qne Ton doune souTcnt au sapmr dans la région du Nord- On cet.
La sape ne peut pas être employée par tous les ou\TÏers. Celui qui s'en sert se tient presque droit. C^est son poignet seul qui agît. Cet instrument ne convient pas pour les cén^îiles qui sont très élevées et pour eeîles qui sont elairse?néês ou qui occupent d&s terrains très pierreux.
.1. — Faux,
La faux qu'on emploie pour couper les céréales ^ est tou-
*A\ix. ortiiâe.
jours armée (fig. 38). Ainsi, tantôt elle est munie d'un playmi ou plot/on^ baguette courbée, garnie ou non d*une toile ; tantôt elle est dominée dans le ëods dé la longueur de