Faucillai^e
L'emploi de la faucille est simplp et facile. On doit toujours commencer du côté opposé à la verse. Cette manière d'agir permet de mieux disposer les tiges en javelles.
L'ouvrier qui se sert de la faucille, introduit la lame de celle-ci dans la céréale à moissonner, puis il saisit par la main gauche les tiges qu'elle embrasse, incline la poignée vers sa droite, tire brusquement la faucille en faisant décrire à la lame un quart ou un tiers de circonférence. Ceci fait, il coupe une nouvelle poignée de tiges, et ainsi de suite. Dès que sa poignée est pleine, il la dépose sur l'endroit où il doit faire une javelle. Les poignées ne doivent être ni trop faibles ni trop fortes.
Lorsque la céréale à couper occupe des billons, on suit leur direction. On ne moissonne ordinairement qu'un billon, ou deux demi-billons, à droite et à gauche du sillon qu'on suit. Lorsque le terrain est déclive, on opère toujours de bas en haut.
Le faïucillage a l'inconvénient de laisser trop de chaume, mais il permet de faire de très belles javelles et de ne pas égrener les épis arrivés à une maturité avancée. C'est à bon droit , toutefois, qu'on le considère comme un travail très lent et très abrutissant.
hes/aîiciUes à petite courbure ioiyeui être réservées pour
COUPB DEâ CKREALES. 153
Jea enfanta et les vieillards ; \m faucilles à moyenne cottrhnre sont spécialement mises entre les mains des jeunes gens et des femmes ; hs/atwilhs à f/rande cQUrhur^^ sorte de conteïas appelé volant on bon km, sont confiées aùx ouvriersp
Le Moissonneur qui emploie le volant conpe par un mon- Tement circulaire, en frappant ou sabrant la base des tiges. Pendant son travail ^ il marche à reculions, s^aide de son bras gauche et i-améne les tiges coupées contre son genou ou contre les tiges qui sont encore debout* Quand il coupe du blé versé j il se place de manière à avoir la verse de la céréale à sa gauche ou devant lui-
La sape est très employée dans la Flandre , la Picardie, TArtois, la Belgique, etc.
L'ouvrier qui s'en sert est seul ; il tient la sape dans sa main droite et c'est avec le crochet oti piquet qu'il porte dans la main gauche ^ qu'il couche un peu et attire vera lui le faisceau de tige sur lequel agit le tranchant de T instrument. Ce faisceau est ensuite déposé en javelle sur le sol.
Ce travail , quoique simple , n*est pas facile ; il exige du savoir pratique* Le sapeur marche toujours ii reculons ; il agit avec la sape par percussion et coupe ras de terre, avec îa même facilité, du blé droit ou une ùèrèaU cmwhèe^ versée ei enchetfêtrêç.
Le sapeur égrène peu les céréales parfaitement mare s ^ mais il no moissonne pas dans un temps donné une surface aussi grande que celle coupée par le faucheur.
B. - — FauchaHi'e h bras.
Le fauchage dee céréales est plus fatigant que le faucillage et le aajmgej mais il est très espéditif. Il est supérieur
i«lil «p
1M LA PRATIQUE DE KAafil CULTURE:.
à tous les autreB procédéa quand les aimées sont humides et lorsque les céréales sont envahies par des mauvaises herbes.
li^ faux portant un râteau, moins legLTe que la faux munie d'un playouj s'emploie de deux manières , selon la longueur de la céréale qu'on se propose de couper-
Les céréales qui ont une hauteur moyenne sont fauchées en dedwis ; celles dont les tiges sont peu élevées sont fauchées en iklmrs.
L'ouvrier qui doit faucher en dedans du seigle , du froment ou de l'avoine, se place à la droite du champ et chasse ou pousse les tiges qu'il a coupées vers sa gauche, c'est-àdire contre celles qni sont encore sur pied. Une femme, dite reUveuBB^ tenant dans la main droite une faucille j suit le faucheur, rassmihle lên tiges cotfpéespar brassées et ks met en javelles aussi régulières que possible sur la partie fauchée.
L'ouvrier qui àmt fatccJter ê?i dehors nue céréale ayant l>eu de hauteur, se sert d'une faux munie d'un crocliet. Il se place à la gauche du champ et dépose à terre , par une très légère secousse, \^ fauchée qu'il a coupée et qni est restée sur le râteau de la faux.
Le train du moissonueur qut fauche en dehors est toujours plus large que le train de l'ouvrier qui fauche en dedans. En géu^^ral, ce dernier s'arrête quand sa main droite arrive en face de son genou gauche.
Le faucheur doit bien régler le râteau , afin qu'il ramasse toutes les tiges coupées par la lame. Si les crocheta saisissaient des tiges non coupées, le travail serait mauvais, et la faux égrènerait beaucoup d'épis.
Eu résumé j le faucheur de hlé ^ le grain sur pied à sa gaucbe et le grain coupé et disposé en javelles à sa droite.
hi^ faucheur d'avoine a le grain sur pied à sa droite et le grain coupé et disposé en javelles à sa gaucbe.
IL est très important que le faucheur sache bien s'orien-
COUPE DES CEREALES. 135
ter, surtout si le vent est un peu fort. Le vent qui vient du côté gauche du faucheur est le meilleur, parce que les tiges sont naturellement inclinées vers la faux. Le vent de face est le plus mauvais. Le vent arrière n'a aucun inconvénient.
La, faux année égrène assez facilement le blé qui est bien mûr et elle opère mal quand la céréale est versée ou enherbée. Dans ce cas, on lui préfère la faux munie d'un playon, ou, ce qui vaut mieux, la sape ou la faucille. Les javelles qu'on forme avec les tiges fauchées en dedans, ne sont jamais aussi régulières que les javelles faites par les bons faucilleurs.
La faux est très employée dans la Beauce , la Brie, la Normandie, l'Orléanais, etc.
4» — Fauchai^e mécanique.
Les moissonneuses mécaniques sont des machines fort anciennes. L'histoire nous apprend qu'on les connaissait lorsque la Gaule, sous Vespasien, se fit romaine de mœurs et de langage. Ainsi les Gaulois employèrent longtemps, pour opérer la récolte des blés qu'ils cultivaient, une moissonneuse qu'il faut regarder comme curieuse pour l'époque à laquelle elle fut inventée. Cette machine (fig. 39), très appréciée dans la Gaule, très commune, au dire de Palladius, dans les plaines où la paille n'était pas nécessaire à l'existence des animaux domestiques, dut être entièrement abandonnée, le jour où l'agriculture reconnut qu'elle devait récolter les tiges des céréales, pour les employer comme aliment ou comme litière. C'est ce qui eut lieu en effet.
Dix-huit siècles plus tard, cette machine fixa de nouveau Tattention des agriculteurs. Toutefois, ce ne furent plus les peuples du midi de l'Earope qui la proclamèrent comme
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indispensable anx localités qui n'avaient plus les bras néceseaires pour exécater proraptement la moiBeon des céréa-
les ; cette tâcbe devint la mission des a^riculteiirâ anglais , ijni se trouvaient aloi*s dans une position analogue à celle
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COUPE DES CEREALES. 'W
qni avait autrefois ai vivemenb pi-éoccupu les cultivateurs des plaines de la Gaule.
C'est Smith qui eutTheureuse idée d'appeler rattention du mgnde agricole sur les avautages que présente une moissonneuse bien construite. Il fit ses prcmiei^s essais en t K2H ; mais la moisaonneuee qu'il imagina ne tarda pas à être oubliée des agriculteurB.
Le manque de bras dont se plaignaient avec juste raison les Américains jOondui&it Mac Cormick à perfectionner la moissonneuse que Bell avait proposée aux agriculteurs anglais ; cette dernière machine était poussée par les animant contre le blé sui* pied, comme celle inventée par les Romains, La moissonneuse Mac Cormick était au contraire traînée par deux ehevauï. Elle coupait en tournant autour de la récolte qu'on vonluit moissonner.
L'invention de Mac Connick a été le point de départ de toutes les nouvelles moissonneuses imaginées depuis lft55- Elle se compose d'un bâti armé d'une flèche et d'une ou de plusieurs iï)ues motrices. A gauche du bâti, on remarque une plate-forme armée de pointes eu fer ou gardes^ entre IeB^][uelles est située une scie ou lame dentée. Le siège du conducteur domine la roue motrice qui imprime le mouvement à la scie, à Taide d'engrenages» Un lentr permet de régler la hauteur de la scie, du tablier et de l'appareil jayeleur*
Les moissonneuses mécaniques se répandent de plus en pins chaque année. Cette propagation a pour causes, d'une partj les remarquables perfectionnements qu'en leur a fait subir depuis quelques années, et, de l'autre, la rareté et la cherté de la main-d'œuvre pendant la moisson.
Toutes les machines a moissonner coupent bien et elles exécutent un bon travail quand elles sont bien conduites. Toutes aussi laissent derrière elles les céréales en javelles Tegulières. Elles agissent sur une largeur de l'^^lQàlV^S.
Le conducteur d'une moissonneuse est placé sur un siège qui domine les organes mécaniques. Quand il veut opérer, il fait avancer son attelage sur la voie préalablement ouverte, et lorsqu'il est arrivé à un mètre environ du blé qu'il
doit couper, il débraye, excite ses animaux , afin de pouvoir lancer sa machine et imprimer à la scie une grande vitesse. Quand la moissonneuse hourre pendant le travail , le conducteur doit faire reculer l'attelage, dégager la scie et lancer de nouveau la moissonneuse.