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CHAPITRE II

COXSEnVATlO.V tiES tiftAE?ÎS.

La conserva tiou des grains fournis par les céréales et le sari'asiïi, des graines produites par k colza, le pavofc- œillet te, le Un, etc., impose au cultivateur l'obligation d'avoir des locaux bien disposés et de s^assurer souvent de l'état de ees semences.

L'humidité et une chaleur ëlevé-e sont très nuisibles à la bonne conservation de toutes les semeucos que récolte r agriculteur.

Les f;re}iKi's à grains Ëont favorables à la conservatiûu des graines précitées quand ils sont planchciéa ou can-elés avec soiUj c'est-à-dire ai^ec des matériaux qui ne produisent pas une pQiiA^ihr& rongea Ire qni ternit toua les grains alimeritaireB. Ces locaux sont ausBi regardés comme bons , lorsque leui^s murs sont bien cn'^pis et lorsque les ouvertures qu'on y observe sont situées au Kord et au Midi et garnis d'une toile me faUigiiê et d'nn volet àuno;i deux ventaus.

Les grains ou les gniines qu'on dépose dans les greuiei's ne doivent jamais touch^^r les murs.

Il doit exisk^r entre ces derniers et les tas de gi'ains qui sont plus ou moins épais selon leur degré de sîccité et la force portante du plancher, un passage de 35 à 50 centimètres. Ce passiige est maintenu toujours libre en bordant les tas de grains de planches ordinaires posées sur

CONSERTATÎON DES G:RATS9,

rliamp et maintemieB dan a cette position k raide de eon- Roles aemLiabiea à celles dont on fait usage poar sod tenir les tablettes.

Fîg. C9. — ROïiBble.

Le r&uahle (fig. 69 )j la pelle en bois et le balais sont des

^. 70, — Diable ou brouette de grajiier.

ustensiles qni doivent exister dans tons les greniers. Les

sacs remplis de grains sont déplacés aisément à l'aide d'une brouette spéciale désignée souvent sous le nom de diahU (fig. 70).

Les grains et les graines qui proviennent d'un battage récent doivent être étendus en couche plus ou moins épaisse selon la quantité d'humidité qu'ils contiennent. Les grains encore humides comme le sont toujours les semences du sarrasin ou blé noir s'échauflFent et fermentent très promptement après le battage si on n'a pas le soin de les étendre en couche mince et de les remuer au moins tous les trois ou quatre jours pendant les premières semaines qui suivent la récolte.

Le colza est aussi sujet à fermenter quand aussitôt après l'avoir égrené, on l'accumule en gros tas dans les greniers, alors surtout qu'il a été presque complètement purgé des siUqiws qu'on y avait laissées dans le but de pouvoir le déposer temporairement dans une grange en tas volumineux.

Les graines qui ont fermenté parce qu'elles ont été mal conservées, perdent toujours une partie plus ou moins grande de leur valeur commerciale. Cette fermentation se révèle par une odeur de moisi, une saveur rance ou une fécule moins blanche ou plus jaune. Les semences arrivées à cet état germent rarement ou plus difficilement.

On facilite considérablement la dessication des grains encore chargés d'eau de végétation en disposant en petits sillons la surface des tas qu'ils constituent dans les greniers. Par ce moyen simple , on augmente beaucoup la superficie qu'ils présentent au courant d'air qu'on fait circuler dans le local en ouvrant les volets des ouvertures situées en face les unes des autres.

Mais il ne suffit pas de prendre toutes les mesures voulues pour empêcher les grains de fermenter lorsqu'ils contiennent encore un excès d'humididé; il faut aussi ne pas oublier qu'il est utile, pendant les grands chaleurs, de fermer

CONSERVATION DES GUAINS. 217

les ouvertures situées au Sud et ouvrir celles qui font face au Nord. En agissant ainsi , on abaisse la température du Renier et on empêche les grains de perdre une partie de leur volume et de leur poids.

Les grains déposés dans les greniers ont pour ennemis les rats y les souris, les charançons, Vaïucite, la teigne et les mites.

Les blés durs ou blés glacés sont rarement attaqués par le charançon et l'alucite. Il en est de même de Tavoine et de Forge.

Les insectes précités sont des ennemis d'une destruction parfois très difficile. Le mieux est de vendre le plus tôt possible les grains qu'ils attagtcent. En attendant le moment de les livrer à la vente, on doit souvent les remuer avec la pelle ou les tararer. Ces manipulations nuisent beaucoup à leur propagation.

Les passages qu'il faut laisser le long des murs permettent de savoir si les rats et les souris trouvent un refuge dans les murs ou sous les planchers.

Lorsqu'on est forcé de conserver longtemps des graines oléagineuses, comme le colza^ la navette, etc. , il faut les tamrer de temps à autre si les mites les attaquent.

Le maïs égrené est de tous les grains alimentaires celui qui demande le plus de soin, surtout si on l'emmagasine avant qu'il soit parfaitement sec. Sous l'influence d'une humidité prolongée, les semences moisissent et le Mie de chaque gi-aine présente une nuance un peu verdâtre qui révèle l'altération du grain. Le maïs qui est attaqué par le verdel est impropre à l'alimentation de l'homme.

Les semences de luzerne, de trèfle rouge, de trèfle incarnat, de lapuline, de cumeline, etc. , graines qui prennent une nuance rougeâtre avec le temps, doivent être conservées en sacs dans des locaux très sains. Ainsi emmagasinées , l'air et la lumière n'agissent plus sur elles et elles conservent mieux leur couleur native.

PRATIQUE I)K L'AGRICULTURK. — T. II. ]3

$t$ LA PRATIQtTE DE L'AGRICULTUKE.

Les fevês^ les hntiiles, les féveroles prennent également une teinte roujû^e a^'oc TAge quand elles ont été extraites des gousï^es dans lesquelles elles se sont développées. C'est pourquoi, souvc^ntj ou ne procède à leur battage que quelques semaines avant dû les livrer à la vente.

Les harîmis doivent être aussi conservés dans des sacs déposés dans des beaux très secs. Par ce moyen, on les soustrait à raction de la ïx>iissière qui altère toujours leur coloratiou et leur aspect luisant.

Les graines sèches des légumineuses alimentaires, comme lea lentilles, les pois, les fèves, les féveroles, etc., sont souvent altérées intérieurement par un insecte qu'on nomme hrnrJte.

Le cultivateur n'a aucun intérêt à conserver de telles semences quand ellca sont destinées à la venté, puisqu'elles perdent de jour en jour de leur valeur commerciale. Ces graines, quoi qu'elles soient rongées en partie intérieurement , n'ont pas toutes pei'du pour cela leur faculté germinative.

Le sarrasiD ou hlé nmr qui a fermenté dans un grenier donne toujours à la mouture une farine bien moins blanche parce que sa cassure est légèrement rousse.

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