LE MATÉRIEL AGRICOLE
On ne doit introduire sur une exploitation des instruments nouveaux ou des machines dites perfectionnées qu'après avoir bien réfléchi. Avant les instruments et les machines fantaisistes , il faut posséder les instruments et les machines qui opèrent vite et bien et qui suppléent victorieusement à la mreté et à la chèreté de la main-d'œuvre. De plus, il faut être bien convaincu que ces engins sont très solides et qu'on pourra aisément les réparer s'ils viennent à se détériorer. Enfin, il faut être bien certain qu'on peut les régler aisément et que les gagistes ne feront aucune difl&culté pour les conduire.
Au nombre des innovations très sérieuses, très utiles, qu'on peut faire au début d'une culture, il faut signaler l'introduction sur le domaine des charmes doubles Bradant, des herses anglaises , du semoir Smyfh, du râteau à cheval et de la faucheuse mécanique. Ces cinq instruments suffiront pendant les premières années à toutes les exigences d'une culture progressive et ils remplaceront très heureusement, très économiquement, les charrues anciennes, lourdes et tirantes, les herses massives et peu énergiques, et la main du semeur, et les bras du faucheur. Les autres machines seront introduites plus tard et en temps opportun.
C'est en introduisant successivement des instruments et des machines agricoles perfectionnés, qu'on arrive à convaincre les charretiers et les bouviers des avantages incontestables qu'ils possèdent et qui les font distinguer des anciens instruments. Il ne faut pas, comme cela se voit encore souvent, que le cultivateur ait à lutter contre le mauvais vouloir ou les préjugés surannés de son personnel.
Les véhicules sont très variables dans leur manière d'être. Dans les pays où le sol est peu mouvementé, où la terre est fertile, on emploie de préférence des charrettes à un, deux ou trois chevaux pour transporter les récoltes, la paille, le foin et le fumier. Les grandes charrettes dites guimbardes
tîGO LA PRATIQUE DE L'AGRICULTURE.
contiennent jusqu'à 600 et 700 bottes de foin du poids de 5 kilog. 500.
Dans les contrées accidentées ou montagneuses, le chariot est souvent le seul véhicule en usage. On y attelle un ou deux animaux. Dans le Nord, où les routes sont généralement planes et pavées, on préfère aux charrettes, de grands chariots, ou de grands tombereaux à quatre roues traînés par quatre chevaux.
T.es pays moyennement mouvementés qui emploient le bœuf comme animal de trait, se servent principalement de cburrettes à timon pour effectuer les transports.
I.es instruments et les machines agricoles, par le capital important qu'ils engagent, imposent à l'exploitant l'obligation de les remiser sous un hangar ou dans un bâtiment spécial C'est commettre une très grande faute que de les laisser, ainsi que les véhicules, à l'action destructive du soleil et de la pluie. Les semoirs, les faucheuses et les moisaojjiieuses mécaniques doivent être conservés dans un local on la volaille n'a pas accès.
I mns toute exploitation, il faut imposer aux charretiers et bouviers Tobligation de ramènera la ferme les instruments aratoires et les machines agricoles aussitôt qu'ils cessent de h'en servir. En abandonnant à elles-mêmes des charrues, des herses, etc., dans les champs, non seulement on les expose à la cupidité des maraudeurs, de ceux qui volent leurs principe tles pièces, mais on perd souvent beaucoup de temps à le Si chercher lorsqu'on en a besoin de nouveau.
i}\ioi qu'il en soit, on ne doit pas négliger, quand la f en lie est éloignée d'un village et qu'elle ne possède ni l'orbe, ni atelier de chaiTonnage, d'avoir toujours en magasin des socs supplémentaires en bon état ainsi que des chaînes de Iterses, des palonniers, une volée d'attelage, des pignons lie rechange pour les semoirs et des lames dentées pour la iuueheuse et la moissonneuse.
LE MATERIEL AGRICOLE. 'JGl
Les instruments de mccin-d'œuvre doivent être rangés avec soin dans un bâtiment fermant à clef,«i on veut éviter qu'ils diminuent en nombre d'année en année.
Dans les circonstances ordinaires, le matériel appartient soit au propriétaire exploitant , soit au fermier. Par exception, les machines à battre fixes, mises en mouvement par un manège ou un cours d'eau, sont des immeubles par destination. Un fermier doit, quand il prend possession d'une exploitation , faire constater l'état dans lequel se trouve la machine à battre qu'elle comprend, qu'on ne puisse à la fin de son bail lui demander des réparations qui ne seraient pas justifiées.
Les cultures spéciales obligent souvent l'exploitant à posséder divers appareils particuliers. Ainsi, la culture du colza et de la navette impose l'obligation d'avoir une grande bâche et des civières; la culture du houblon, des échelles doubles et des chevalets; la vigne, des instruments spéciaux et des vases vinaires, etc.
Les sacs ont une certaine importance. On doit s'empresser de faire sécher ceux qui ont été mouillés et les conserver dans un local où les animaux rongeurs n'ont pas accès.
Il est très utile aussi d'assigner une place pour les échelles, afin qu'on puisse en disposer promptement en cas d'incendie.
Le matériel, comme le bétail et les denrées en magasin, doit être assuré contre l'incendie dès le début de l'entreprise.