CHAPITRE VIII
Dans toute ferme parfaitement administrée, les bâtiments doivent être sans cesse bien clos et bien couverts, si on veut éviter des gaspillages et des vols et empêcher la pluie d'j pénétrer et de détériorer les produits : grains, foins, pailles, etc., qu'on y dépose.
La maison d'habitation n'est pas accessible au pereonnel, sauf au commis. La seule pièce dans laquelle les gagistes peuvent entrer quand ils sont nourris par l'exploitation, est, ou la cuisine , ou le réfectoire.
Le bureau est un local indispensable, mais il n'est pas nécessaire qu'il occupe une grande pièce. C'est dans cette partie de l'habitation, que sont déposés les cahiers sur lesquels on inscrit les faits journaliers; que l'exploitant confère avec les gagistes, les journaliers ou les tâcherons quand ils ont des observations à présenter ou des acomptes ou des salaires à recevoir.
C'est dans le bureau aussi que sont déposées les clefs des granges, des greniers, des magasins, l'équerre, la chaîne et les jalons pour l'arpentage, les pesons pour vérifier les poids des bottes de foin ou de paille , et qu'on trouve à chaque heure du jour et de la nuit les trocarts et l'ammoniaque lorsqu'il survient des météorisations.
Dans les exploitations où l'on attache une grande importance au bien-être des animaux de travail et de rente, les
murs sont chaque année blanchis intérieurement à la diaux et on a soin d'y faire disparaître les toiles d'araignées à mesure qu'elles apparaissent. Enfin, on visite de temps k antre les rigoles situées à Tintérieur des bâtiments et dauB Iti cour, afin de bien s'assurer si les urines et le purin arrivent vàmment dans les fosses aux engrais liquides.
Les écuries doivent être, autant que possible, exposi'es rrn midi et au nord et posséder suffisamment d'ouvertures pour que Tair et la lumière y aient un facile accès. L'air<.^ de eea bâtiments doit toujours être en bon état. Dans les formes bien organisées, les attelages de deux ou trois chevaux .si^nt séparés les uns des autres par une forte stalle.
Chaque charretier reçoit à un moment donné de la Juin née, principalement à onze heures du matin, le foin q«e ses animaux consommeront pendant vingt-quatre heuitw. l/uvoine lui est distribuée à chaque repas par le commît^ ou le charretier chef ou le plus ancien. Avant de la rLumcr k ses chevaux, il doit la débarrasser de toute poussièif h ruidLd'une vanette ou d'un crible à toile métallique.
Les bouveries et les vacheries demandent aussi beiincoLt]» d'air et de lumière. C'est bien à tort qu'on confine encore des vaches laitières dans des bâtiments humides j hirjfiila'L^s, mal aérés et où les urines, par leur permanence, formeiil des cloaques qui vicient l'air et contribuent dans U!H' hrp:^ mesure à développer la péripneumonie.
Dans toutes les situations, les bêtes bovines de trait et <Il^ rente doivent occuper des bâtiments propres et auss^i snin^ que possible. La parfaite tenue des vacheries a une irratidc influence sur la lactation.
Les étables dans lesquelles on engraisse des bêtes à vorura doivent être aussi tenues très proprement, mais il cf^t UaViH' pensable qu'elles ne soient pas très éclairées et que les unimaux y séjournent au milieu d'une parfaite tranqnilliU'.
Le bâtiment dans lequel on prépare ou on fait fcrmvidvr
les aliments peut être relié très avantageusement auxbouveries et vacheries, quand il en est éloigné, par une petite voie ferrée 8UI laquelle circulent des wagonnets à coffre et à clairevoie. A défaut de cette voie, on transporte les fourrages et les pailles au moyen de brouettes à coffre et à claire-Toie.
Les exploitations qui spéculent sur la vente du lait ou la fabrication du beurre et du fromage, doivent avoir une laiterie ou une fromagerie tenue très proprement. C'est par des lavages journaliers qu'on empêche que ces locaux développent des odeurs peu agi'éables. Les aires de ces bâtiments doivent être carrelées ou dallées.
Les bergeries j dans les pays à moutons, sont les bâtiments qui, en général, laissent le moins à désirer au point de vue de leur disposition et de leur tenue. Ces bâtiments ont des ouvertures qui permettent une aération parfaite. En général, on peut y maintenir une douce chaleur pendant l'automne et l'hiver.
Dans beaucoup de localités où les bêtes à laine sont considérées comme des animaux secondaires, les bergeries sont bien mal tenues. Le plus ordinairement on n'y voit ni mangeoires, ni râteliers.
Les jt?(?rc^^ncs laissent souvent â désirer sous tous les rapports. Dans un grand nombre de fermes, par suite d'une déplorable négligence , les animaux y vivent dans de très mauvaises conditions ; on oublie généralement que le porc exige impérieusement une loge d'une parfaite propreté, fraîche en été et chaude en hiver. C'est commettre une très grande faute que de le confiner dans un local sombre, humide , fangeux et non aéré. Une porcherie est bien disposée et bien tenue quand les animaux y sont toujours propres et en bon état, et qu'ils peuvent manger ce qu'on leur donne dans des auges qui ne développent aucune odeur repoussante.
Les poulaillers ne sont pas toujours tenus très propre-
ment et souvent aussi ils ne sont ni assez spacieux , si suflisamment éclairés et aérés. La poule aime la propreté et elle n'est réellement bonne pondeuse, que quand elle est bien nourrie et qu'elle peut habiter un poulailler qui est sain et frais en été et tempéré en hiver. Ce qu'elle redoute le plus , c'est l'humidité pendant l'automne et l'hiver et de ne pouvoir se désaltérer à volonté pendant l'été avec une eau pure et fraîche.
Les locaux indispensables pour réussir dans l'élevage des volailles sont des poulaillers, une chambre pour l'incubation, un local pour l'élevage, un ou plusieurs parquets avec abris pour les poussins et une chambre pour l'engraissement.
Les palmipèdes, canards, oies, etc., exigent un bâtiment spécial parce qu'ils ne se perchent pas.
Jj^^ greniers à grains sonUtrès bien disposés quand ils sont étages les uns au-dessus des autres. Alors les grains, après leur égrenage au fléau ou à la machine à battre , sont portés dans l'étage le plus élevé où sont situés le tarare et le cylindre cribleur, local dans lequel on les soumet à un second nettoyage avant de les faire arriver dans l'étage inférieur. Les appareils nettoyeurs y sont parfois mis en mouvement par \mfil métallique ou une transmission qui part de la machine à battre ou directement de la machine à vapeur.
Chaque année, on doit blanchir à la chaux les murs des greniers à grains et boucher avec soin les trous qui permettent aux animaux rongeurs d'y pénétrer. Les fenêtres de ces locaux doivent être munies de grillages métalliques destinés à empêcher les oiseaux d'y avoir accès.
Les granges et lesfeniîs varient beaucoup dans leur munière d'être. Aux premières sont souvent annexées une machine à battre fixe ou mobile, mise en mouvement par un manège ou une machine à vapeur. Lorsque l'égrenage des gerbes a lieu au fléau, les granges sont ordinairement purtagées par une aire à battre en terre durcie ouplanchcice.
Ces bâtiments n'exigent pas des soins annuels quand leur couverture est en bon état.
0*eat dans une pièce carrelée ou dallée qu'on opère le chauln<ie ou le sulfatage des grains et les mélanges d'engrais chimiques.
Ta's exploitations qui possèdent soit une distillerie, soit une féculerie, etc., s'imposent chaque année le devoir défaire blanchir les murs à la chaux et de faire peindre à l'huile et extérieurement les macérateurs, les cuves, etc.
La machine à vapeur est sans contredit l'appareil qui exige le plus de soin, le plus d'attention dans l'intérêt de Ba conservation et de son bon fonctionnement.
Le propriétaire qui fait valoir son domaine peut toujours augmenter la capacité des bâtiments qui lui appartiennent, comme il peut aussi les modifier à son gré dans leur destination et leur distribution intérieure. Le fermier n'a pas ce pouvoir : c'est pourquoi il doit , avant de signer le bail ciii'on lui propose, bien étudier ceux qui existent, afin de Bavoir s'ils répondent à la culture qu'il veut suivre et aux spéculations animales qu'il se propose d'adopter.
Des bâtiments trop exigus ont de bien graves inconvénients ^ mais ceux qui sont relativement plus vastes que retendue totale du domaine, sont bien onéreux pour un fermier, ])uisqu'il supporte les dépenses occasionnées par les réparations locatives.
Le fermier ne doit pas oublier d'assurer son risque locatif et de faire constater dans Vètat des lieux les bâtiments les portes, les râteliers, etc., qui ne sont pas convenablement entretenus et qui exigent des réparations.