‹ La pratique de l'agriculureChapitre 189 sur 273 · Façons · texte numérisé non relu

Façons

C'est lui, en effet, qui indique, à des moments donnés, le nombre de façons ou de labours, de hersages, de roulages que demande telle ou telle terre pour qu'elle soit en état, à une époque déterminée, d'être parquée, marnée, ensemencée ou plantée ; c'est lui aussi qui fait connaiti-e si tel champ doit être labouré à plat ou en planches étroites et bombées.

Les laboureurs sont de véritables machines inteUigentes, mais ils ne peuvent exécuter à leur gré un labour de défoncement quand ils ont reçu l'ordre d'opérer un labour ordinaire de 0^18 à 0^^,22.

C'est le chef de l'exploitation qui seul doit préciser l'époque à laquelle les labours de jachère, les labours de déchaumage, les labours de semailles et les labours d'hiver

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doivent être exécutés, qui peut faire connaître si dans tel champ on peut remplacer un labour superficiel par l'emploi du scarificateur, ou de la charrue bisocs.

La bonne exécution des labours a une si grande importance, qu'on ne saurait trop surveiller ceux qui les exécutent, surtout quand il est question de labours de semailles.

En général, les labours ordinaires se font mal dans les terres argileuses par les temps humides et les temps très secs, parce que la charrue soulève et renverse des grosses mottes que le soleil rend souvent très dures. C'est pourquoi il est très utile de bien choisir le moment où la t^rre forte, la terre argilo-calcaire doit être labourée et hersée. Les labours dans les terres légères sont beaucoup plus faciles, mais il ne faut pas réduire ces terrains à l'état de poudre fine par de nombreuses façons comme on l'admettait, il y a plus d'un siècle, quand TuU croyait que la terre très divisée devenait la nourriture principale des plantes.

Les îahotirs de défoncement sont très utiles, mais la prudence exige quand le sous- sol est de mauvaise nature, d'y renoncer pour diviser ce dernier au moyen d'une fouilleuse ou charrue sous-sol.

Les labours de déchaurrmge sont ceux que l'on opère ordinairement après la moisson quand on veut semer des navets hâtifs ou du sarrasin en culture dérobée, du trèfle incarnat, de la moutarde blanche, etc.

Les labours d'hiver sont regardés, à bon droit, comme constituant une excellente opération pour les terres qui doivent être ensemencées au commencement du printemps.

^. — Entrais.

L'application des engrais a une grande importance et elle doit être exécutée avec toute l'attention voulue. C'est l'exploitant qui détermine la force des fumures et indique

aux charretiers et bouviers le poids que doivent avoir les fumerons ou tas à^ fumiers. Pour que la fumure soit régulière, il est utile que les tas aient tous à peu près le même volume, quand le fumier est homogène ou qu'il a été bien fabriqué. Cet engrais est toujours appliqué sur des terres qui ont été labourées et hersées. On doit le répandre très uniformément et Tenterrer complètement plusieurs sseniainés ou plusieurs mois avant les semailles automnales et celles de printemps, afin que les hersages exécutés pour couvrir les semences ne le ramènent pas en partie à la surface du sol.

Les plantes vertes enfouies comme efiigrais vègètmu: sunt enterrées au printemps ou vers la fin de Tété.

Les marnages se font en hiver ou pendant Tété, suivant la nature de la marne et l'état de la sole qui doit être marnée. Les chaulages ne peuvent être exécutés que par un beau temps. Ceux que Ton opère avec de la chaux vive^ qui a été transformée en bouillie par la pluie, constituent des opérations inutiles et onéreuses. C'est encore le chef de l'exploitation qui fait connaître comment les marTiagea et les chaulages doivent être exécutés et la quantité de marne et de chaux qu'il convient d'appliquer par hectare.

Les cendrageSj iQ^falunages, etc., peuvent être faiti? k Umtes les époques de l'année quand le temps est beau. \l eu est de même de l'emploi de la poudrette, du noir animal, des phosphates, des nitrates, etc., Tous ces engrais ptih crulants sont répandus à la main ou au moyen d'un semoir spécial ; leur répartition doit être très uniforme. On les euterre par des hersages plus ou moins énergiques auivaiit l'état du sol, lin peu avant ou au moment même des semailles.

Le cultivateur doit prévoir longtemps à l'avance les engrais commerciaux qu'il veut employer et les avoir eu magasin.

3, — SJemailles.

Les semailles d'automne les mieux exécutées, sont celles qu'on opère en septembre ou octobre dans la région septentrionale, et en octobre ou novembre dans la région méridionale. Au début de son entreprise, le cultivateur doit suivre les errements de la contrée qu'il habite, sauf à lui à modifier ces mêmes errements quand il aura reconnu par Texpérience ou Tobservation que l'époque habituelle peut être avantageusement reculée ou avancée.

C'est encore à l'exploitant qu'incombe la tâche de prendre toutes les mesures voulues pour que le Semaine ait à sa disposition, au moment des semailles, les graines qu'on doit confier à la terre. Ces semences seront exemptes de graines de plantes nuisibles, et, avant de les répandre, on leur fera subir la préparation qu'elles exigent : chaulage ou sulfatage. Elles seront répandues à la volée, ou en lignes, à des doses déterminées et enterrées à la herse ou avec la charrue, suivant les indications qu'il donnera.

Aussitôt que les semailles automnales seront terminées, on ouvrira sur les terres argileuses ou à sous-sol imperméable, avec la pelle ou le buttoir, des raies ou rigoles destinées à rendre facile l'écoulement des eaux pluviales.

Les semailles, faites à la fin de l'hiver ou au commencement du printemps, obligent l'agriculteur à bien connaître les qualités et les défauts des terres qu'il cultive. Tous les champs ne peuvent pas être ensemencés en céréales de mars, en pavot-œillette, en betterave, en chanvre, etc., à la même époque. En général, à la fin de l'hiver, on doit ensemencer les terres saines, perméables, chaudes, les premières pour terminer les semailles sur les terrains argileux et froids. On agit inversement quand il est question de semailles automnales. Il existe des terres sur lesquelles les semailles d'orge.

de betterave, de lin, etc., peuvent être faites tardivement avec plus de succès que si elles avaient été exécutées (h bonne heure.

Les semailles estivales se font toujours sur des terres t\ni ont été déchaumées ou labourées superficiellement.

En résumé, à l'approche de la moisson , le cultivateur doit :

1" Déterminer la quantité de semences qui sera uéceesaire pour les semailles d'automne et de printemps.

2"* Faire battre en temps voulu les céréales qui doivent fournir les semences qu'on devra confier à la terre.

3** Posséder avant Tépoque des semailles la chaux, le sulfate de soude ou de cuivre nécessaires pour préparer les semences des céréales et prévenir par là TapparitioE du charbon et de la carie.

4" Visiter à l'avance les semoirs mécaniques afin de a 'assurer qu'ils sont en état de bien fonctionner.

5° Se procurer en temps voulu les graines de trèfle incarnat, de vesce, de betterave, de maïs, de luzerne, elo , afin que les ensemencements concernant ces plantes puissent être exécutés quand le moment est arrivé de les oporei" dans de bonnes conditions.

6" Ensemencer en automne d'abord les terres argileuses, ou argilo-calcaires, qu'on laboure difficilement quand les pluies les ont détrempées et dans lesquelles les blés d'hîvei' ont, en automne, une végétation plus lente que lorsqu'ils occupent des terres qui se refroidissent moins rapidement.

Terminer autant que possible les semailles automnuli s en ensemençant les terres de consistance moyenne el. tew terrains perméables.

7" Ensemencer, à la fin de l'hiver, ou au commencenK'Ut du printemps , d'abord les terres légères pour terminer pn r li'^ terrains qui ont le plus de consistance et qui perdent lentc*ment l'humidité dont ils sont abreuvés.

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