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BASSIN FÉMININ

Le bassin adulte n'est donc que le résultat d'actions complexes et multiples sur le bassin fœtal des différents facteurs que nous venons de voir. Mais il y a quelque chose de plus : le bassin de la femme ne ressemble pas au bassin de

KEIFFER ET DEVRAIGNE.

l'homme : il est plus large et moins haut, les fosses iliaques internes sont plus espacées, le détroit supérieur est plus grand, l'angle sacro-vertébral moins saillant, l'excavation est plus large transversalement, comme adaptée à l'avance au passage du foetus à terme.

Qu'est-ce qui crée donc cette différenciation des bassins suivant les sexes? Il semble bien que ce soit l'appareil génital. Franz a étudié chez les moutons l'influence de la castration et de l'ablation de l'utérus sur le développement du bassin. Normalement, chez le mouton mâle, le petit bassin est étroit et long, alors qu'il est court et large chez la brebis. Après la castration, les bassins restent plus petits, les épiphyses sont encore visibles à l'âge adulte; le bassin des mâles est plus court et plus large, celui des femelles est plus étroit, si bien qu'on ne trouve plus de grandes différences. Si l'on enlève l'utérus seul, le développement se fait normalement. Il suffit qu'il reste des débris d'ovaires pour que ce développement normal ait lieu. Cela confirme une observation de Keiffer qui eut l'occasion d'examiner un bassin de femme gynandre : celui-ci avait tous les caractères d'un bassin masculin.

Cela confirme aussi Vinfluence trophique de l'appareil génital sur le développement du bassin, soutenue par Fehling et admise par tous. Quand il y a insuffisance utéro-ovarienne, le bassin atrophié garde ses caractères infantiles. Il sera fait allusion à ces faits quand on étudiera la dystocie des parties molles dans nombre de bassins généralement rétrécis. Quand, au contraire, il y a exagération du développement génital (utérus double), le bassin est plus large transversalement.

Cette influence trophique n'est donc pas niable, mais elle peut souffrir des exceptions. Bar a cité le cas d'une jeune femme n'ayant ni ovaires ni utérus et ayant cependant un bassin très large.

Nous avons vu que le bassin n'est complètement ossifié que vers vingt-cinq ans : mais ce développement se fait par à-coup. Konikow a montré que, pendant la première année, tous les diamètres augmentaient proportionnellement; que, de un à cinq ans, les diamètres transversaux se développaient davantage ; de six à dix ans, ce sont les diamètres antéro -postérieurs qui l'emportent; de quatorze à seize ans, il y aune poussée dans les deux sexes avec une prédominance très nette dans le sexe féminin.

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