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CONDUITE A TENIR PENDANT L'ACCOUCHEMENT

Avant de décrire la conduite à tenir, nous allons passer en revue les divers préparatifs dont il est bon de s'entourer en vue de l'accouchement.

La chambre de V accouchée devra être propre, claire et bien aérée. On en aura supprimé tous les meubles inutiles, teintures, tapis, ciel de lit, qui constituent de véritables nids à poussières et à microbes. Un feu vif la chauffera en hiver, de manière à y maintenir une température moyenne de 15 à 18 degrés.

La plupart des médecins aujourd'hui font accoucher les femmes sur leur lit ordinaire. Cela est plus commode. Mais on peut aussi bien placer les femmes sur un petit lit, l'ancien « lit de misère ».

Pour protéger le lit contre les souillures de l'accouchement et des suites de couches, on procède de la façon suivante : sur le drap qui recouvre le matelas, on met une toile imperméable, toile cirée ou toile caoutchoutée, que l'on attache par des épingles de sûreté ; au niveau du siège de la femme, un second drap, plié en alèze, est disposé en travers. Par-dessus cette première garniture, on place sous le siège de la femme une deuxième garniture, destinée à être enlevée après la délivrance. Elle est composée, comme la première, d'une toile imperméable, puis d'un drap couvrant tout le lit, enfin d'une alèze pliée en plusieurs doubles et mise en travers, que l'on fixe avec des épingles. Un drap et, suivant la saison, une ou plusieurs couvertures, protégeront la parturiente contre le froid.

Les vêtements, que la femme conserve au début du travail, alors que le séjour au lit n'est point indispensable, seront amples pour ne pas occasionner de gêne. Au lit, la parturiente ne gardera qu'une chemise relevée jusque sous les reins pour qu'elle ne soit pas souillée. A la fin du travail, alors que l'on est obligé de laisser la femme découverte, on entoure les membres inférieurs de serviettes maintenues avec des épingles de sûreté ; ou encore, on revêt chaque membre pelvien de jambières en flanelle remontant jusqu'à la racine des cuisses.

Il est bon que les cheveux soient nattés, afin qu'ils ne s'emmêlent pas.

Régime alimentaire. — Même quand le travail se prolonge, il est bien rare que les femmes éprouvent le désir de manger ; elles manifestent plutôt de l'inappétence pour les aliments solides, qui d'ailleurs sont souvent mal tolérés. En ces conditions, si la femme demande à boire, on lui donne du thé léger, de l'eau sucrée, du grog à l'eau-de-vie, du café en petite quantité, de l'eau acidulée, un peu de bouillon.

Bains. — Les bains étaient autrefois fréquemment ordonnés quand le travail traînait en longueur, pour régulariser les contractions utérines et calmer l'excitation nerveuse, commune en pareil cas. A notre époque, on y a recours comme moyen de nettoyage chez les femmes qui, pendant leur grossesse, n'ont pris que des soins de propreté insuffisants ; c'est le cas pour nombre de femmes arrivant en travail dans les Maternités. Aussi a-t-on l'habitude, avant de les revêtir de linge propre et de les admettre dans la salle d'accouchements, de leur faire prendre un bain. Stroganofî et Sticker (1901) se sont élevés contre cette pratique : pour eux, non seulement les bains de nettoyage

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PUECH ET LEQUEUX.

ne seraient pas utiles, mais même ils seraient dangereux, l'eau du bain, chargée de souillures et de germes infectieux, pouvant pénétrer jusque dans le vagin. C'est pourquoi Stroganofî propose de substituer aux bains de baignoire les tubs ou, simplement, les lavages savonneux sous un courant d'eau continu.

Ces craintes à l'endroit des bains nous paraissent fort exagérées. Du reste, les soins de propreté pris déjà pendant la grossesse permettent de s'en dispenser au moment de l'accouchement.

Accoucheurs et gardes. — En règle générale, tout médecin qui donne ses soins à des malades atteintes d'affections septiques, érysipèle, anthrax, plaies suppurantes, fièvre puerpérale, qui vient d'extraire un foetus ou un placenta putréfiés, ou qui vient de pratiquer une autopsie, doit s'abstenir de faire un accouchement. De même, on refusera, et cette règle ne souffre pas d'exceptions, l'assistance d'une garde employée auprès d'une infectée. Loin d'imiter les accoucheurs et les sages-femmes d'autrefois, endossant, pour se rendre auprès de leur cliente, un « costume de bataille », souillé par maints contacts impurs, toute personne assistant une femme en travail doit avoir du linge et des vêtements absolument propres. Dans les hôpitaux, on a l'habitude de mettre habit bas et de revêtir une blouse de toile ; ainsi doit-on faire dans la clientèle de ville.

Instruments. — Les instruments dont l'accoucheur, appelé auprès d'une femme en travail, doit se munir varieront suivant les cas : soit qu'il s'agisse d'une femme de sa clientèle, chez laquelle les examens antérieurs font prévoir un accouchement simple ; soit qu'il s'agisse d'une femme qui lui est inconnue.

Dans ce dernier cas, alors qu'on ne possède aucune indication sur ce que l'on va trouver, il faut se munir d'un nombre beaucoup plus considérable d'instruments. En particulier, lorsque la parturiente habite dans une localité éloignée du domicile de l'accoucheur, c'est un véritable arsenal qu'on doit emporter pour parer aux diverses éventualités rbasiotribe, ciseaux de Dubois, écarteur utérin de Tarnier, ballon de Champetier, appareil pour injecter du sérum artificiel, et des substances antiseptiques, en dehors des instruments qui figurent dans la trousse obstétricale courante.

Dans la composition de cette trousse entrent : un forceps, un stéthoscope, une paire de ciseaux, quatre ou cinq pinces à forcipressure, une sonde à injections intra-utérines, un tube à insufflation de Ribemont-Dessaignes, une sonde de femme, une sonde en gomme élastique, des aiguilles à suture, de la soie antiseptique, du catgut, plusieurs pinces omphalotribes, une pince à pansement utérin, une valve de Sims, une seringue de Pravaz, de l'éther, du chloroforme, une solution d'ergotine. Il est bon qu'elle contienne un appareil à injecter du sérum et 500 grammes de sérum. Au domicile de sa cliente, l'accoucheur trouvera, avec l'appareil à injection, les1 diverses substances antiseptiques, alcool, coton, vaseline, dont sa [cliente se sera munie dès le commencement du neuvième mois de la grossesse.

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