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LA PRÉSENTATION DU FRONT

Il n'est point rare de trouver au détroit supérieur, avant tout engagement, la tête fœtale, ni fléchie ni défléchie, dans une attitude indifférente, en équilibre instable, selon l'expression de Tarnier. Mais cet équilibre est à l'ordinaire vite rompu : au moment où, sous l'influence des contractions utérines, la tête est poussée vers l'excavation, la flexion ou la déflexion s'opèrent ; et, finalement, l'accouchement s'accomplit en présentation du sommet ou en présentation de la face.

Mais, dans quelques cas, la tête conserve cette attitude intermédiaire entre la flexion et l'extension, plus voisine toutefois de la déflexion ; le front pénètre alors le premier dans l'excavation pelvienne et l'expulsion de l'ovoïde céphalique revêt des caractères spéciaux. C'est à ces cas qu'on donne le nom de « présentation du front ».

Ce mode de présentation céphalique a été, dans ces trente dernières années, l'objet de nombreux travaux, particulièrement en Allemagne et en Italie, tendant à en faire une véritable présentation, au même titre que les présentations du sommet, de la face, du siège ou de l'épaule. Déjà Solayrès de Renhac et Baudelocque avaient classé au nombre des présentations par eux admises la présentation du front, mentionnée nettement pour la première fois par Mauriceau. Avec Mme Lachapelle, qui en a donné la première étude complète, la plupart des auteurs, en France du moins, l'ont considérée, les uns comme une variété de présentation de la face, les autres comme une variété de présentation du sommet.

Le mode d'expulsion tout spécial de l'ovoïde céphalique légitime la description à part des inclinaisons frontales du sommet ou de la face. La dénomination de « présentation du front » est commode pour les désigner.

Fréquence. — Suivant que l'on considère comme présentations du front

PUECH ET LEQUEUX.

seulement les cas dans lesquels la tête s'est engagée en front, est descendue en front et s'est dégagée en front (présentations persistantes), ou que l'on tient compte des cas où le front a séjourné pendant un temps plus ou moins long au détroit supérieur avant de faire place au sommet ou à la face (présentations transitoires), la fréquence des présentations frontales apparaît plus ou moins grande.

D'après Kleinwachter, on observerait la présentation du front 1 fois sur 5 000 accouchements ; 1 fois sur 2 000, d'après Schatz ; 1 fois sur 1 025, d'après Hecker. De son côté, Henricius, à la Maternité d'Helsingfors, compte 12 cas de présentation du front sur 5 009 accouchements ; soit, environ, 1 sur 400. Cholmogoroff donne la proportion de 101 sur 130 673, soit : 0,077 p. 100.

Étiologie. — L'étiologie des présentations du front se confond en grande partie avec celle des présentations de la face. Nous retrouvons ici la plupart des facteurs que nous avons étudiés à propos de ces dernières.

A. Du côté de la mère. — Les présentations du front s'observeraient plus souvent chez les multipares que chez les primipares : 111 multipares, 81 primipares (Henricius), 72 multipares et 22 primipares (Cholmogoroff). L'obliquité utérine, les tumeurs siégeant au voisinage du segment inférieur ou dans son épaisseur (E. Reynold), et surtout les rétrécissements légers du bassin constituent des causes de présentation du front. En ce qui concerne les pelviviciations,on les trouverait dans la proportion considérable de 36 p. 100 (Devars); pour Spiegelberg, les présentations frontales seraient de neuf à dix fois plus fréquentes dans les bassins rétrécis que dans les bassins normaux. Une contraction spasmodique de l'anneau de Bandl autour du cou du foetus laisse la tête suspendue, le front bas, au-dessus du détroit supérieur, ne pouvant ni se fléchir ni se défléchir (Elliott).

B. Du côté du fœtus, on a signalé le faible volume (Hecker), l'état de macération, le voisinage d'une seconde tête foetale au cas de grossesse multiple, la dolichocéphalie (Hecker), le proencéphalie amenant la distension de la portion frontale du crâne, la brièveté du cou, le torticolis congénital (Auvard), les tumeurs et l'infiltration œdémateuse du cou (Bar, Gottschalk), les tumeurs de la nuque (Rose), l'hydropisiethoracique ou abdominale.

C. Du côté des annexes fœtales, il faut citer : l'hydropisie de l'amnios, la procidence d'un ou de plusieurs membres, les circulaires du cordon, particulièrement lorsque la tige funiculaire bride la tête en passant de biais sur la face.

Signes et diagnostic. — L'interrogatoire ne peut fournir de renseignements pour le diagnostic. L'inspection permet de reconnaître l'allongement de l'utérus et son aspect cylindrique.

A. Palper. — Avant l'engagement, le palper permet de reconnaître de chaque côté de la ligne médiane le front et l'occiput formant deux saillies, la saillie occipitale située un peu plus haut, et paraissant un peu plus volumineuse.

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