EXAMEN DE LA FEMME ACCOUCHÉE
plus souvent sur un des côtés, en général à droite, comme pendant la grossesse.
Palper. — C'est surtout le palper qui va nous donner des renseignements exacts sur l'état de l'organe. Si l'on promène avec soin la main sur l'abdomen, on sent, la vessie ayant été préalablement vidée, que toute la région sousombilicale est occupée par un corps dur qui, suivant la comparaison classique, a normalement la consistance de la pierre. Cette dureté spéciale du globe utérin n'est pas constante : au cours du même examen, on peut constater qu'il se relâche et donne une sensation de rénitencc : ces deux états successifs de contraction et rétraction simple donnent au médecin toute tranquillité sur la façon dont se comporte la musculature utérine après la délivrance.
En continuant l'examen, on arrive peu à peu sur le fond de l'utérus et cette région est aisément reconnue parle défaut de résistance qu'on éprouve: la main exploratrice s'enfonce brusquement en déprimant la paroi dans la cavité abdominale; le fond de l'organe est situé en général à un travers de doigt au-dessus de l'ombilic (fig. 295).
Fig. 294. — Femme quatre heures après Fig. 295. — Môme femme que fig. 294. La main
l'accouchement. La vessie est susdisten- refoule la paroi abdominale au niveau de l'om-
due. On voit deux tumeurs : la supé- bilic el fait ressortir le fond de l'utérus qui ap-
rieure est l'utérus dont le fond remonte paraît saillant (P. Bar),
à droite à 4 travers de doigts au-dessus de l'ombilic : l'inférieure, médiane, suspubienne, est la vessie surdistendue (P. Bar).
Si la vessie est pleine, l'utérus se trouve remonté et l'on peut voir deux tumeurs : une sus-pubienne, la vessie ; l'autre para et sus-ombilicale, inclinée à droite, l'utérus (fig. 294).
Cet examen, s'il est fait avec douceur, n'est pas douloureux ; il peut cependant déterminer un certain malaise chez une femme qui n'aspire qu'au repos.
Il faut compléter les renseignements ainsi obtenus par l'examen des organes génitaux externes, du vagin, de la portion inférieure de l'utérus, col et cavité cervicale.
Examen des régions vulvaire et pêrinéale. — Pour faire cet examen, il faut mettre la femme en position obstétricale. Si l'on ne veut pas trop la mobiliser,
MACÉ ET CHIRIÉ.
on peut placer un bassin sous le siège ; en écartant les jambes, on pourra explorer ces régions. La position latérale de Sims est également très propice.
La femme étant placée dans une de ces positions, on constate le plus souvent une légère augmentation de volume des grandes et des petites lèvres qui, chez les primipares surtout, sont tuméfiées, violacées, quelquefois assez distantes pour laisser béant le canal vulvaire. Chez les multipares, ces phénomènes sont moins marqués. L'anus quia été surdistendu pendant la période d'expulsion, est légèrement dilaté et forme encore un bourrelet quelquefois volumineux.
L'examen de la vulve doit être pratiqué avec douceur, car l'accouchement se fait toujours avec effractions, quelquefois apparentes, mais le plus souvent invisibles, profondes : cette région est donc très douloureuse.
A r examen du canal vulvaire, on peut observer des érosions ou sugillations, de petites ecchymoses avec collections intradermiques, véritables thrombus en miniature, enfin des plaies, éraillures irrégulières, en virgules, pouvant s'étager sur tout le pourtour du canal, mais surtout en avant ou en arrière. Ces déchirures seront étudiées à l'occasion des effractions périnéales.
h"1 examen du périnée permet de constater des lésions d'ordre différent. Parfois ces lésions ont été faites par l'accoucheur qui, au moment du passage de la tête, a craint une déchirure très étendue et a élargi la voie au moyen d'une épisiotomie unique ou double. Ces plaies périnéales sont en général latérales, à bords nets, se différenciant par cela même des lésions spontanées qui sont toujours irrégulières, anfractueuses, ecchymotiques.
Les déchirures spontanées du périnée affectent une disposition et une profondeur variables; elles seront décrites à part (voy. Déchirures du périnée, t. II).
Examen du vagin. — Cet examen superficiel se complète par l'examen de la partie moyenne et supérieure du vagin ; le toucher permettra de voir s'il y a oui ou non des déchirures. S'il en existe, on devra se servir de valves pour les apercevoir dans toute leur importance. Cette recherche sera toujours exécutée après les accouchements terminés artificiellement.
Les culs-de-sacs eux-mêmes peuvent être intéressés, lésions superficielles ou profondes avec ou sans ouverture du ligament large ou du cul-de-sac de Douglas; on n'observe d'ailleurs ces lésions qu'après de grands traumatismes, elles ont une physionomie particulière.
Examen du col. — Lorsqu'on examine le col de l'utérus après la délivrance, on est frappé de la mollesse qu'il présente dans toute son étendue, mollesse qui a permis de le confondre avec les parois vaginales ; à un examen hâtif, il est souvent difficile de le reconnaître, et, à plus forte raison, d'en préciser les lésions par le toucher seul.
Sous l'influence de l'accouchement, surtout chez la primipare, une déchirure latérale peut s'être produite, généralement à gauche, formant une encoche plus ou moins profonde, quelquefois des deux côtés avec deux lambeaux, l'un antérieur, l'autre postérieur. Ces déchirures peuvent être reconnues au toucher, mais se voient mieux à l'examen pratiqué avec le spéculum ou des valves.
On trouve alors que le col a conservé une teinte violacée, qu'il est cedématié ;